Alchimie en vert, jaune et rouge

Scène internationale et jeunes talents sont attendus au Reggae Temple

par Nicolas Tavarès

Une soirée dub offerte à la scène anglaise, des pointures internationales et des valeurs montantes, c’est la recette du succès pour le 6e Issoudun Reggae Temple.

Joffrey Deriaud, programmateur de l’Issoudun Reggae Temple, se défend de vouloir aller titiller les gros festivals de l’été. Non, le rendez-vous berrichon est plutôt celui des feuilles mortes et c’est son positionnement au début de l’automne qui en fait désormais un incontournable de la musique jamaïcaine. Alors qu’Issoudun se prépare à vivre la sixième édition du rendez-vous, Joffrey veut bien reconnaître que « le Reggae Temple commence à avoir sa petite notoriété et qu’il fait maintenant sa place dans les festivals reggae. Oui, il résonne bien. » L’épisode Jimmy Cliff oublié (lire ci-dessous), RaggasonicPierpoljak (photo), Harrison Stafford et ses compères californiens de Groundation ou Panda Dub, parmi les noms les plus hauts sur l’affiche, classent en effet l’événement. Mais en matière d’organisation, Joffrey sait trop bien que l’équilibre est fragile pour se permettre de fanfaronner.

« On ne peut pas oublier l’édition 2016 (ndlr, pas loin du gouffre en terme de fréquentation). Cela impose de ne pas se relâcher. Il y a tant de festivals qui stagnent et d’autres qui montent en puissance. Nous devons donc être attentifs à tout ce qui se passe autour de nous, que ce soit au niveau musical, mais également pour ce qui concerne le social ou le politique, parce que ça impacte forcément nos organisations… » Fort d’une édition 2017 qui avait rencontré son public, Joffrey Deriaud et Tonnerre Productions ont donc concocté un nouveau rendez-vous capable de convenir au plus grand nombre. « La programmation n’a pas été plus complexe à préparer que les années précédentes. En fait, nous avons même pu faire ce que nous voulions ce qui donne un plateau de très bonne qualité. Comme depuis la première édition, nous ne nous éloignons pas des sources du reggae. Il a pu arriver que l’on fasse venir des artistes qui évoluent en parallèle du monde du reggae, mais ils sont toujours restés en lien avec lui. » Issoudun offre ainsi une caisse de résonance que les organisateurs veulent internationale. À l’image de cette soirée d’ouverture confiée aux platines de Conscious Sounds feat. Donovan Kingjay ou Riddim Activist feat. Rod Taylor, des DJ’s de la scène dub anglaise.

Scène anglaise pour soirée dub

Un plateau facile à composer à en croire Joffrey Deriaud « parce que le dub anglais repose sur une grosse scène du fait de la diaspora jamaïcaine. Elle s’est mêlée au dub plus électronique et digital. Inviter ces artistes au Reggae Temple est pour nous un signe de qualité. » Mais ce qui fait également la réussite du Reggae Temple, c’est donc ce délicat mélange entre nouvelle (Manudigital, ci-contre) et ancienne génération. « Nous avons toujours voulu proposer ça en conviant la nouvelle scène française et la scène internationale avec cette volonté d’avoir un artiste qui a impacté le reggae. Pour une prochaine édition, j’aimerais bien avoir Horace Andy, un artiste jamaïcain au vibrato si particulier, qui est régulièrement invité sur les albums de Massive Attack. Mais pour l’instant ce n’est pas le sujet, lâche en souriant Joffrey. Il y a cette sixième édition à vivre. Rien n’est jamais acquis… »

Issoudun Reggae Temple
du 19 au 21 octobre
(programmation dans l’agenda)

Jimmy Cliff forfait, Raggasonic en renfort !


« C’est une star. C’est LA star du reggae après Bob Marley ! » Ainsi s’exprimait Joffrey Deriaud il y a quelques semaines alors que nous évoquions la venue du chanteur jamaïcain à l’Issoudun Reggae Temple. L’organisateur n’était pas peu fier d’accueillir celui qui a fêté ses 70 ans en avril dernier. Malheureusement, le 23 septembre dernier, le manager de Jimmy Cliff alertait les différentes organisations devant recevoir la tournée de Cliff. Victime d’un accident domestique, l’artiste était contraint d’annuler tous ses concerts jusqu’à la fin de l’année. Déjà venu dans l’Indre, à Darc, Jimmy Cliff avait pourtant finalisé très tôt son engament pour Issoudun. « Je crois que Jimmy Cliff a été le premier artiste signé pour cette édition, commentait Joffrey Deriaud. C’est un artiste que nous souhaitions avoir depuis longtemps. J’en avais d’ailleurs parlé lors de la conférence de presse finale du Reggae Temple 2017. J’ai appris qu’une tournée se préparait, nous avons contacté le manager et après quelques négociations, sa venue avait été actée. » C’était un joli coup pour Tonnerre Productions et un réel plaisir pour Joffrey Deriaud. « Il a toujours la flamme et ce petit sourire en coin qui montre qu’il adore donner du plaisir aux gens. » Mais ça c’était avant. Dans l’urgence, les organisateurs du Reggae Temple ont donc fait jouer leurs relations et trouvé un remplaçant de choix : les Raggasonic accompagnés de Lord Zeljko pour le plus grand plaisir d’un Joffrey Deriaud revigoré : « La légende reggae roots Jimmy Cliff ne sera pas parmi nous; nous lui souhaitons un prompt rétablissement. Il est difficile de remplacer un mythe, pourtant nul besoin de partir jusqu’en Jamaïque pour en trouver. Les pionniers du ragga français ont eux aussi influencé une génération. Daddy Mory et Big Red reviennent en force avec Raggasonic, enfin réuni à Issoudun depuis le temps que nous les attendions… »

 

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