Astier à nouveau Face au mur

Plongée au coeur de l’univers carcéral dans les pas d’un truand, tome 2

Par Nicolas Tavarès

Avant de partir à la conquête de l’ouest avec un western, le dessinateur castelroussin Laurent Astier boucle le cycle « Face au Mur » signé avec Jean- Claude Pautot.

Laurent Astier est un dessinateur occupé. Devant lui, les épreuves du tome 2 de « Face au Mur » à paraître ce mois-ci. À côté, rangé à l’abri des regards indiscrets, son nouveau projet, un western qu’il dessinera et scénarisera… Mais c’est donc la fin du cycle « Face au Mur » qui le remet dans l’actualité BD. Il nous replonge dans la vie « romancée » de Jean-Claude Pautot, figure du grand banditisme, avec lequel Laurent a commis ce magnifique album.

« Depuis le départ, l’histoire était complète, mais nous avons préféré la scinder en deux. Elle aurait fait 260 pages d’un seul bloc sinon ! » Sorti en plein début de la campagne électorale de la présidentielle, le tome 1 de « Face au Mur » s’est pourtant vendu à près de 7 000 exemplaires. Cette fois, le plan média ne souffrira d’aucune concurrence. « J’ai dit à l’éditeur de mettre les bouchées doubles d’autant qu’il n’y aura pas de numéro 3. » Le dessinateur revient alors à la genèse du projet, ses ateliers BD à la Centrale de Saint-Maur, sa rencontre avec Jean-Claude Pautot, alors détenu et en passe d’être libéré en conditionnelle…

Une rencontre humaine

« Nous étions en 2012, cela faisait 15 ans que je faisais de la BD polar. J’allais directement à la source, mais j’y allais d’abord pour les ateliers, pas avec l’idée d’en faire une histoire. C’est la rencontre humaine avec Jean-Claude, sa manière de raconter son histoire qui ont conduit à faire « Face au Mur ». » Laurent Astier dévoile que l’arc narratif était défini avec un principe : « Qu’il y ait l’entièreté de la trajectoire de Jean-Claude. Mais le tome 1 était à lui seul la fin d’une boucle et le tome 2 peut être lu sans qu’on n’ait eu le premier entre les mains. » L’univers carcéral y est évidemment dépeint, laissant à Laurent Astier le soin de coucher sur le papier son travail de recherche à la prison de St-Paul-St-Joseph de Lyon de laquelle Pautot s’était évadé et qui est aujourd’hui rasée. Le dessin à l’encre de Chine diluée « pour retrouver des niveaux de gris qui donnent un effet photo plus réaliste » fait le reste. « Face au Mur » se termine et nous ne pouvons que vous conseiller de le lire.

Face au Mur, t.2
chez Casterman
Sortie le 17 janvier

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