Baptist’, une révélation

Une voix venue de nulle part, un trio en pleine alchimie. Découverte

par Nicolas Tavarès

Baptist’ lors d’un concert au 9 Cube en octobre dernier (@Agence Com’Bawa)

D’une rencontre improbable au printemps 2017 est né Baptist’ (sans e). Un accordéon, une guitare et surtout une voix. Et si l’alchimie parfaite, c’était tout simplement ça ?

Une guitare, un accordéon et une voix à vous retourner les tripes. La gratte, c’est celle de Stéphane « Tuf » Lefel (Boucle & Mystère, Wilson Five Fanfare, Bill Banquise…). Le piano à bretelles appartient à Fabrice Guillot (Blondin et la Bande de Terriens, les Zinzins Cognitos, Annaelle Debrais…). La voix, c’est celle de Baptiste Pain. Les deux premiers sont musiciens professionnels, le troisième est cuisinier de son état. La réunion des trois a donné Baptiste et les Vers à pied, un nom tombé-là dans l’urgence et qui s’est dissout dans le répertoire du groupe pour ne laisser que Baptist’, avec une apostrophe à la place du e.

Fabrice raconte : « Depuis deux ans, je vis à Vendœuvres et au début de l’année 2017, je recherchais un nouveau projet musical. En allant acheter des cigarettes, j’ai demandé au patron s’il connaissait des artistes dans le coin. C’est comme ça qu’avec Baptiste, on s’est croisé au bar… » Nous sommes en mars. Un mois plus tard, Baptiste, Fabrice et « Tuf » montent sur la scène du 9 Cube en première partie des Fernand… On exagère à peine. « Vraiment, ça s’est fait comme ça, à l’arrache avec à peine trois répétitions » s’amuse Stéphane.

Quatre autres concerts ont émaillé l’été et le début de l’automne, montrant à la fois l’étendue du travail à réaliser, mais l’accord parfait entre les trois. Et surtout cette voix qui colle si bien à l’ombrageux répertoire sur lequel Baptist’ navigue : Yves Jamait, Flow, Mano Solo, la Rue Kétanou. Le chanteur n’était pourtant pas prédestiné à s’emparer de ces textes souvent poignants. « À la maison, mon père écoutait Phil Collins ou Bob Dylan. Moi du Ben Harper ou du Goldmann que j’imitais en tenant la note. C’est aiguë Goldmann ! »

L’hiver passé à répéter

Mais comme ils le reconnaissent volontiers, les membres du groupe doivent s’améliorer. Alors cet hiver ils bossent. « Dès le début décembre, on s’est retrouvé avec Fabrice, note « Tuf ». Baptiste, lui, doit travailler la présentation de son personnage. Je pense que le plus dur, ça va être pour lui. Pour la musique, on sait s’adapter. Baptiste, lui, va devoir faire un truc qu’il n’a jamais fait. » L’intéressé et sa nonchalance assumée savent à quoi s’en tenir. « Mais j’ai envie de proposer quelque chose de bien, « Tuf » a raison. C’est parti tellement vite qu’on ne se connaît pas vraiment. Je ne peux prendre que des conseils auprès d’eux. »

« Nous allons essayer de faire une résidence », dévoile pour sa part un Fabrice désormais en quête d’un parolier. Car en 2018, Baptist’ ce sera aussi des textes maison. Et plus seulement des reprises !

Facebook : Baptist’

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