Bouges veut se mettre au vert

Le château de Bouges fait valoir son espace de verdure pour se distinguer

par Nicolas Tavarès

Quand vos voisins les plus proches sont les châteaux de la Loire, il convient de trouver de solides arguments pour sortir du lot. Ainsi le château de Bouges et son jardin remarquable.

S’y risqueraient-ils seulement que la bataille serait perdue d’avance. L’Indre ne manque certes pas d’atouts en matière de châteaux et demeures majestueuses, mais difficile d’aller titiller vos proches voisins lorsqu’ils se nomment châteaux de la Loire. Le touriste, étranger notamment, aura tôt fait son choix. À moins que, dans un domaine concurrentiel, vous ne lui proposiez d’autres atouts que des façades ou des tours refaites à neuf. Jean-Luc Meslet, administrateur du château de Bouges depuis un an, en est convaincu qui s’évertue donc, avec ses équipes, à mettre en valeur le site dont il a la charge, mais en insistant sur les extérieurs plutôt que sur un intérieur longtemps réputé pour son raffinement XVIIIe. « Il faut être réaliste, Bouges est un peu hors des sentiers battus. Il n’y a que les vrais amateurs de châteaux qui arrivent ici et comme nous sommes à la limite du Val de Loire, notre château est là pour ceux qui ont encore un peu d’appétit. »

L’analyse est pertinente, alors Jean-Luc Meslet s’astreint à mettre en valeur ce qui ne saute pas forcément aux yeux lorsqu’on arrive en ces lieux. « Désormais, nous voulons mettre en avant le fait que nous baignons dans un magnifique environnement naturel. Et généralement, les amateurs de jardins sont beaucoup plus nombreux » poursuit-il. Quatre jardiniers s’affairent ainsi sur le domaine de 82 hectares, mélange d’une vaste plaine entourant un étang, d’allées boisées rebaptisées chemin de Madame – Marie-Claire Renée, épouse de Henri Viguier – et d’un jardin bouquetier dans lequel elle produira de nombreuses variétés de roses pour le fleurissement du château mais également pour un marché plus vaste dans les années 1910. Les atouts de Bouges sont donc là, à portée de main des visiteurs. « L’idée, c’est de les inviter à déambuler et qu’ils commencent à découvrir l’extension vers le parc depuis l’intérieur du château. » Suivez Jean-Luc Meslet de pièce en pièce et découvrez alors des points de vue originaux. Depuis la chambre de Monsieur, vous devinerez ainsi à l’horizon, la statue d’un lion chasseur, signe d’une passion débordante de Henri Viguier. Placez vous dans le vestibule et voyez l’alignement du salon avec la fontaine plantée au début d’une vaste allée. Promenez-vous au coeur d’un petit bois et au hasard d’un bouquet de buis apercevez une Venus et son Cupidon, cachés là par Madame.

Nature sauvage mais maîtrisée

De ces secrets de verdure, le château de Bouges a imaginé deux parcours balisés. « Nous avons fait un plan du parc pour accompagner le visiteur dans son parcours et sur le plus grand, on a parfois l’impression d’être dans une nature sauvage, mais où tout est maîtrisé. Nous n’avons pas le choix, nous devons jouer un rôle de charnière. Il y a les châteaux de la Loire. Venez à Bouges découvrir un patrimoine plus naturel, végétal » insiste Jean- Luc Meslet pour vanter les atouts du Château qui doit beaucoup aux Duchêne père et fils qui ont redessiné les jardins entre la fin du XIXe et le début XXe siècle. Les paysagistes avaient déjà oeuvré à Vaux-le-Vicomte. À Bouges, ils ont réhabilité jardins à la Le Nôtre tout en laissant émerger des jardins à l’anglaise. Et désormais, le guide Vert Michelin attribue 2 étoiles signifiant que le château de Bouges « mérite le détour ». On est finalement pas très loin des châteaux de la Loire.

Site du Château de Bouges

 

Le spectacle à l’honneur


Historiquement parlant, il faudrait aller chercher très loin le lien entre le rock celtique de Soldat Louis et un château fortement ancré dans le XVIIIe siècle. Et pourtant, en juillet 2017 les Bretons investissaient la cour d’honneur pour un concert décalé. La parenthèse refermée, le château de Bouges revient dans du plus traditionnel. Et les manifestations vont se multiplier. Début juin, la chorégraphe Béatrice Massin a enchanté le jardin avec sa création «Fata Morgana». Le 7 juillet, c’est Festiv’Arts (vidéo) qui fera une halte en ces lieux. L’un des temps forts du calendrier aura toutefois lieu à la fin de l’automne avec le retour du Marché de Noël mi novembre. Il y a deux ans, la féerie avait reçu la visite de plus de 6 000 visiteurs…

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