Chnut, vous avez dit Chnut ?

Le collectif trad prépare son bal d’hiver, le premier de ses quatre saisons

par Nicolas Tavarès

Le collectif Chnut ouvre la saison des bals trad, le 20 janvier à Montipouret. À la rencontre d’une bande de jeunes tradeux pleins d’enthousiasme.

Chnut, cinq lettres qui ne veulent rien dire. Surtout pas Collectif Hilarant Nullement Utile à la Tradition comme le laisse entendre la page d’accueil du site de l’asso. « Chnut, c’est venu d’un prof de cornemuse au conservatoire qui employait ce terme comme on dit schtroumpf ! » rigole Rémy Villeneuve, l’un des « pères fondateurs » du Chnut, ambassadeur d’une musique trad (pour traditionnelle) enjouée. Ce préambule établi, ne surtout pas mélanger les torchons et les serviettes en confondant folklore et trad. Cela vous évitera les regards décontenancés de Rémy qui tente d’éclairer le novice, en l’occurrence l’auteur de ces quelques lignes : « Disons que le folklore, c’est la « reconstitution » d’une période précise (ex: 1870 à 1914) sous forme de spectacle, théâtre avec les costumes, les « parlés » patois, les instruments locaux. La musique trad est dans la lignée du folk, un courant venu dans les années 70 quand des individus ont commencé à s’intéresser aux musiques « locales » souvent délaissées au profit des nouvelles musiques anglo-saxonnes. Le trad suit les influences et reste en perpétuel mouvement. » Pour définir le collectif Chnut, on a rien fait de mieux, puisque dans la joyeuse bande, effectivement, ça bouillonne !

Le musicien ouvre alors un pan de l’histoire contemporaine du trad dans l’Indre : « Nous étions plusieurs potes du département des musiques trad au conservatoire de Châteauroux. Quand nous avons terminé notre cursus, il n’y avait rien derrière. Pour nous, l’intérêt, c’était de jouer en public, notamment dans les bals. Je trouvais génial le grand ensemble qui existait alors au conservatoire. J’ai voulu recréer ça. L’idée, c’était de prendre tous ceux qui le souhaitaient, joueurs de vielle, de cornemuse, d’accordéon, de violon ou de clarinette et d’en faire un truc intergénérationnel. » En pointillé, Rémy Villeneuve justifie la démarche par une problématique qui se pose à ceux qui veulent percer : « Nous voulions jouer, mais pour cela, il faut être connu. Et donc pour être connu… il faut jouer. Pour s’en sortir, on s’est dit qu’on allait créer notre propre bal. »

Comme ils sont une quinzaine à former le noyau dur du Chnut, les membres vont donner naissance à une sorte de pépinière de groupes. Le premier d’entre eux, disparu depuis, se nommera « Bibi Root’s« . Puis il y aura Radical Strapontin. Aujourd’hui, le Chnut abrite Kalimuchow, la Preyra, la Brande, les Frères Villeneuve, Bretelles et Corps Soufflant, Organza et l’incontournable Chnut Orchestra, soit le collectif au grand complet.

Premier bal en 2009

À tour de rôle, chacun montera sur la scène des bals maison organisés quasiment à domicile pour les Villeneuve. « J’avais créé un concours de cornemuses au Moulin d’Angibault en 2009, le lieu était tout trouvé. C’est là qu’on a fait le premier bal d’été et à partir de 2010 on a décidé d’en faire quatre par an, soit un par saison. » Les bals se succèdent depuis entre le Moulin, La Grange à Chassignolles ou la salle des fêtes de Montipouret. Mais il convient de se structurer encore plus. Ce sera chose faite en mai 2011 quand le collectif jettera les bases juridiques de l’association avec une ambition : « Protéger ses groupes, organiser les bals, réinvestir dans l’organisation et aider les groupes à enregistrer des CD. » Au cœur du Chnut, certains sont devenus intermittents du spectacle. Kalimuchow, Radical Strapontin ou la Preyra ont sorti leur galette. Et dans les bals, toujours très fréquentés, la bande délivre une musique des territoires du Berry, du Bourbonnais, du Nivernais. Bourrées à 2 ou 3 temps, valses, mazurkas, polkas, autant de danses qui ont leurs aficionados.

« Notre but, c’est de faire redécouvrir la musique trad à des jeunes qui sont plus branchés musiques actuelles. C’est pour ça qu’avant le bal, il y a toujours une initiation » dit Fabien, le frère de Rémy. « Il y a beaucoup de gens qui viennent aux bals sans connaître les danses. On leur explique les bases. » C’est la mission de Solange, Maxence ou Margaux. Les pas appris, il n’y a plus qu’à se laisser porter par l’ambiance si spécifique à la brebis cornemuse, l’emblème du Chnut. « L’automne, c’est un bal à thèmes. Ça permet de voir de nouvelles têtes » ajoute Margaux, l’une des voix du collectif, d’Organza ou du Trio Euphrasie. Alors, convaincu ? Le mieux, maintenant, c’est de rejoindre Montipouret le 20 janvier. Tout le Chnut vous y attend.

Bal d’Hiver du Chnut
Samedi 20 janvier 20h
Salle des fêtes de Montipouret
Facebook : Chnut Asso

L’hiver à Montipouret


La règle est simple : « À chaque bal, deux groupes du collectif Chnut jouent et nous en invitons un troisième » détaille Rémy Villeneuve. Ainsi se compose l’affiche éclectique qui fera le succès de l’une des quatre saisons du Chnut. Le bal de l’hiver, le 20 janvier prochain, n’échappera pas à la règle. Dans la salle des fêtes de Montipouret, le Duo Chenet-Barbances, le « Duo Bouche » (appellation d’origine non certifiée par le Chnut lui-même) et la classe de musique traditionnelle du conservatoire de Châteauroux seront tour à tour sur scène. Et puisqu’il est dit que le rendez-vous est axé sur la musique et la danse, il y aura évidemment pain maison, fromage du cru, jus de pomme et autres boissons pour sustenter les convives.

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