De l’ancien pour amener du neuf

Un salon antiquités, arts et tendances pour attirer un autre public

par Nicolas Tavarès

Châteauroux Events revoit la formule de feu le salon des antiquaires pour renouveler le visitorat. Les Cordeliers se mettent également au goût du jour pour être dans la tendance.

Le salon des antiquaires à la papa, c’est terminé. Depuis quelques années, leurs organisateurs en ont pris conscience, les belles et vieilles choses n’attirent plus forcément la grande foule. En tout cas celle moins grisonnante. À Châteauroux, voilà dix ans que l’on a mesuré l’importance d’évoluer en déplaçant la manifestation de la salle Barbillat-Touraine vers le couvent des Cordeliers, lieu qui se prête évidemment mieux à la mise en valeur des mobiliers anciens patinés par le temps. Cette année, Châteauroux Events, l’entité chargée de l’événementiel de Châteauroux Métropole, a décidé de poursuivre sa lente mais salvatrice mutation. Il faudra désormais parler de Salon antiquités, arts et tendances…

Une dénomination un peu plus longue, mais qui couvre parfaitement les ambitions des organisateurs intéressés à l’idée de rajeunir la moyenne d’âge des visiteurs tout en offrant un vaste choix d’objets et mobiliers couvrant une plus large période de l’histoire. « Il fallait de toute manière renouveler à la fois le visitorat et les exposants, souligne Anne-Laure Bodin, responsable de Châteauroux Events. D’où cette nouvelle appellation : les antiquités, parce que c’est l’essence même du salon ; les arts parce que nous aurons énormément de pièces spécifiques de collection ; quant aux tendances, il s’agit de commencer à se renouveler, mais ce sera une transition tranquille. »

Une ouverture vers la tendance

Pour ce troisième champ d’activité du salon castelroussin (du 5 au 7 octobre prochains), Châteauroux Events a souhaité mettre en avant le fleuriste et décorateur d’intérieur Fabrice Ferin de Jardin d’Ombres – « un concept store qui nous proposera une mise en scène…» dévoile Anne-Laure Bodin – et Béatrice Bascoul de Carpe Diem Art & Design. Cette dernière ne cache pas sa surprise d’avoir été approchée pour présenter son mobilier design au milieu des antiquités. Mais elle prend la chose avec un plaisir non dissimulé : «Ce sera une première pour moi. Bien que je propose du mobilier designé par des architectes, notamment, n’oublions pas que beaucoup de pièces s’inspirent des années 20. Il y a des reproductions autorisées, par exemple de Le Corbusier, du mobilier style années 40-50, du mobilier qui vit avec notre époque. » Et Béatrice Bascoul de justifier sa présence : « Comme le mobilier des 17e, 18e ou 19e siècles, le design a une véritable histoire ne serait-ce qu’avec le Bauhaus… »

« Cette ouverture vers la tendance était obligée, reprend Anne-Laure Bodin. À Chatou, la communication du salon des antiquités parlait « du classique au plastique », la nôtre évoquera la transition de l’ancien au moderne. » Mais tout n’est pas qu’histoire de com’ : «Nous souhaitons amener un public plus jeune fait de quadras ou quinquas, et que les gens comprennent surtout que le monde des antiquaires n’est pas réservé à l’élite. C’est vrai, l’an dernier, nous avons eu quelques belles transactions, mais on peut trouver des choses à tous les prix, le salon rassemble toute sorte d’objets. » Pour vous en convaincre, il suffira de franchir la porte des Cordeliers.

Salon antiquités, arts et tendances
Du 5 au 7 octobre
Couvent des Cordeliers

Winnie, le Jurassien dernier lampiste de service

Pascal Liger, bien connu dans le milieu sous le surnom de Winnie, est un habitué du salon des antiquaires de Châteauroux. Tout au long de l’année, le dernier lampiste d’art de France, installé à Oussières (Jura), multiplie les salons et tournées privatisées sous la bannière Lampisterie 1900 avec un fonctionnement parfaitement huilé : «On m’amène des lampes sur les salons, je les restaure, les adapte à l’électricité et leurs propriétaires regardent où je serai au moment de la fin de la restauration pour venir la récupérer. J’ai eu des clients de Châteauroux qui sont venus jusque dans les Landes pour reprendre leur lampe !» À 61 ans, Winnie ne se voit pas arrêter le métier. «Tant qu’il y aura la santé, la flamme brillera. Je reçois des dizaines d’appels. Mon planning est rempli jusqu’à 2020 ! Mais cette hyperactivité est logique : je suis le seul lampiste. Et il ne reste que deux artisans d’art en lustrerie, une variante de la lampisterie.»

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