Des restaurateurs au camping

L’été, Valérie et Fred quittent l’Auberge du Père Jean pour les Grands Pins

Restaurateurs à Luant l’année durant, Fred et Valérie Meunier déménagent au camping des Grands Pins de Velles dès qu’arrive l’été. Une véritable aventure…

32-STYLE-Camping-fond-2Le bonheur n’est pas forcément dans le pré. Il peut aussi se trouver au milieu de Grands Pins. Ceux des Maisons Neuves, commune de Velles. C’est en tout cas une drôle d’histoire que Carré Barré va vous conter. Celle de Valérie et Fred Meunier. A 43 et 45 ans, ils ont connu deux vies. Elle, fut d’abord assistante de direction avant d’entrer en lycée hôtelier à 28 ans pour passer un CAP cuisine. Lui, fut commercial dans l’agroalimentaire. En 2008, les deux reprennent l’Auberge du Père Jean. Aujourd’hui, la maîtresse de maison y propose une cuisine du terroir à base de produits frais et de saison. Depuis le début de l’année, vous profitez d’ailleurs des recettes de Valérie à la fin de ce magazine, en pages cuisine… 

De l’automne au printemps, Fred et Valérie tiennent donc les fourneaux de l’Auberge. Mais il y a un an, par soif de nouveaux challenges, le couple a tenté un pari un peu fou : prendre en plus la gestion du restaurant des Grands Pins le temps de l’été. « La propriétaire du camping, Mme Mothirond, est venue nous voir le 8 juillet pour nous proposer le projet. Le 13 on lui disait oui ! » Valérie et Fred faisaient alors un saut dans l’inconnu. Certes à deux pas de leur établissement luantais, mais quand même. « On ne connaissait absolument pas le camping ni même sa clientèle. Gamin, j’avais connu le karting, mais c’est tout » se souvient Fred. Car oui, avant d’être un camping en bordure d’autoroute, les Grands Pins c’était surtout la base de loisirs des troupes américaines.

La base de loisirs des Américains

De cette époque ne persiste qu’un mini-golf vintage, un court de tennis aussi. La piste de karting a été mangée par les herbes et une vaste prairie reste entourée de hauts résineux et de bâtiments à l’architecture si spécifique de ces années 60 marqué du sceau US. L’endroit est verdoyant. Fred et Valérie y ont apporté leur bonne humeur.

« Ce qui me séduisait, avec ce projet, c’était de rencontrer une nouvelle clientèle, à 90% étrangère. Oui, ça a fait partie du choix. C’était un beau risque, une belle découverte aussi… » Très vite, le couple est rassuré : « La clientèle du Père Jean a automatiquement basculé aux Grands Pins » explique Fred Meunier. « On s’est retrouvé d’une certaine manière beaucoup plus proches de nos clients, ajoute Valérie. Au Père Jean, tu vas au restaurant, ici tu vas au camping ! On se sent un peu en vacances, on arrive à profiter de la piscine. »
L’année dernière, Valérie avait pris ses marques aux Maisons Neuves. Cette année, le couple a décidé de prolonger le bail, mais plus longtemps. Début mai il a ouvert les portes de l’établissement et la fête durera jusqu’à la fin septembre.

Interaction avec les clients

Alors pour se sentir comme à la maison, Valérie, passionnée de déco, a préparé des salons intérieurs et extérieurs. Elle a également donné un coup de jeunes aux tables du restaurant. La salle est vaste, lumineuse. La terrasse ombragée. Fred assure le service en tenue décontractée. « Il est quasiment tout le temps en bermuda, rigole la cheffe. Ici, on pourra prendre cinq minutes pour s’asseoir en terrasse avec les clients. » Valérie veille tellement à leur petit confort qu’elle a aménagé sa cuisine de manière à ce que les visiteurs la voit en préparer les plats : « Ça fait plus d’interactions entre eux et nous. Ils sont là pour découvrir la cuisine française. Il y a une grande baie vitrée. Je ne cache rien ! On retrouve un côté familial. Je voulais vraiment qu’il y ait une cassure entre l’Auberge et les Grands Pins. »

Le temps est suspendu. Le pari est réussi. Pas question de se projeter vers l’avenir. Les deux restaurateurs souhaitaient simplement rompre la monotonie. Chaque soir, après le service, ils quittent toutefois l’ancienne base de loisirs des Américains, leur lieu de villégiature, pour retrouver leur nid douillet luantais. « Du temps des Américains, le Père Jean était un cabaret pour les Américains » dévoile Valérie.
Il n’y a pas de hasard…

Les Grands Pins à Velles, Ouvert tous les jours (sauf les samedis et lundis midi)
Tél. : 02 54 25 38 17

Baise main hollandais

En reprenant le restaurant des Grands Pins, Valérie et Fred Meunier ont découvert une clientèle bien différente de celle qu’ils côtoient l’année durant à l’Auberge du Père Jean. Le camping étant sur les bords de l’A20, Hollandais, Britanniques ou Allemands ont pour habitude de se poser pour quelques heures. Pas question de courir tout le département à la recherche d’une bonne table, les touristes étrangers font juste une halte qui impose d’avoir tout sous la main.
« Mais ils sont en vacances, et surtout pas stressés, note Valérie. Ils sont assez ouverts, ils viennent découvrir la France, échanger avec notre clientèle française et goûter à la cuisine locale. » La cheffe leur concocte des petits plats qui les transportent.
« En début de saison, un Hollandais était tellement ravi que pour me féliciter, il m’a fait le baise main ! » en sourit encore Valérie qui dévoile une autre particularité de l’endroit : « Au retour, les mêmes s’arrêtent ici. Mais souvent accompagnés d’amis rencontrés en vacances… »

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