Fred Blanloeil de bals et de bois

D’abord paysan, il a fait de Laleuf et du loisir sportif son quotidien

par Nicolas Tavarès

Arrivée en Berry au début des années 80, la famille Blanloeil a troqué la paysannerie pour l’éco tourisme. Fred a succédé à son père Christian et, à coups de paris osés, fait de Laleuf loisirs une success story.

Il se pourrait bien qu’une nouvelle activité s’invite bientôt à Laleuf. Voilà un an que Fred Blanloeil tente de mener à bien son projet de lancer de haches ! Ne riez pas, c’est on ne peut plus sérieux. L’activité se développe et elle n’a pas laissé insensible Fred qui verrait bien ses clients hacher le soir au fond des bois. Laleuf Loisirs, c’est comme il le dit lui-même «mon bureau au pied des chênes ! Je bosse dehors ce n’est donc pas à contrecoeur que je me suis lancé dans ce business.» C’est d’ailleurs tout une histoire, celle de la famille Blanloeil venue de Cholet en 1981 pour reprendre la ferme de Laleuf après avoir lu une annonce. «Elle disait qu’on cherchait une famille pour venir s’occuper de 116 hectares et 500 moutons.» Christian Blanloeil, aujourd’hui en retraite, va tout tenter «mais au milieu des années 90, la crise de l’agriculture ne s’arrangeait vraiment pas et mon père s’est retrouvé au bord de la faillite. Il lui est alors venu l’idée de transformer l’exploitation en ferme auberge. Au bout de la deuxième année, ça marchait tellement bien qu’il a pris la casquette de restaurateur et comme il y avait un cheval de selle à la ferme et qu’on avait récupéré une roulotte, on a commencé la location.»

Seulement voilà, si le client est roi, il en veut aussi toujours plus. Fred Blanloeil : «Certains ont commencé à nous dire que la balade en roulotte, c’était bien gentil, mais qu’il manquait quelques choses de plus énergique.» Sur les conseils de Vincent Cloué, un ami, les Blanloeil vont alors se lancer dans la location de quads. «Au début c’était chaud, les gens faisaient un peu n’importe quoi avec un engin pas forcément maniable. Et puis un jour, Vincent m’a tendu un magazine de paint-ball. On a lancé l’activité en 2002.» Ce ne sera pas autour de la ferme, mais de l’autre côté de la route, en s’enfonçant un peu dans la forêt. Alors en apprentissage, Fred semble parti pour reprendre l’exploitation agricole. Christian, lui, gère la partie commerciale. «À cette époque, Laleuf c’était donc la ferme auberge, les moutons, la moisson, la roulotte et le paint-ball. On gagnait à peu près notre vie, mais il fallait faire des heures. J’étais agriculteur dans l’âme, mais ce métier n’est pas rémunéré à sa juste valeur, on a donc réfléchi. Le loisir m’a paru plus facile que l’agriculture. Dans le même temps, on m’a parlé de l’accrobranche lors d’un regroupement avec d’autres organisateurs de paint-ball. Je suis rentré à Laleuf et j’ai dit à mon père : « On ouvre un accrobranche ! » Il m’a fait confiance. On a construit nous-mêmes ce parcours dans les arbres en 2007. La saison était hyper humide, on s’embourbait, on a fait qu’une queue de saison» lâche-t-il dans un sourire.

Ouvert d’avril à novembre

Moment de doute lors du passage de la première commission de contrôle venue vérifier la sécurité du site : «On m’explique que le parcours était bien trop dur. Absolument pas fait pour les enfants qui restaient notre cible.» Fred va donc revoir sa copie et s’adapter. Le public (les enfants, les familles, les groupes, les enterrements de vie de garçon et de jeune fille, les écoles, etc), lui, va répondre présent tout au long des saisons, «du 1er avril à la fin des vacances de la Toussaint, en fonction du temps.» Il y a trois ans, le Bubble foot (photo) est arrivé et ce printemps, Laleuf Loisirs continue de coller à la demande avec l’ouverture d’un parcours de franchissement d’obstacles.

«Je suis assis sur une fusée, plaisante Fred Blanloeil. On a stoppé l’exploitation agricole en 2009, on a transformé la ferme en pension pour chevaux, développé la balade à cheval. Quand je me suis installé, jamais je n’aurais imaginé ça. On propose du loisir sportif, mais on fait dans l’éco tourisme en organisant aussi des sorties nature pour inculquer certaines bases. On a même initié un jardin en permaculture pour apprendre aux enfants les préceptes de la nature.» Les haches tardent à arriver, les yourtes ont tourné court, «à cause du climat local, pas adapté», mais la petite entreprise familiale ne connaît plus la crise. Et Fred n’hésite pas à parler d’épanouissement professionnel. La suite ? «Je voudrais transmettre des choses aux gamins. Pourquoi pas ? Laleuf, c’est un véritable laboratoire.»

Facebook : Laleuf Loisirs

Le bal perdu

Les bals de musique trad, c’est un peu le jardin secret de Fred Blanloeil qui les a découverts sur le tard. Inévitablement, les « baloches » devaient un jour ou l’autre arriver à Laleuf. C’est ce qu’il s’est produit l’an dernier à l’occasion de la seconde nocturne de l’été, couplée à un marché de producteurs. «Les marchés et le bal, c’est pour se faire plaisir. C’est la mode des marchés gourmands depuis un moment et dans la forêt, ça s’y prête parfaitement. On en organise deux en nocturnes pendant l’été : l’un en juillet, l’autre en août avec un bal, donc. Les bals me tiennent depuis un moment déjà ; ça coulait tellement de source d’en organiser à Laleuf ! L’an dernier, pour un premier essai, il y avait pas loin de 200 personnes.» Le 30 août prochain, c’est le Chnut qui s’invitera dans les bois. L’affluence s’en ressentira…

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