Le théâtre dans les gènes

Ils vivent leur passion de la scène au sein d’une compagnie théâtrale

Teaser Le testament de Vanda from La Bolita Cie on Vimeo.

L’Indre et Châteauroux en particulier regorgent de troupes théâtrales en tout genre. Une même passion rassemble Joël Derrier, la Bolita ou la Compagnie de la Table Ronde.

Elles ont pour nom le Baz’arts Théâtre, Délires Mondes, le Masque de Sganarelle, la Vieille Prison, le Rhinocéros Blanc, d’autres encore ou plus loin dans le temps, le Puck Théâtre. « Démarche buissonnière et contemporaine » selon Niko Lamatière de La Bolita – compagnie née en 2004. Plus collaborative et ostensiblement tournée vers le boulevard pour la Compagnie de la Table Ronde (depuis 2012) qu’emmène Amaury Garnier. La passion pour le théâtre reste le point de convergence. Cet amour immodéré pour la scène trouve même sa quintessence en Joël Derrier, ancien prof d’histoire-géo, qui a formé nombre de comédiens sous les ors du théâtre de la Mûrisserie.

La Bolita se distingue toutefois des autres puisque professionnelle. Née de la rencontre d’artistes français et mexicains, la compagnie est un collectif de comédiens, metteurs en scène, musiciens et techniciens qui a déjà présenté treize créations. « Le testament de Vanda » de Jean-Pierre Siméon (en couverture) vient ainsi d’être joué à Paris tandis que « La Vie normale » de Christian Lollike a été présentée au 9 Cube. « Lorsque Giovanni Ortega est arrivé à Châteauroux, nous avons monté un projet. Nous avions tous envie de monter notre compagnie. La plupart des membres sont issus du Puck Théâtre. Nous privilégions un théâtre contemporain et nous avons tous la même démarche artistique. Je ne pourrai pas monter du Feydeau si la pièce n’avait aucun rapport avec le monde actuel… » souffle Niko.

Le noyau dur de la Bolita Cie – Giovanni Ortega, Olivier Thilloud, Odile Loria, Francis Labbaye, Niko -, n’aime rien tant qu’amener ses créations là où on ne l’attend pas. « Nos créations doivent être des spectacles joués en salle, mais aussi dans la rue pour toucher un autre public. On a d’ailleurs de plus en plus envie de prendre l’espace public ! » En attendant, les membres de la compagnie vont inaugurer le Chauffoir, le 15 décembre, « une salle de répétition au-dessus du 9 Cube mise à disposition par Yves Douceau et qui sera cogérée avec la Bessoucouna Compagnie de Vierzon. À Châteauroux, il n’y a pas de salle de répétition, il nous fallait un lien… » dévoile Niko Lamatière.

Le retour d’un festival de théâtre

Joël Derrier

La Table Ronde, elle, est dans une autre dimension. Ancien du Baz’arts théâtre, Amaury Garnier a fait appel à Facebook pour trouver des camarades de jeu. Aujourd’hui, la compagnie de joyeux drilles (page 26) – « on essaye d’être dans la déconne, mais avec un cadre ! » -, c’est une dizaine de comédiens amateurs qui se revendiquerait plutôt de la troupe du Splendid. « J’ai récupéré le texte du Père Noël est une ordure, mais nous sommes dix. Un jour peut-être, mais ça reste notre rêve… Nous avons aussi essayé de monter la Souricière d’Agatha Christie, mais c’était un niveau trop élevé pour ce qu’on savait faire. Certains voudraient s’essayer à du Robert Lamoureux. Mais la saison dernière, nous avons présenté « Zorghol 707 » de Christian Rossignol que nous prolongeons cette année. C’est difficile, ça demande du rythme. » Mais la pièce colle parfaitement à la philosophie de la Table Ronde : « Nous cherchons à monter des pièces où tout le monde s’y retrouve et pas celles où un seul rôle écrase tout… »

Joël Derrier, lui, observe la vie des troupes castelroussines avec un plaisir non feint : « Le théâtre dans l’Indre, ça redémarre ! Dans les années 90 il y avait un gros vivier. Il y avait le Puck, la Vieille Prison, des troupes au Poinçonnet, à Étrechet… » Autant dire que l’effervescence du moment réveille des envies de relancer un vrai festival de théâtre à Châteauroux. Une envie partagée avec Niko Lamatière, du reste, nostalgique des Nocthalies aux Cordeliers… Mais la priorité du moment est ailleurs pour Joël Derrier. Il a relancé le Théâtre de la Mûrisserie créé en 1998 et accueille une quinzaine de comédiens, débutants ou non, sur la scène de la salle Édith-Piaf. « Nous nous écartons rarement du théâtre contemporain, soutient celui qui a lancé Pascal Kirsch ou Samia Sassi. L’an dernier, nous avons monté « les Bonnes » de Jean Genet et nous la reprenons à partir de février. »

Qualifié de « militant du théâtre » par François Claude, le directeur d’Équinoxe, Joël Derrier suit simplement quelques principes : « Le théâtre doit être dans la qualité et la régularité. » Sur toutes les scènes et pour tous les publics.

Ronchons et fiers de l’être


C’est un improbable succès public. Lors de la soirée de la Bouinotte 2016, Léandre Boizeau écrit une saynète baptisée « Les Papys caddies » interprétée par d’anciens comédiens de « Bourduche ». Les Ronchons viennent de voir le jour autour de Jean Huguet, Michel Lion, Jack Moreau, Léandre Boizeau, Guy Boistard, Michel Granger et Francis Mendez partis pour 8 représentations d’un « Musée » présenté comme un loft story rural abordant le quotidien des gens d’ici sur le ton humoristique. « Le sujet traité sort des sentiers habituellement battus par le théâtre, les vaudevilles où les portes claquent » commente Francis Mendez. Les Théâtreux de la Bouinotte en sont aujourd’hui à 18 représentations et répondent actuellement à de nouvelles sollicitations pour 2018. Comme toutes les autres, ces nouvelles représentations afficheront complet !

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