Quand l’Uzine passe en revue

Le collectif né il y a deux ans va maintenant se coucher sur papier

Par Nicolas Tavarès

Lancée pour rassembler les talents émergents de la BD indrienne, l’Uzine touche au but. Elle va devenir une revue. Fawzi Tahri était là au premier jour de l’Uzine, ce projet initié en 2016 par le dessinateur Laurent Astier, le scénariste Aurélien Ducoudray et le libraire Étienne Masseyeau. À 17 ans, le jeune homme baigne dans l’univers du manga. « Mais grâce à l’Uzine, à ma rencontre avec Laurent qui m’a apporté l’organisation et les bonnes questions à se poser pour progresser, je me suis ouvert à d’autres styles. L’Uzine m’a aussi permis de montrer mon travail et grâce à l’autoédition, nous allons découvrir par nous-mêmes toutes les facettes de la sortie d’une revue ! » Nous, c’est la douzaine de fidèles lycéens et étudiants qui ont mordu à l’hameçon des créateurs de l’Uzine et qui s’apprêtent désormais à donner naissance à une revue dans laquelle seront présentés les différents projets développés depuis deux ans. « Nous sommes maintenant à l’heure des devis, lâche Laurent Astier. Nous voulions que les jeunes s’investissent dans la démarche du montage. C’était le meilleur moyen pour se professionnaliser. Je pensais que ça irait un peu plus vite, mais avec un rendez-vous mensuel depuis deux ans et un peu plus de deux heures de travail à chaque fois… » Tout le monde s’est adapté et le projet l’Uzine a simplement mûri tranquillement sous les lambris de la Médiathèque Équinoxe. Agrémenté d’apparitions d’autres auteurs comme David Verdier, Bruno Forget, Yannick Marchat ou Jean-Marc Desloges. « Au début, il y a eu un trop plein d’idées, s’amuse Laurent Astier. Il a fallu leur faire comprendre qu’ils devaient présenter des projets courts. C’était une création originale sur laquelle tout le groupe pouvait interagir.»

Lancée pour découvrir des talents, dessinateurs ou scénaristes, l’Uzine a quasiment atteint son but. « Comme partout, il y a un vivier. Il suffit de gratter. On verra qui aura éventuellement une carrière, mais deux-trois membres du collectif ont un réel potentiel comme Fawzi. On veut maintenant le tester sur d’autres types de récits que le manga pour qu’il sorte de sa zone de confort. » La revue l’Uzine, prévue pour paraître en septembre prochain devra en passer par le crowfounding, le financement participatif, qui apportera la touche finale à un projet bien mené. Affaire à suivre pour ceux qui souhaitent y participer.

Facebook : L’Uzine

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