Magnétique Stéphane Merveille

Les clichés de l’Issoldunois invitent à déambuler dans l’univers musical

Son univers se décline entre photographies et musique indépendante. Visite au pays de l’Issoldunois Stéphane Merveille.

Il y a peu, Stéphane Merveille exposait à Châteauroux. « Microsillons et bande magnétique » est une expo d’une dizaine de clichés créée sur mesure et accrochée un mois durant aux murs du bar disquaire Le Bruit qui Tourne. Elle s’ajoute à trois autres séries entamées en 2017, « Matières sombres et sensibles » – « une série très graphique où je travaille pour la première fois en objectif macro » -, « City », point de vue sur l’architecture ou encore « Vestiges » bâtie sur des temples en ruines, à Rome ou en Sicile. Pour ne parler que des séries les plus récentes. Stéphane Merveille expose pourtant peu. Malgré tout, on a pu ces dernières années voir ses photos à Châteauroux, Issoudun, Ardentes, Lignières. Il sera bientôt à Saint-Laurent du Cormier (près de Rennes). « En fait, dès qu’on me sollicite pour une exposition, je suis tellement surpris que mon travail suscite un peu d’intérêt que je suis hyper content donc j’accepte toujours avec enthousiasme ». Mais exposer n’a jamais été la finalité, bien au contraire. « Je photographie avant tout pour moi et seulement quand j’ai envie, ce qui fait que je peux rester de longs mois sans en ressentir le besoin. Il peut s’écouler pas mal de temps avant de me lancer dans une nouvelle série. Par contre tout m’intéresse à photographier. Je ne veux pas me restreindre à un sujet, sinon on est vite catalogué dans un genre. D’ailleurs l’urbex, que j’ai un peu pratiqué au début, me colle encore à la peau ! »

Cette diversité dans les sujets abordés lui a ainsi permis de réaliser ces dernières années nombre de pochettes de disques pour des artistes locaux, régionaux, nationaux ou internationaux en illustrant leur musique parfois avec un paysage (la dune  du Pilat par exemple que l’on retrouve notamment sur les trois EP du label monopsone sortie en janvier 2017, ndlr), parfois avec un portrait, parfois un objet, parfois un bâtiment ou une ville.

Les projets du label monopsone

Alors Stéphane part à la découverte de nouveaux horizons. Et la musique, indépendante de préférence, lui en offre des tas. Dans son hall of fame personnel figurent Dead Can Dance, The Pixies, The Cure, New Order ou The Smiths. On le croise régulièrement dans les concerts du coin. Parfois en simple spectateur. Souvent parce que l’artiste sur scène est un ami. Toujours un appareil en bandoulière. Après avoir réalisé en 2017 les visuels de Matthieu Malon, Orso Jesenska, Erik Arnaud, Soon She Said, Solex City et le volume 44 des compilations à découvrir absolument, le début d’année 2018 est consacré à la prochaine sortie du label monopsone avec un EP et un album pour les (presque) locaux de A Movement Of Return. La fin d’année, elle, devrait être occupée par le grand retour de Laudanum avec 6 titres neuf ans après son dernier album.

La photographie d’un côté, la musique de l’autre. Il n’y a donc rien d’étonnant à le retrouver à l’antenne de Balistiq pour l’émission « London Calling » un mardi soir sur deux (lire par ailleurs). Indie à tous les étages. Et le lien évident vers les bases qui expliquent en partie « Microsillons et bande magnétique ». Genèse du projet : « Les K7, elles étaient dans un carton depuis 1998. Quasiment que des K7 vierges, jamais d’albums. Et comme je ne jette rien… Au départ, je suis parti d’un vinyle. Puis je suis passé au bras de la platine disque et très vite j’ai quitté le microsillon pour la bande magnétique. La K7, c’est un support universel, d’ailleurs des groupes recommencent à en faire. C’est ce qui coûte le moins cher ! Pour l’exposition, certaines ont souffert. J’en ai démonté une. J’ai enroulé, déroulé, chiffonné des bandes magnétiques. J’ai empilé et aligné des boîtiers… » Ceux d’entre vous qui ont manqué l’expo au Bruit qui Tourne peuvent la retrouver sur sa page Facebook. Ou attendre que quelqu’un lui demande d’accrocher une fois encore ses clichés à un mur.

Facebook : Stéphane Merveille Photographies

Secret de fabrique

« Je prends autant de plaisir à photographier qu’à retoucher ensuite les images obtenues. Inconcevable pour moi de ne pas passer par l’étape de la post production, qui permet de faire les choix qui définiront le résultat final. J’aime travailler en lumière naturelle, ce qui se traduit souvent par des photos obtenues en pause lente avec la nécessité de travailler avec un pied photo pour que l’appareil ne bouge pas. Je dois dire que ce trépied (un manfrotto compact en alu donc léger et facile à transporter) est primordial dans mon travail et qu’il complète mon matériel (un D700 Nikon avec deux objectifs, un 18-70 très lumineux et un macro qui me permets de réaliser ma série « matières sombres et sensibles » du moment. »

London Calling on Balistiq

C’est une autre corde à l’arc de Stéphane : la radio et plus précisément l’émission rock indépendant « London Calling » (podcast ici) qu’il anime toutes les semaines de 21h à 22h sur l’antenne de Balistiq avec Éric Defaix et Mathieu Hautin. « On ne sait pas si on est beaucoup écoutés, mais pour moi, c’est une vieille récréation avec une bande de potes. J’essaye de passer des nouveautés, mais on reste dans la musique indépendante. » London Calling, le mardi sur Balistiq 103.fm

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