Osez l’Audacieux Cabaret

Projecteurs braqués sur le music-hall de Maryline et Cédric Vannier

par Nicolas Tavarès

Envie de vous changer les idées ? À Déols, l’Audacieux Cabaret offre strass et paillettes. Détente et dépaysement garantis.

Sous les lambris de l’Audacieux Cabaret, les jours de représentation, il faut voir Maryline Vannier vivre intensément le show. « Osez » est le fil conducteur de la quatrième saison du cabaret déolois. Quatre saisons qui ont permis à l’établissement de s’installer dans le paysage culturel et d’attirer à lui une clientèle toujours plus nombreuse. C’est tout ce dont Maryline rêvait lorsqu’avec son mari, Cédric, elle a décidé d’investir dans le Domaine Saint-Sébastien, planté en bordure de rocade est. C’était un projet de vie osé, sans jeu de mot poussif. Un défi que Maryline, femme de caractère, a relevé de main de maître. Mais elle insiste : «Rien n’est jamais acquis.»

Alors elle a fait de son Audacieux cabaret une bataille de tous les instants. En démontrant la viabilité du projet sans le soutien des banques, puis en résistant à l’adversité, en mettant enfin les petits plats dans les grands pour satisfaire la clientèle avec un spectacle de qualité, renouvelé chaque année. «Ce projet, nous l’avons monté de A à Z avec mon mari. Ça n’avait rien d’une reprise d’entreprise, remet-elle en perspective. L’endroit était une stabulation. Les gens sont surpris lorsqu’on leur explique, mais nous nous sommes battus pour l’avoir ce Domaine : il y a la rocade, un grand parking où tu ne gênes personne.» Tout sauf un détail car l’Audacieux figure en bonne place dans les catalogues des autocaristes.

Les cars ne déversent pas des flots de touristes comme au Royal Palace de Kirrwiller, la référence alsacienne en la matière, «mais l’Audacieux n’est absolument pas comparable. Le Royal Palace, c’est 1000 places ! En revanche, depuis deux ans, nous avons acquis une petite renommée avec cinquante à soixante dates par an.» Ce succès, Maryline Vannier le doit en partie à sa manière bien à elle de «casser les codes d’une revue traditionnelle. Nous avons fait tous les cabarets de France pour voir ce qu’il se faisait, quelle était la tendance du moment. Chaque établissement a sa touche. Lorsque le spectacle commence, on ne maîtrise plus les choses, mais il faut avoir en tête que les clients sont là pour se détendre.»

Et Maryline a mis un point d’honneur à offrir du très lourd. À leur arrivée, les clients sont accueillis par les artistes qu’ils retrouveront ensuite au travers d’animations pendant le déjeuner ou le dîner. Chanteurs, effeuilleuse, ventriloque s’intercalent entre chaque plat. Maryline, elle, se fait un devoir de visiter toutes les tablées : «Lorsque je suis ici, j’ai le contact facile et puis c’est important d’aller parler avec la clientèle afin de voir si elle passe un bon moment…» La revue, elle, n’arrive qu’après le dessert. Et Maryline en convient : «On en fait sans doute trop : « Osez », c’est trois heures de spectacle avec un entracte. Je veux que mes artistes se donnent à 100% donc à la différence d’autres établissements, ils ne sont pas au service.» Entièrement concentrés sur le spectacle, ils livrent alors un show où se mêlent chansons, pôle dance, transformisme (lire ci-dessous) et l’incontournable french cancan auquel des clients seront invités à participer, le tout dans des costumes qui claquent sur fond d’écran leds pour donner encore plus de profondeur à la scène.

C’est là que la Maryline accueillante cède la place au metteur en scène à l’oeil aussi acéré qu’ému. Elle se laisse porter par la revue. Mieux, elle la vit. «Nous travaillerons sur la prochaine revue début 2019. Je peux juste dire qu’il y aura des nouveautés en termes de disciplines artistiques. En revanche, je travaille déjà sur le choix des plumes.» Maryline n’en dira pas plus, les détails relèvent quasiment du secret d’État. Tout au plus lâchera-t-elle : «Au début, l’Audacieux était un rêve. Aujourd’hui, c’est devenu une entreprise à gérer au quotidien. Il faut donc aller chercher les gens en leur proposant quelque chose d’inédit.» Les prendre par la main pour les emporter loin des tracas du quotidien. Une mission dont l’Audacieux s’acquitte parfaitement.

L’Audacieux Cabaret à Déols
Tél. 02 54 35 14 28 ou 06 63 55 48 01
www.audacieuxcabaret.fr
Facebook : L’Audacieux Cabaret-Music Hall

Tous les visages de Victoria

En une audition aoûtienne, Victoria Williams aura convaincu Maryline Vannier de l’engager dans sa revue « Osez ». Un artiste transformiste est précieux pour un cabaret. Le talent de Victoria, Alexander à la ville, a fait le reste. «J’ai commencé à me maquiller à l’âge de 17 ans…» Dix ans plus tard, Victoria s’affirme et apporte une étonnante touche de nostalgie lorsqu’elle devient Marylin, Monroe cette fois. «C’est l’un des premiers personnages que j’ai fait.» Victoria se transforme également en Jennifer Lopez, une prestation épuisante «parce que si je suis bon comédien, je ne suis pas danseur et le numéro de Jennifer Lopez est tonique puisqu’elle interprète beaucoup de chansons impliquant de la danse latine. Mais ce numéro fait son effet. Pendant longtemps, j’ai été le seul en France à la performer. C’est bien simple, depuis sept ans, je suis Jennifer Lopez !» Dans l’ombre elle peaufine Mariah Carey, mais en septembre dernier, Victoria a fait parler d’elle de manière incongrue en campant un Julien Doré posté sur son compte Instagram. Repris par le chanteur, Victoria/Julien a fait le buzz et s’est même vu consacrer un portrait dans le quotidien Le Monde…

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