Au volant main dans la main

Carol et Michel Morin sont parmi les meilleurs rallymen régionaux

par Nicolas Tavarès

Ils abordent la compétition auto par plaisir. C’est donc au rallye de Saint-Émilion que le couple de Bouges-le-Château va reprendre sa saison. L’infographiste et l’agriculteur sont déjà tournés vers la finale de la Coupe de France 2020.

Et dire que ces deux-là n’avaient jamais baigné dans la compétition automobile avant 2002 ! «J’ai toujours adoré la mécanique, mais chez moi, on ne voulait pas entendre parler de course. Ni mon père, ni ma mère. Pour eux, ce n’était pas normal…» Chez les Morin, de génération en génération, le principal sujet de conversation, c’est plutôt le rendement des parcelles céréalières ou les soucis mécaniques des machines agricoles. Aujourd’hui, Michel arbore ce franc sourire qui semble ne jamais le quitter quand il explique : «Que je fasse du rallye, c’est très bien perçu. Forcément, quand t’as des résultats…» À ses côtés, Carol le concède également : «Avant de rencontrer Michel, je ne m’intéressais pas au sport auto. Mais il avait un rêve et il a eu l’opportunité de trouver une voiture. Surtout, pour lui c’était évident que je sois sa copilote !» À 27 ans, Carol l’infographiste et Michel l’agriculteur entrent donc en religion à bord d’une Golf GTI. Trois rallyes pour commencer et rapidement «on a réussi à faire du résultat avec notre petite voiture. Mais on ne s’est jamais posé de questions, nous n’avons jamais voulu brûler les étapes. Déjà, j’ai toujours voulu rouler dans une voiture qui me plaisait…»

Les montures se succèdent. Golf II, Golf III, Ford Cosworth, Mitsubishi et à nouveau Ford. Le couple, lui, enfile les succès comme d’autres les perles jusqu’à cette saison 2011 où il dispute 12 rallyes et signe 10 victoires aux scratch. Fièrement, Carol ajoute : «Nous avons été trois fois champions du Centre en 2009, 2011 et 2014.» Le palmarès va bien au-delà de ces lauriers régionaux. Michel et Carol, 43 ans et 3 enfants désormais, ont une solide réputation dans le milieu. Un site anglais spécialisé qui répertorie la moindre prestation sportive des pilotes détaille d’ailleurs leur parcours : 135 départs, 30 victoires au scratch pour 29 abandons. On vous fait grâce des succès de groupes… «On a même gagné tous les rallyes de la région (vidéo embarquée dans le rallye de l’Indre 2017). Il nous manquait juste celui de la vallée du Cher, mais on l’a remporté en 2017.»

Carol et Michel ont-ils un début d’explication à cette passion devenue moisson du succès ? Carol : «Je dirais qu’il y a une connexion entre nous. S’il avait joué au football ou chassé, jamais je ne l’aurais suivi comme ça tous les week-ends.» Michel rebondit : «On se complète, tout simplement.» Alors, pas la moindre ombre au tableau entre les deux tourtereaux ? «Ah si ! Lors des reconnaissances, il est chiant !» lâche Carol dans un éclat de rire. «Ça c’est vrai, admet Monsieur, mais on s’engueule bien plus à la maison que pendant les courses !» Après une belle saison 2017, travaux des champs obligent, Michel et Carol ont choisi de lever quelque peu le pied cette année. La perspective de la finale de la Coupe de France 2020 dans l’Indre attise toutefois leur convoitise.

Ils en seront, sinon les favoris, en tout cas les outsiders. Alors pour 2018, ils se contenteront de quatre ou cinq rallyes – dont le Saint-Émilion, mi-mai – avant de monter en puissance en 2019 pour engranger les points nécessaires pour s’aligner au départ de la Coupe de France. Et tout ça par passion. «En termes de budget, c’est vrai qu’on n’a jamais trop compté, reconnaît Michel. On a la chance de compter sur Patrice Gaultier, assureur Axa et Franck Chirault, un ami plus qu’un partenaire, qui nous suit depuis le début et nous offre les pneus. Et c’est moi qui m’occupe seul de ma voiture, avec le coup de main de copains.» Carol, elle, promène son œil avisé d’infographiste pour gérer la communication, la recherche de sponsors et le design de leur bête de course. Une histoire rondement menée. À deux, évidemment…

Tout pour la coupe de France


Ils s’en cachent à peine. Durant les deux années qui viennent, Carol et Michel Morin vont voir la pression s’alourdir peu à peu sur leurs épaules. La finale de la Coupe de France des rallyes revient dans l’Indre en 2020 et le couple bougeois entend y défendre ses chances sportives. Mais le pilote et son épouse figureront également au rang des organisateurs puisque l’ASA du Berry et l’Écurie Berrichonne auxquelles ils appartiennent seront partie prenante dans la manifestation. S’il a une petite idée des routes qui seront empruntées par les spéciales – mais no comment ! -, Michel reconnaît que le tracé, justement, est l’affaire de deux hommes : Joël Guérin le président de l’ASA du Berry, et Jean Blayon, chargés d’offrir un terrain de jeu à la hauteur de l’événement.

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