Cirque Bidon : On the road again
La troupe indrienne est en tournée le long de la Loire durant tout l’été

Pour sa nouvelle tournée estivale, le cirque Bidon va descendre la Loire. Au cœur de la troupe, François, sa figure tutélaire, prépare un retour en Italie en même temps que sa succession…
Pour l’état civil, il s’appelle Rauline. François Rauline. Mais parce qu’on l’identifie tellement au cirque qu’il a créé en 1976, il est devenu François Bidon. à 70 ans, le patriarche de la compagnie s’avoue volontiers fatigué. Mais pas lassé par la tournure des événements. « Le Cirque Bidon a eu 40 en 2016. On a mis du temps pour construire ça, mais on l’a mené où on voulait. Aujourd’hui, on se présente comme un spectacle théâtral. »
Un spectacle qui puise ses racines au cœur de la Vallée noire, à Vigoulant plus précisément, où François se pose chaque hiver. Là, il veille sur ses roulottes – une dizaine tirées par des chevaux, des tracteurs et un camion – et procède aux auditions pour renouveler la troupe. Dès que le printemps pointe le bout de son nez, l’heure du départ sonne. Il est alors temps d’entrer en résidence pour préparer la tournée d’été. Cette fois, c’est au château d’Ars que le Cirque Bidon est venu réviser ses gammes. Corentin le mime, Fred la chanteuse, Manon la dresseuse, Rachelle l’acrobate aérienne, Maël le funambule, les Diabolo Tchun Tchun pour l’ambiance musicale, des techniciens. Ils sont une quinzaine à composer la troupe qui s’est ébrouée fin mai pour rejoindre Blois, point de départ de la tournée après une générale à Ars. Au milieu, François, évidemment qui a repris la route avec une impatience communicative. Dans son ombre, il y a aussi Léo. Lui est arrivé au cirque Bidon à 17 ans. Il en a aujourd’hui 25 et François est en train de lui confier peu à peu les rênes.
« J’ai été clown, jongleur, metteur en scène. J’assurais le baratin, surtout. Aujourd’hui le cirque est soutenu par la DRAC et la Région, j’ai un bureau, des administratifs s’occupent de la compagnie et on anticipe les saisons avec un an d’avance. On a évolué. Je souhaite que l’aventure continue. C’est un défi. Alors l’avenir, c’est Léo qui prend peu à peu la place. » Troyen d’origine, Léo mesure l’honneur qui lui est fait. « François a commencé à me parler de sa succession avant qu’on parte en tournée en Italie l’an dernier. Reprendre derrière lui, évidemment, ça me plairait. Mais je ne sais pas si j’en serai capable. Parler chiffre d’affaires ou des choses comme ça, je ne sais pas faire ! »
« Il manquera une patte au cheval »

Léo, arrivé comme stagiaire et qui entre en piste comme diaboliste, jongleur ou contrebassiste, se sait en revanche face à un immense héritage. « Mais je n’ai pas de crainte. Je ne réfléchis pas. On le sait tous, le jour où François ne sera plus là, il manquera une patte au cheval, mais le plus important, c’est que j’ai hâte de repartir en tournée ! » avouait-il fin mai à quelques jours de la fin des répétitions. Le cirque Bidon est donc reparti pour un tour début juin et il reviendra dans l’Indre courant septembre pour des spectacles au Moulin d’Angibault, à Vaudouan et Aigurande. C’est François qui a préparé le périple. Pas une mince affaire car le convoi des roulottes impose les chemins de traverse.
François : « On prend les routes les plus tranquilles (vidéo), mais ça reste une aventure. On dénote un peu, mais quand on arrive dans une ville, ça fait notre pub. » Parfois, l’inquiétude s’empare des maires, apeurés par le drôle de cortège. Comme à Angers où le cirque ne sera pas le bienvenu. François Bidon a la parade : « Sur notre programme de tournée, on remplace ça par « étape surprise ». » Et c’est ainsi que la compagnie poursuit sa route, au gré des vents et de la météo, contraintes face auxquelles le Cirque Bidon s’accommode dans la bonne humeur depuis plus de quarante ans !
L’Italie au cœur

« Bulle de Rêve » jouée pour la deuxième année consécutive réservera bien des surprises aux spectateurs. Mais la descente de Loire, de Blois au Cellier (44), n’empêche pas François Bidon d’anticiper 2018 et un nouveau voyage en Italie. « Là-bas nous sommes très demandés. Complet, le cirque accueille 300 personnes. L’année dernière on a fait des représentations à 700 personnes ! » s’émerveille le patriarche en se remémorant l’incroyable tournée transalpine de l’été 2016. « La tournée 2018 nous mènera de l’Adriatique jusqu’à Rimini par Ravenne et même le centre-ville de Bologne ! Ça durera trois mois et on va y retrouver les copains. L’Italie, j’y ai quand même voyagé et travaillé plus de 20 ans avant de rentrer en 2003. »
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