De l’importance du départ

par Nicolas Tavarès

Le championnat de France de rallycross est de retour aux Tourneix les 21 et 22 juin

Châteauroux et le rallycross, c’est une vieille histoire où les organisateurs et le public local se tournent autour depuis leur première rencontre. Les 21 et 22 juin, le circuit des Tourneix recevra pour la 22e fois le gratin de la discipline et ce championnat de France qui rassemble 130 pilotes répartis en six catégories, de féminines à Supercars. Daniel Bionnier, promoteur de la discipline avec le regretté Jacques Brisse, se souvient évidemment des dates importantes : «2002 et la Coupe en guise de test ; 2003, la première édition du championnat à Châteauroux…» Le président de l’Écurie Terre du Berry récemment reconduit pour un ultime mandat de quatre ans, garde également en mémoire des chiffres et pas mal d’anecdotes qui font penser que les premiers pas du bébé furent plus qu’hésitants. Rome ne s’est pas faite en un jour ; il en a été de même pour le rallycross aux Tourneix.

Être fou ou inconscient

«Il fallait être fou pour organiser une manche du championnat de France à Châteauroux, dit-il aujourd’hui. Je ne regrette pas, je suis même fier de ce qu’on a réalisé, mais je ne pense pas que je prendrais les choses de la même manière si c’était à refaire. Il fallait vraiment être inconscient!» Plus de vingt ans ont passé, il y a maintenant prescription sur certains secrets de fabrique qui ont accompagné l’arrivée du rallycross dans l’Indre : «À l’époque, j’avais engagé la somme de 85000€ alors qu’on avait seulement 6000€ de budget. On comptait sur les partenaires, les entrées spectateurs et les subventions des collectivités pour tout remettre à plat après la manche. J’étais également allé voir le nouvel adjoint aux sports à la mairie, Francis Mory.

Daniel Bionnier, promoteur du rallycross dans l’Indre et l’un de ses adjoints, Christophe Colin (à g.)

Il ne connaissait pas le rallycross, mais il m’a fait confiance. Il a présenté le dossier au maire, Jean-François Mayet. Il fallait construire le circuit, il y en avait pour 300000 €. J’avais mangé le budget et il y avait encore l’enrobé à poser. L’entrepreneur nous a fait l’avance et on l’a payé après l’épreuve. Je peux vous dire qu’il y a plus d’une nuit où je n’ai pas dormi.» Au final, les Tourneix se sont installés durablement dans le grand cirque et bon an, mal an, l’épreuve saint-mauroise reçoit environ 6000 spectateurs à chaque édition. C’est dix fois moins que l’affluence de la manche de Lohéac, petite commune de…700 habitants au coeur de l’Ille-et-Vilaine. «Mais Lohéac, c’est le temple du rallycross, on ne peut pas comparer ça avec nous.»

Trois hectares de paddock

Reste que les évolutions récentes de la discipline et la taille des infrastructures que déplacent les pilotes au gré des manches du championnat finiront par imposer aux organisateurs de repousser encore un peu les murs des Tourneix. «Il faut aller de l’avant. Le paddock couvre à lui seul 3 hectares, mais je ne suis pas inquiet pour l’avenir» souffle Daniel Bionnier. Christophe Colin, l’un de ses adjoints, gère justement le paddock. Ça se fait au mètre près : «On a des plans du paddock préparés pour la saison par un des responsables du championnat. Les pilotes font également le leur. Ma problématique c’est de faire quelque chose d’harmonieux comme ces îlots par niveau, par exemple.» Ce que ne précise pas Christophe, c’est que le public peut déambuler dans les allées, et qu’il gère également les 500 VIP. Donc tout doit être rangé au cordeau.

«Le rallycross, c’est spectaculaire, un vrai show, reprend Daniel Bionnier. Il y a une centaine de courses par week-end. Le spectacle se fait au moment du départ et au premier virage.» Ça ne vous rappelle rien? «Montez le volume, et rendez-vous au premier virage.» C’est la phrase signature de Julien Fébreau, la voix de la Formule 1 sur Canal Plus. Il se trouve que le journaliste est un habitué du championnat de France. Du moins quand les Grand Prix lui en laissent l’occasion. À Lessay (vidéo), pour l’ouverture de la saison, il s’est classé 3e. En 2022 il bouclait le championnat au 5e rang en Supercars.

L’annonce de sa présence booste la fréquentation des manches. D’autant plus que Julien Fébreau a un certain charisme. Daniel Bionnier : «Il nous a confirmé sa présence. Il prend de plus en plus de notoriété, mais il va au contact des gens. Jamais il ne reste caché au fond de sa structure. En plus il a le niveau pour aspirer à la victoire en Supercars. L’an dernier, nous avions mis en place une opération avec des mal-voyants. J’attends qu’il me dise s’il accepte d’en être le parrain.» Le président de l’ETB brûle d’une passion folle pour le rallycross. Mais il a conscience que le public local n’est pas forcément le plus assidu aux Tourneix les week-ends de championnat. Et si cela s’inversait cette année ?

Rallycross de Châteauroux
21 et 22 juin
circuit des Tourneix
FB : Rallycross de Châteauroux

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