Feu! Chatterton,
ces dandys dadas dont on est gaga !

Feu! Chatterton a ouvert les concerts du Festival Darc de Châteauroux, précédé d’une première partie assurée par Foolish King. Avant leur entrée en scène, Carré Barré les a rencontrés en coulisses…

Feu ! Chatterton776Est-il encore utile de présenter les enragés lyriques de Feu ! Chatterton, conteurs modernes à l’univers fantasmatique qui exportent leur sauvage élégance à la scène comme en studio. Leurs rêveries sombres ou sensuelles toutes en tension et en fragilité, à la poésie narrative passionnée, participe de notre alacrité quotidienne à la rédaction depuis un an. Leurs musiques envoûtantes et leurs textes sont une séduction lente comme une douce torture dont on redemande encore et encore… Rencontre avec Clément (guitare, charango et clavier), l’un des cinq sympathiques parisiens qui composent ce groupe actuel à l’ascension fulgurante et à l’exigence haut de gamme.

• Clément, tu es guitariste et clavier au sein des Feu! Chatterton. J’imagine que vous avez dû vivre nombre d’aventures. Quels sont tes souvenirs les plus forts dans la vie du groupe ?

Clément : « Il nous est arrivé tellement de choses depuis deux ans et demi, depuis que la sauce est en train de prendre avec le groupe. Il y a évidemment des souvenirs encore plus vieux, de notre rencontre avec Arthur au lycée par exemple, avec les autres musiciens, des choses assez fortes qui datent d’il y a cinq, six ans. Mais concernant la vie de Feu! Chatterton, je repense notamment aux Inouïs du Printemps de Bourges en avril 2014, un tremplin énorme pour nous et en fait notre premier gros festival. Avant ça il y avait eu le Chantier des Franco (NDLR, le Off des Francofolies de La Rochelle). Encore avant, nos toutes premières dates en province c’était les Bars en Transe à Rennes (ndlr : le off des Transmusicales).

Interview Feu ! Chatterton0Parmi ces mille souvenirs, il me vient en tête aussi le premier EP qu’on a fait à Paris, le deuxième qu’on a réalisé en banlieue parisienne, le troisième qu’on a fait en Suède.
Les 6 Trianons en 6 mois – tous complets !- je crois que c’est un beau souvenir aussi ça ! Des rendez-vous extraordinaires à chaque fois, devant un public différent pour chacune de ces dates.

Cet été, il y a eu le festival des Francofolies de la Rochelle, cette fois en in. C’était dingue aussi cette année, ou encore celui du Bout du Monde à Crozon (dans le Finistère, en Bretagne) qui était extraordinaire. Un concert à 17h, un autre à 23h, et pour ce dernier ça a été simplement de la folie, on n’avait jamais vu ça. Un des meilleurs concerts de la tournée. Et puis on verra ce soir (le mardi 9 août, à Darc), ce sera peut-être un des souvenirs marquants de nos aventures ! »

• Vous êtes cinq musiciens, venant de cinq mondes ultra éclectiques, autant par vos influences que vos caractères. Comment vivez-vous cette aventure humaine et professionnelle ?

« On se tape dessus bien sûr ! Non, plus sérieusement on essaie de se convaincre constamment les uns les autres, de faire passer des émotions qui nous semblent sonner justes aux autres membres, qui n’ont pas forcément les mêmes influences, les mêmes sensibilités. Antoine, par exemple, a des influences plus électroniques, et est arrivé plus tard dans le groupe ; alors qu’avec Sébastien on était très rock anglo-saxon, plus axés guitares. On connaissait très mal cet univers des claviers, qui marquent aujourd’hui très fortement notre patte. On s’y est mis à fond.
Raphaël, le batteur, est aussi très influencé par le jazz, par les musiques africaines, les percussions ; Arthur (le chanteur) beaucoup plus par la chanson française et donc par un certain type d’arrangement (Gainsbourg est son influence notoire, avec une carrière remplie de disques très différents les uns des autres). On a tous ce truc un peu différent, qui fait la richesse du groupe. On discute beaucoup, les choix sont souvent assez longs à faire, mais on ose penser que s’ils sont largement débattus, au final ce sont les bons.

La création de ‘Cote Concorde’ par exemple est particulière : Arthur a entendu les effets de guitare ‘maritimes’ qu’on était en train de travailler et réfléchissait à cette histoire du naufrage du Costa Concordia, qui reflète un certain aspect de la société de consommation, ces classes moyennes qui se retrouvent dans des bateaux de pacotille ; ça se passe un vendredi 13, la France perd son triple A, et il y a ce mood politique complexe avec aussi l’histoire de Strauss-Kahn qui vient se rajouter à la nébuleuse… C’est un bel accident, entre ces effets de guitare et cette envie de parler de cette affaire. Chacune de nos chansons est un peu une sorte d’accident heureux de ce genre. »

• Où en est le clip de notre chouchou à la rédaction, Bic Medium ?

« Ah ! Voilà notre serpent de mer… le truc dont on parle tout le temps et qui n’arrive jamais ! J’espère qu’un jour on arrivera à le faire. Pour l’instant ça n’a pas commencé, car on n’a pas encore trouvé le bon réalisateur, ni le bon timing : on a sorti l’EP en avril 2015, on s’est retrouvé juste après avec notre sortie d’album en octobre, puis notre tournée s’est enchaînée derrière tout ça. »

• En parlant de la sortie de votre premier album, peux-tu nous en dire un peu plus sur votre deuxième album actuellement en préparation ?

« Le concept pour ce second opus, c’est de raconter une histoire plus linéaire, tout comme Bic Medium qui s’insère dans une continuité de quatre chansons qui racontent une histoire sur le long cours. On s’y attèle et c’est un travail de longue haleine. On a réussi à se libérer du temps en avril, mai et juin, au sein de cette année très riche en événements, pour aller en studio, jouer, répéter et écrire, et on a pas mal de matière. Maintenant il faut qu’on continue à créer et à organiser tous ces éléments qu’on a construits. On espère qu’il sortira pour 2017. »

Pour nous, rendez-vous est pris !

https://youtu.be/TjtHwwbUC_Q

https://youtu.be/wiMeWLX0gcM

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