Le RACC goûte au Top 14
par Nicolas TavaresLe Racing 92 et le Stade Français Paris seront à Gaston-Petit le 23 août.
Laissez un espace dans la défense, il n’en faut pas plus pour qu’un rugbyman s’y engouffre et file à l’essai. Non, le Rugby Athlétique Club Castelroussin n’a pas profité des faiblesses de la Berrichonne football pour l’éjecter du stade Gaston-Petit et y prendre sa place. Mais le 23 août, à l’initiative du club de rugby castelroussin, le football va s’effacer et c’est rien moins que le Top 14 qui va s’inviter sur l’hybride du Municipal. « L’excitant là-dedans, c’est que nous allons nous confronter à une organisation hors norme, mais nous avons un savoir-faire. L’un des axes du club, c’est l’événementiel. En un an, nous avons reçu une douzaine de phases finales. Disons que ce match Stade Français Paris-Racing 92 sera le premier jalon d’une longue série » entend-on du côté du stade des Chevaliers.
Une longue série
Ce fameux 23 août, le Racing92 et le Stade Français seront à quinze jours de l’ouverture du championnat et viendront donc chercher des réponses au coeur de l’Indre. L’affiche fait évidemment saliver les passionnés d’ovale. Mais pour bien comprendre comment Châteauroux en est arrivé là, il faut remonter le temps et s’arrêter deux ans en arrière quand la nouvelle équipe dirigeante s’est mise en place.

De l’aveu même du jeune président Nicolas Bandaly et de son équipe, le club rouge et blanc avait été repris en piteux état. La partie visible de l’iceberg en atteste : son niveau sportif (Régionale 1) est aujourd’hui très éloigné de son lustre d’antan, quand le RACC joutait en Fédérale 2. Au stade des Chevaliers, nul ne cache
que le chantier de la reconstruction sera long. Mais ceux qui président aux destinés du club semblent faits d’un acier bien trempé ; surtout, ils entendent bâtir durablement. Voilà sans doute pourquoi le 18 juin dernier, lors de la soirée des partenaires, Nicolas Bandaly, plein d’assurance, a cornaqué un groupé pénétrant où Denis Benard, le trésorier, Frédéric Prot, en charge du sponsoring, et Jean-Michel Roualdès, responsable de l’école de rugby, n’ont pas été les moins déterminants. Ce soir-là, les quatre ont donc lancé leur appel du 18 juin devant un parterre de soutiens privés. Il fut longuement question du projet global fixé à l’horizon 2029. Les têtes pensantes du RACC dévoilèrent les arguments
synonymes d’un prochain retour en grâce.
Mais au final puisque c’est du pré que viendra la vérité, Nicolas Bandaly n’a pas mis tous ses oeufs dans le même panier et a activé d’autres leviers. Adossé à un partenariat signé l’an dernier avec le Stade Français pour des échanges entre jeunes catégories des deux clubs, il a vu plus loin, encouragé par Gil Avérous, maire de Châteauroux, qui lança à quelques dirigeants des Soldats roses : « Alors, ils viennent quand vos pros ? » En août 2025 a finalement répondu l’écho.

Lignes et poteaux
« La première difficulté concernait la transformation technique du stade Gaston-Petit », se souvient Frédéric Prot. Aucun poteau de rugby ne patientait sagement dans les réserves du stade municipal. On ne parle même pas des lignes qu’il fallait mettre aux dimensions d’un terrain de rugby pour être en conformité. Mais tout ceci s’inscrivait dans le travail de l’ombre et les services techniques de la ville se sont mis en quatre pour régler les détails. Les dirigeants du RACC ont alors pu s’atteler à la tâche pour préparer ce rendez-vous qui s’annonce capital. Frédéric Prot l’a pris comme un challenge à sa mesure, lui qui a la charge des hospitalités. « La partie festive est calée, il y aura même une bodega accessible aux possesseurs de billets. » Pour le club, ce match de gala promis au succès public doit participer au retour en grâce des rugbymen rouge et blanc.
« La difficulté ? Transformer Gaston-Petit pour le rugby… » Frédéric Prot
Mais pas que. Il y a les à-côté qui doivent faire de ce 23 août un jour mémorable pour le ballon ovale dans l’Indre. Ainsi Nicolas Bandaly, au fait de l’histoire du rugby et de celle du Racing en particulier s’est souvenu qu’Yves du Manoir, joueur ciel et blanc du début du XXe siècle, avait perdu la vie dans un accident d’avion à Reuilly en 1928 à l’âge de 23 ans. Le matin de leur venue à Châteauroux, les joueurs des deux équipes iront donc tous se recueillir sur la stèle érigée à la mémoire de l’ouvreur international dans le petit cimetière reuillois. Les dirigeants du RACC parlaient d’une organisation hors norme. Il y a de ça. Ils évoquaient également un premier jalon pour l’avenir. La suite, Nicolas Bandaly la verrait bien en bleu. Il y a quelques mois, le RACC avait en effet été sollicité pour accueillir un France-Angleterre féminin. L’affaire n’avait pu se réaliser faute de temps. Le club ne laissera pas passer le train de gala une seconde fois.
Un maillot de l’équipe de France U20, par exemple, serait du plus bel effet dans la collection de tuniques accrochées aux murs du club house des Chevaliers.
Location des places : www.chateauroux-metropole.fr
FB : RACC