Le Son Continu pousse les murs

Une scène plus vaste et plus de confort pour les festivaliers

par Nicolas Tavarès

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Dans un mois, le Son Continu retrouve le château d’Ars pour une édition revisitée. Plus grande mais toujours aussi trad et raisonnée !

Le mois de juillet, si loin, si près. Pour les organisateurs du Son Continu, le 11 juillet c’est déjà demain. Et pour toi, lecteur de Carré Barré, te plonger dans le coup de coeur de ce numéro, c’est l’occasion de cocher d’une croix rouge la date dans ton agenda ! D’autant que pour cette sixième édition, le président François Rivière et tous les bénévoles qui vont oeuvrer dans l’ombre ont décidé de voir plus grand. La scène de la Pommeraie s’étend en effet et une nouvelle scène dédiée aux musiques actuelles, mais d’inspiration traditionnelle, va voir le jour dans la cour du château. N’allez pourtant pas y voir une folie des grandeurs, loin de là. Certes, les chiffres du Son Continu depuis sa première édition en 2014 parlent d’eux-mêmes : 7 groupes conviés à l’époque contre une vingtaine aujourd’hui. 17 000 festivaliers en 2018 quand ils étaient un peu moins de 7000 pour essuyer les plâtres. Face à cette poussée de croissance, les organisateurs ont donc travaillé tout l’hiver «pour réadapter le festival et offrir plus de confort aux festivaliers alors que la capacité d’accueil, notamment la cour du château d’Ars du fait de ses douves, n’a pas augmenté» dévoile Vincent Durand, chargé de communication du Son Continu.

C’est que le rassemblement des instruments et musiques populaires veut s’adapter à un maximum de publics, aussi. «Nous avons toujours voulu un festival accessible à tous, mais en retrouvant ce public local que nous avions un peu perdu. Cela fait cinq ans que cela marche bien, mais c’est parce que nous avons une croissance contrôlée» insiste Vincent Durand. Il y en aura donc pour tous les goûts. Pour les amateurs de concerts qui seront à la fête chaque soir de 21h à minuit dans la clairière; ceux qui profitent du Son Continu pour lâcher prise dans les bals désormais partagés entre deux sites jusqu’à une heure avancée de la nuit; les luthiers et leurs aficionados, enfin, qui auront le parc pour eux tout au long de la journée.

Lâcher prise dans les bals

Ce souci d’ouverture, on le retrouve évidemment dans la programmation des concerts (voir ci-dessous). Sa composition incombe généralement à Étienne Pinoteau, Jacques Guyard et, depuis cette année, à Raphaël Bellet, chacun avançant son expertise stylistique. «Jacques, c’est un peu la « case  Guinness » pour l’Irlande et l’Écosse, détaille Raphaël Bellet. Étienne, c’est plus le trad actuel et moi, qui en écoute beaucoup, je viens greffer autre chose, mais en m’attachant à trouver des groupes qui correspondent au festival. C’était une volonté de l’association de sortir du trad pur et dur, et sans s’en écarter malgré tout.» Pas simple, mais Raphaël qui vient d’intégrer l’équipe se montre satisfait de l’homogénéité de la programmation. Celui qui officie le reste de l’année en qualité de régisseur du théâtre Maurice-Sand évoque également l’effort porté sur les bals : «Là encore, nous voulions tenter autre chose et ne pas rester sur le triptyque violon, cornemuse, accordéon. Il faut suivre l’air du temps en ne restant pas bloqué dans le passé et en faisant en sorte que tout le monde y trouve son compte.» Une douce alchimie que François Rivière et toute l’équipe du festival Le Son Continu ont tenu à opérer tranquillement depuis 2014, à la fois pour se détacher de la filiation avec Saint-Chartier, surtout pour renouer avec les gens du cru. Une volonté affichée. Et vous verrez qu’à partir du 11 juillet prochain, le résultat sera une fois encore très parlant.

Le Son Continu du 11 au 14 juillet
Prog, infos, billetterie sur www.lesoncontinu.fr

Quand le trad met des watts


C’est par touches chirurgicales que les programmateurs du festival ont décidé de procéder pour attirer un nouveau public. Certes la musique traditionnelle aura plus que jamais droit de cité au château d’Ars, mais la grande scène fera une place plus grande aux musiques actuelles, «pour suivre l’air du temps, détaille Raphaël Bellet. Nous allons proposer une musique aux influences plus larges.» À ce petit jeu, les Néerlandais de Amsterdam Klezmer Band devraient frapper un grand coup dès l’ouverture du Son Continu. «Ils proposent des sonorités modernes avec beaucoup de cuivres. Ce peut être le coup de coeur des festivaliers parce que c’est très festif…» Le 12 juillet, Electrik Gem et Guilhem Desq se glisseront eux aussi dans cette programmation résolument moderne tout en restant dans l’esprit du trad. Une greffe musicale osée, mais une greffe calculée!

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