Un Rallye de l’Indre survolté

par Nicolas Tavarès

Avec Alpine, il va y avoir de l’électricité dans l’air autour de Buzançais les 8 et 9 novembre

Le compte-à-rebours a démarré le 10 novembre 2024. Le Rallye de l’Indre venait de s’achever sur la victoire de Jordan Berfa au volant de sa Hyundai. À peine le parc fermé de Valençay disparaissait-il du paysage que l’Écurie Berrichonne portait son regard vers Buzançais, point névralgique de la course des 8 et 9 novembre prochains. Dans l’ombre, pendant onze mois, les organisateurs ont planché et c’est le 8 octobre dernier, à Châteauroux, qu’ils sont revenus dans la lumière pour présenter l’édition 2025 à tous les partenaires, notamment, et les maires des communes traversées par le rallye. Cette soirée est devenue une sorte de prologue du Rallye de l’Indre : un voile qui se lève sur les temps forts à venir ; une plongée dans les coulisses d’une épreuve qui ferme la saison en empruntant les routes buzancéennes et signifie pour l’Écurie Berrichonne, le début d’un cycle porté par un nouveau président.

D’un président à l’autre

Cheville ouvrière de la dernière manche du championnat de France de 2e division pendant de nombreuses années, Franck Michaud a passé la main au coeur de l’hiver dernier. Le besoin de souffler se faisait ressentir. Florent Gérôme connaissait l’importance de la charge présidentielle ; il a pourtant consenti à assumer la succession. À 42 ans, ce chef de projet dans une grosse entreprise castelroussine figurait depuis quelques années déjà dans le comité d’organisation du rallye, gérant avec son épouse Vinciane, le road book, l’accueil des partenaires ou l’espace VIP pour y mettre les invités en immersion totale dans l’épreuve.

Il arrive avec pas mal d’idées, mais concernant le Rallye 2025, Florent concède d’emblée qu’il «sera dans la continuité. Franck gérait beaucoup, beaucoup de choses donc ce sera une belle réussite si nous faisons aussi bien que lui. Il nous épaule encore, mais il avait besoin de couper. Pour le reste, je n’ai pas envie de dire qu’il y aura des changements : ce que faisait Franck était très bien. On n’est pas dans une histoire où l’on va essayer de tout renouveler. On va déjà tenter de faire perdurer le rallye au niveau où il est actuellement. C’est le challenge des prochaines années.»

Néanmoins, le Rallye de l’Indre « édition Buzançais » va subir un léger lifting qui va bouleverser certaines habitudes. L’épreuve se déroulait généralement en période de vacances scolaires. Pas cette fois. La place où est installé le parc fermé étant réservée aux transports scolaires, l’Écurie Berrichonne a donc dû mettre une croix sur les spéciales du vendredi pour basculer sur deux journées pleines les samedi et dimanche. «Ce format du samedi et dimanche, on ne le voit plus beaucoup sur les rallyes. Et il y aura bien une nocturne le samedi pour les deux dernières spéciales parce que c’est important pour le spectacle. En tout cas c’est ce qui fait basculer le public» admet Florent Gérôme.

Alpine débarque

C’est donc la spéciale Heugnes-Villegouin (ES 1, 3, 5) qui devrait faire le bonheur des aficionados. «C’est la plus compliquée, rappelle Jean Blayon, qui trace le parcours depuis une quinzaine d’années. Elle est très variée, avec du tracé rapide, des passages techniques, un peu de dénivellation. Ce n’est pas facile de se renouveler dans le nord de l’Indre, on est obligé de tourner sur les mêmes routes. Du coup, c’est difficile de dénicher une surprise.» Mais Buzançais est bien au centre des débats et Patrick Brunerie, responsable du parc fermé, sait qu’il aura lui aussi un rôle à jouer pour que le spectacle soit complet : «Nous accueillons et rangeons les voitures pour qu’elles soient bien alignées. Dans l’ensemble, les spectateurs sont assez disciplinés, mais nous veillons à la non intrusion du public puisque toute intervention sur les voitures est interdite.»

Il a conscience qu’il y aura du pain sur la planche car certains bolides vont être scrutés de près. C’est en effet la petite surprise du chef : «Pour la première fois en France, des voitures 100% électriques vont faire la course en même temps que les véhicules thermiques. Alpine alignera des A290 et cela devrait générer une vraie bagarre entre véhicules thermiques et électriques. C’est la première fois qu’un constructeur vient sur le Rallye de l’Indre et que les voitures vont disputer l’intégralité de la course.»

Le format de l’épreuve indrienne, en 2e division donc, convient en effet parfaitement aux montures électriques à la différence du championnat de France de 1re division où le manque d’autonomie les oblige à ne disputer qu’une spéciale sur deux. Buzançais sera donc un rendez-vous branché. Cela ressemblerait bien au premier fait d’arme présidentiel de Florent Gérôme. Et dire que ce n’était même pas prémédité !

 

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