Lucette artiste à fleur de peau
La Castelroussine met ses dessins et son univers au service du tatoo

L’art du tatouage est un monde fermé. Mais il va ouvrir ses portes à l’inspiration artistique de Lucette, Castelroussine de 25 ans.

Les voies de l’humilité sont parfois impénétrables. Elles vous pousseront à rester cachée derrière une loupe, filtre supplémentaire entre le sujet et l’objectif. Ou à vous réfugier derrière un surnom qui remonte à l’enfance. « Lucette ? On m’a toujours appelée comme ça. » Va pour Lucette donc, que les adeptes du tatouage peuvent croiser à l’Atelier D, mais que d’autres découvrent aide à domicile pour Familles Rurales. Un doux mélange des genres entre lesquels Lucette, 25 ans, trouve pourtant un lien. La jeune castelroussine fait du dessin une passion, mais c’est dans l’art-thérapie qu’elle a puisé matière à inspiration.
Le cheminement artistique a pourtant été long à se dessiner. « J’ai fait un Bac S à Jean-Giraudoux. Je n’étais pas excessivement motivée. Je suivais également des cours du soir en dessin d’observation avec Virginie Mathé et des cours d’histoire de l’art avec Corinne Domer. J’ai toujours aimé faire du dessin. J’ai intégré la classe préparatoire au collège Marcel-Duchamps, année à l’issue de laquelle je n’ai pas obtenu de suite mes concours d’entrée en école supérieure d’art. C’était un véritable bouillon de culture, une année enrichissante. »
Une première exposition pour la Tournée Générale
L’humour et l’absurde formeront la base des dessins présentés par Lucette lors de sa première exposition. « Bérenger Trompesance, des Comptoirs Sonores, m’a contactée pour présenter mes dessins pour la Tournée Générale. Il pensait que mon univers pourrait fonctionner avec l’esprit de la manifestation. » Le grand public, qui ne la connaît pas encore, aura alors tout loisir de découvrir « une espèce de bouillabaisse poético-humoristique comme la vie » s’amuse la jeune artiste à propos de ses œuvres. Lucette entend dévoiler une production spécialement préparée pour l’événement, sur du grand format lié à l’échelle 1 du corps humain. En revanche, pas question de performance artistique en direct. Un choix qui s’impose au regard du format de la Tournée Générale et son itinérance. Vous pourrez retrouver les dessins de Lucette à la Dernière Séance à partir du 25 mars…
On retrouve finalement Lucette à l’école supérieure des arts de Limoges. Trois ans dans « une école du concept mais pas du savoir-faire ! L’intérêt, c’est que l’artisanat d’art y était valorisé. » Sortie diplômée avec mention spéciale pour la mise en espace des œuvres, elle réalise alors beaucoup de dessins et de performances avec des danseurs professionnels. Le corps comme matériau, déjà… Car la suite du parcours de Lucette va la mener dans les pas de son futur mari, grand amateur de tatouages. « Il était client de l’Atelier D. On a passé pas mal de temps avec Denis. » Son premier tatouage laisse son empreinte il y a 7 ans. Une quinzaine ont suivi : tous dissimulés aux regards étrangers : « Tous avec une signification particulière. Ils ont beaucoup de sens ce qui ne veut pas dire qu’ils sont sérieux ou pompeux ! »
Pas la gueule de l’emploi
Aujourd’hui, la phase d’apprentissage s’achève. Prête à se lancer en solo au salon castelroussin, Lucette souhaite « passer d’un style à l’autre avec aisance. Nous sommes des révélateurs pour que le projet des gens s’exprime. Dans l’art-thérapie, tu es là pour mettre en place une activité en lien avec le souci de la personne. Dans le tatouage, il faut répondre avant tout à son projet. » évoluant dans un univers poético-humoristique, Lucette veut maintenant se consacrer à 200% au tatouage. « Tant que Denis ne me vire pas, j’espère bien le saouler encore longtemps ! Il m’a aidée à comprendre que le tatouage était ce que je voulais faire et pourtant je n’ai pas la gueule de l’emploi. C’en devient obsédant. Mais le tatoo a été une révélation. C’est mon truc. Tu oscilles constamment entre artisanat d’art et l’art. » Où Lucette peut se réfugier derrière sa main qui trace tours et contours…
Le tatouage par adoubement

© Agence Com’Bawa
Apprentie à l’Atelier D, Lucette en convient : « Jamais je ne m’étais dit que je pourrais intégrer le monde du tatouage. Je travaillais simplement sur les projets de mon mari. Un jour, Denis, qui voyait que je dessinais, m’a lancé l’idée… »
« Lucette m’observe depuis 2 ans maintenant », explique le patron du shop castelroussin. Pour lui, le temps est venu de l’adouber. « Elle est dans sa troisième année, elle va passer à la vitesse supérieure. Elle a une énorme capacité d’écoute ; c’est important dans notre art afin de faire ressortir ce que les gens veulent, tout en restant ce qu’elle est. Trois ans d’apprentissage, ça peut paraître long, mais le tatouage ne s’apprend pas en se payant une formation de trois mois ! »
Facebook : Lucette Tatoue Bleu