À vos livres va vous retourner !

28e édition de l’incontournable salon du livre jeunesse à Issoudun

par Nicolas Tavarès

Fin janvier, la médiathèque Albert-Camus ouvre grand ses portes à la littérature jeunesse. C’est « À vos livres » et cela dure depuis 1993.

La littérature jeunesse se porte bien. Très bien même. Pour s’en convaincre, pas besoin d’aller se promener dans les allées du Salon du Livre Jeunesse de Montreuil, l’incontournable Grand Messe de novembre où le monde de l’édition et les auteurs du genre se pressent. Non, pour vérifier que le secteur du livre jeunesse est un marché porteur – le premier (avec la BD) en terme de croissance -, un détour par le Centre culturel Albert-Camus d’Issoudun suffira.

Lancé en 1993 dans la sous-préfecture indrienne, sur la volonté et le choix d’André Laignel, le maire, « À vos Livres, le salon du livre jeunesse d’Issoudun » s’est solidement ancré dans le paysage régional. «C’est un très beau salon jeunesse et surtout construit intelligemment puisque axé sur les interventions en milieu scolaire» résume Denis Moreau, l’un des trois libraires partenaires du rendez-vous (lire par ailleurs). Un axe fort, donc, que détaille Caroline Foucault, en charge des animations scolaires justement : «Cela fait partie du cahier des charges des illustrateurs invités au salon. Ils sont présents quatre jours, mais le jeudi et le vendredi sont dédiés à la rencontre dans les écoles.» Un rendez-vous immuable dont profitent les jeunes élèves (de la maternelle aux classes de sixième) scolarisés dans la ville et dans la Communauté de communes du Pays d’Issoudun. «Le rythme de croisière est trouvé depuis longtemps, estime Caroline Foucault. C’est un rendez-vous qui se prépare neuf mois en amont avec la prise de contact avec les auteurs.»

Les auteurs dans les écoles

Les illustrateurs, onze cette année, ne sont donc pas pris au dépourvu et se font même une joie de dévoiler quelques-uns de leurs secrets de fabrication. Toutefois, « À vos livres » ne s’arrête pas à cette seule rencontre en milieu scolaire. La force du salon, c’est en effet sa capacité à se renouveler chaque année en s’appuyant sur un fil rouge. Cette mise en musique, on la doit à Anne-Marie L’Hour-Chambenoit (coordination), Caroline Foucault et Nicolas Popovic, les maîtres d’œuvre de « À vos livres ». Pour cette 28e édition, ils ont décidé d’inciter le public à faire de l’exercice. Oui, la littérature jeunesse mène à tout, à condition de savoir sortir le nez des pages. Une exposition – « Bouge ton Corps », prêtée par le département du Nord -, et un intitulé « De la tête aux pieds » laissent peu de place au doute : « À vos livres » va retourner ses visiteurs. Au sens propre.

«Nous avons choisi une thématique en vogue : la motricité et bien évidemment la lecture sous toutes ses formes.» Couplée à une unité de lieu (la médiathèque), la thématique 2020 ouvre en grand le domaine des possibles. Voilà comment Issoudun et son centre culturel deviennent une sorte de cocon propice à l’évasion en bulles, en contes, en ateliers (reliure, créatif, jonglage, coloriage), en chorégraphie (Compagnie Kokeshi, le samedi 1er février) ou en concert (Henri Godon, le dimanche 2). Jusqu’au 21 décembre dernier, les usagers de la médiathèque et les scolaires étaient même conviés à voter pour élire le futur Prix « À vos livres ». Qui succédera à Clémence Pollet (« Animal Totem ») ? Réponse le samedi 1er février à 15h précises. Mais avant cela, il s’en sera passé de belles. Allez, pour finir, Carré Barré vous dévoile un petit secret : la 29e édition est déjà lancée pour 2021. C’est dire le sérieux avec lequel les organisateurs appréhendent le salon d’Issoudun.

À vos Livres
du 30 janvier au 2 février à Issoudun
Facebook : AVL2020

 

« Là pour mettre les auteurs en avant »


Denis Moreau, à sa manière, est un vétéran de « À vos livres ». Au palmarès de Librairix, l’un des libraires du salon (avec « Sur les chemins du Livre » et « Les pages du donjon ») figurent une quinzaine de participations. «Et mon prédécesseur était déjà là pour la première édition ! C’est un incontournable des salons dans lequel Librairix n’est pas là juste pour vendre. Les organisateurs nous associent à des auteurs (ndlr, cette année Martin Desbat, Marion Duval, Elise Fontenaille et Boris Sabatier) que je contacte début janvier afin de savoir quel ouvrage ils souhaitent mettre en avant. Pendant le salon, j’apporte du conseil au public en fonction des envies de lecture, de la tranche d’âge. Et comme les auteurs sont allés dans les écoles, les dédicaces sont une suite à la rencontre. Les enfants incitent leurs parents à venir…»

 

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