C’est la poule qui fait l’œuf

La poule noire du Berry, c’est votre amie éco-responsable…

par Nicolas Tavarès

Châteauroux Métropole propose une solution alternative à la réduction de déchets organiques : recevoir deux poules noires du Berry en pension !

Si tu habites l’agglomération castelroussine, que tu as un jardin et que tu n’as pas encore tes poules noires du Berry, tu n’es pas loin d’avoir raté ta transition éco-responsable ! On plaisante, mais saluons l’opération de Châteauroux Métropole qui est en train de boucler sa troisième campagne « Des poules pour moins de déchets ». Une double bonne action qui permet de participer à la sauvegarde d’une espèce qui était encore menacée à la fin du XXe siècle et qui vous permet d’apporter votre écot à la destruction des déchets organiques. Crète sur la tête du gallinacé, vous fendre des 15 € nécessaires à la remise d’un couple de poules noires du Berry vous rapportera en échange une moyenne de 150 à 200 œufs par an. Alors qu’attendez-vous pour sauter le pas ? Des précisions peut-être.

 

Simon Policante, directeur du service Espaces verts, Propreté Déchets de Châteauroux Métropole, pilote l’opération. Une dizaine de jours après son lancement sur les réseaux sociaux, il notait déjà une centaine de réservations (pour un maximum de 150, soit 300 poules). Il serait donc judicieux de vous presser pour peu que vous ayez l’habitat qui coche les cases des quelques critères à respecter : un peu d’espace, un peu de patience pour s’occuper des bêtes, un peu de temps pour répondre aux questions statistiques pendant une durée de six mois. Pour le reste, il n’y aurait que des avantages à prendre en pension un couple chez vous. «Nous proposons des couples parce qu’une poule seule s’ennuie, précise Simon Policante. Avec la poule noire du Berry, nous faisons la promotion d’une espèce menacée en collaboration avec le Club Français de la Poule noire du Berry. Nous fournissons un petit guide précisant les soins et les engagements à respecter. On propose même un mode d’emploi pour fabriquer son poulailler en palettes !»

Le sien, Chrystelle, habitante du quartier de Notz, l’avait fabriqué il y a plusieurs années pour répondre aux attentes de son fils alors jeune ado. «Elles sont mortes de leur belle mort, mais lorsque nous avons pris connaissance de l’offre de la ville, il y a deux ans, nous avons décidé d’en reprendre. Aujourd’hui, j’en ai trois dans mon jardin et franchement, ça ne pose aucun souci. Depuis que nous en avons, je ne mets quasiment plus de poubelle des « humides » sur mon trottoir. Si on entretient le poulailler, ça se gère tout seul. Je n’ai absolument pas l’intention de m’en passer.» À l’en croire, les poules ne se font guère entendre «en tout cas pas chez moi et mes voisins ne se plaignent pas. Et puis je n’ai pas mis de coq… Les poules noires sont robustes. Les déjections on les enlève chaque semaine. À part quand il fait trop chaud ou trop froid, là elles ne pondent pas, je ramasse deux à trois œufs par jour.» Du bonheur à plumes donc. Un bon complément, aussi, à la campagne de distribution des composteurs que Simon Policante gère également. «Chaque année, nous avons de nouveaux foyers qui s’inscrivent pour avoir leurs poules. Ça se fait uniquement en ligne et il suffit juste d’habiter l’agglomération.» Lancée auprès de foyers témoins il y a trois ans, la campagne a démontré que deux poules escamotaient environ 300 kg de déchets organiques chaque année. De quoi rendre jaloux le coq Maurice qui lui, n’est pas du Berry et passe surtout son temps à ennuyer les vacanciers parisiens.

Des poules pour moins de déchets
Châteauroux Métropole

Tél. : 0800 02 54 17

Une poule si protégée


Plume Cane, à Mézières-en-Brenne, est l’un des éleveurs de poules noires participant à l’opération de Châteauroux Métropole. Jeanine Chesseron, l’exploitante, est la mieux placée pour évoquer une espèce protégée par un label. À l’écouter, la Berrichonne à plumes n’a que des qualités : «C’est une race ancienne, rustique et donc très solide, très bonne pondeuse. Elle ne se nourrit pas essentiellement de grains.» D’où son implication dans l’opération de Châteauroux, mais pas que. Plume Cane, en convention avec l’Éducation Nationale, participe également à « Berry Cocotte ». «Nous mettons des poules noires du Berry dans des écoles de l’Indre et du Cher afin que les élèves apprennent l’éco-responsabilité. Ils nourrissent les poules, ramassent aussi les œufs, les marquent. Ils découvrent toute la filière existant autour de la poule.» Les petits cœurs des plus sensibles se serreront en apprenant que la viande de la poule noire du Berry a une finesse gustative qui fait le bonheur des plus grandes tables des alentours…

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