La couleur de l’ambition
par Nicolas TavarèsLa deuxième édition des CastelRouquines va secouer l’automne indrien

Le nom, les CastelRouquines, sonne bien à l’oreille et l’ambition qui portera la deuxième édition du festival électro (10 et 11 octobre) est parfaitement assumée. L’événement né en septembre 2024 avance désormais à marche forcée avec une programmation clinquante qui en a déconcerté plus d’un au début de l’année, lorsque les têtes d’affiche (Vladimir Cauchemar et Mosimann) ont été dévoilées. Le pari était d’autant plus osé que les CastelRouquines se sont positionnées en octobre quand les festivals électro, remuants et festifs, s’épanouissent généralement dans la chaleur de l’été…
À l’heure de la deuxième levée, Jule Gorski (photo ci-dessous) regarde donc son bébé se confronter aux aléas de la vie. La brusque poussée de fièvre qui accompagne sa croissance le ravit, même si «la machine mise en place me dépasse un peu. Mais je n’ai pas perdu le contrôle du festival, insiste le Castelroussin. Je suis très bien entouré, mon équipe est au point et j’ai pu déléguer à tous les postes. Je m’occupe de la production, mais en fait, le premier jour du festival je vais arriver dans la bulle de Belle-Isle pour découvrir des choses mises en place par les copains…» Et ça, il adore Jule. C’est le signe que les CastelRouquines grandissent bien et vite. Trop vite?

L’organisateur apparaît relativement serein : «En remportant le concours Modèle Élégance France (en 2022, ndlr), j’ai appris à prendre du recul face aux critiques. Je sais encaisser maintenant. Ceux qui pensent que je vise trop haut ou que le festival ne fonctionnera pas finiront peut-être par venir eux aussi !» lâche-t-il dans un sourire.
Sa force, en fait, Jule Gorski la tire de son parcours personnel. À 24 ans, il a déjà derrière lui six années passées dans l’Armée de l’air, «j’y suis rentré à 16 ans par choix. J’en suis sorti il y a deux ans pour créer ma société d’événementiel BleuRose qui est maintenant lancée et dans laquelle je suis associé à Jason Marchais. Lui s’occupe de tous le graphisme, moi de la production.»
Si l’organisateur met en avant son passé militaire, c’est qu’il y a noué de solides amitiés que l’on retrouve désormais au coeur du réacteur des CastelRouquines, en charge de certaines commissions du festival. «La première édition en septembre 2024 devait avoir lieu sur la plaine du Rancho et pour des raisons météorologiques, nous avons été rapatriés dans la Bulle. Ça a été un mal pour un bien puisqu’on y a gagné en sécurité, notamment électrique et nous avons trouvé l’endroit idéal pour organiser le festival. 1000 personnes étaient venues. Pour la deuxième édition, nous aurons une soixantaine de bénévoles, une scénographie encore plus soignée et il y aura même une fête foraine derrière le gymnase de Belle-Isle!»
Mosimann au bon moment
Mais ce qui devrait valoir le succès aux CastelRouquines, c’est bien entendu leur affiche et ces deux soirées regroupant une vingtaine de DJ’s dans le sillage de Vladimir Cauchemar, Oriska (vendredi), Mosimann et Maeva Carter (samedi). «Vladimir Cauchemar, c’était ambitieux parce qu’il est extrêmement connu, mais c’est Mosimann qui a été contacté en premier. Je l’ai booké au bon moment vu l’année de folie qu’il réalise.» Vainqueur de la Star Ac’ 2008, le Franco-Suisse s’est aventuré dans d’autres contrées musicales jusqu’à devenir un DJ producteur qui compte, doublé d’un exceptionnel showman. Depuis fin août, il décline même sa célèbre dreamtrack qui enflamme les réseaux sociaux dans la matinale de France Inter.

Jule Gorski mesure la part de risque encouru par un festival testostéroné. D’autres avant lui s’y sont brûlé les ailes mais l’organisateur croit en sa méthode, celle «d’un autodidacte qui travaille toujours dans l’humain. Je n’ai pas fait d’études dans la production artistique. Sur le terrain, j’ai appris énormément de choses qu’une école ne m’aurait peut-être pas enseignée. Une soirée électro, ça ne s’improvise pas. Bien sûr, la prise de risque est évidente, mais de gros partenaires nous ont rejoint.»
La liste est longue, mais il insiste sur L’Imprévu de son ami Théo, très impliqué dans le projet. Il évoque également la radio Vibration et Équinoxe Scène nationale de Châteauroux, chacune partenaire d’une soirée et qui lui apportent une légitimité certaine. «Quand je vois que Châteauroux Métropole utilise le compte à rebours des Jeux Olympiques et du Tour de France pour en faire celui des CastelRouquines, je trouve que la symbolique est énorme.» Jule Gorski a conscience d’être attendu au tournant et ose avancer un chiffre en termes de fréquentation : «2500 personnes par soirée, ce serait bien !»
Avant de voir plus loin. La 3e édition est en effet déjà dans les tuyaux pour l’automne 2026 et la plupart des artistes sont bookés : «Il y aura aussi une édition surprise. Je ne dis pas où ni quand, mais ce sera dans un lieu prestigieux.» Avec la promesse, en guise de conclusion, de convier une tête d’affiche d’envergure internationale.
Les CastelRouquines
Hall des Expos à Châteauroux
10 et 11 octobre