Larry Tomko reste à Quai
Le saxophoniste californien a carte blanche à la MLC Belle-Isle
par Nicolas Tavarès
Au sortir d’une intense tournée estivale, le plus berrichon des Californiens investit la scène du Quai pour trois concerts. Trente ans déjà qu’il s’est posé à Châteauroux. À 70 ans, le Californinen Larry Tomko a toujours bon pied, bon oeil. Voyageur impénitent – c’est au détour d’un périple en stop entre Londres et Madrid où il résidait alors qu’il s’est d’ailleurs perdu dans l’Indre – le chanteur et saxophoniste vient de se voir attribuer une carte blanche par Emmanuel Lavandier, directeur de la MLC Belle-Isle. «Le Quai, j’y avais joué il y a une quinzaine d’années. C’est un peu comme chez moi. Depuis la scène, j’aperçois ma maison. Alors j’ai dit oui tout de suite car c’est une vraie carte blanche qu’Emmanuelle m’a donnée.»
Sur scène avec sa fille

L’offrande a permis de relancer les concerts à la MLC Belle-Isle. C’était le 7 octobre dernier pour une soirée en compagnie de Calhoun (Pascal Freslon), le vieux complice de l’époque West Coast, et une chanteuse du nom d’Alexandra Tomko-Heyl, «ma fille avec qui je monte véritablement sur scène pour la première fois. C’est géant» disait-il alors. Fin novembre (voir agenda), Larry reviendra, cette fois en quartet, puis en décembre où il retrouvera Calhoun «pour jouer des compositions. Il y a également un projet de résidence sur la grande scène pour février 2022.» Il y sera question des 30 ans de West Coast et du titre éponyme qui avait valu au groupe sa petite notoriété : «Avec West Coast, nous avons gagné des prix, beaucoup tourné. Ça a duré 5 ans. Le morceau « West Coast » passait sur les radios. Il nous aurait fallu un ou deux tubes de plus.»
Larry Tomko a attendu des coups de fil qui ne sont jamais venus. Les aléas de la vie d’artiste. Après une parenthèse de près de deux ans, elle vient de reprendre son cours pour son plus grand plaisir. Cet été, il a tourné en Corse, en Grèce et en Italie, «je n’avais plus d’automatismes». Au Quai, ils sont revenus très vite. Intenable quelques minutes avant les premiers accords, le Californien s’emballait à l’idée de retrouver le public et d’abandonner son studio d’enregistrement, compagnon forcé de confinement. Larry lève les yeux au ciel quand on lui parle de retraite. Le sujet est tellement incongru tant il rêve de partir en beauté, sur scène, sax en mains. Alors le grand voyage de Larry Tomko se poursuit. Profitez-en, il a choisi d’embarquer le public du Quai dans ses bagages le temps d’une carte blanche.