Les vrais shows du coeur

par Nicolas Tavares

Le Motocoeur ou le Gargilesse Band sont portés par un même élan de solidarité.

Avec pas grand-chose, on peut faire des choses étonnantes. Mais le côté caritatif est indispensable ! » L’élan de générosité qui accompagne le Gargilesse Band (23 août) porte littéralement Hélène Texier et son mari qui ont lancé ce projet artistique au début des années 2000. On retrouve la même frénésie chez Jean-Louis Lejot (photo ci-dessous) qui s’apprête pour sa part à vivre le 25e Motocoeur 36 à Lourouer-Saint-Laurent (9 et 10 août). Hélène la danseuse et Jean-Louis le motard ont en commun de mettre toute leur énergie au service des autres et d’offrir une parenthèse de bienveillance au coeur de l’été.

Le Gargilesse Band 27e du nom est justement né à cette saison, quelque part dans un jardin. Hélène Texier tient évidemment un rôle central dans sa création, mais concède modestement : « Je suis juste la cheffe d’orchestre ! » Enfant, elle s’amusait à présenter
des spectacles dans son jardin. Devenue danseuse professionnelle, elle fut à la tête d’Espace Oxygène à Paris, son école de danse et de théâtre. À la fin des années 90, Hélène et son mari en ont eu assez des allers-retours incessants dans le village indrien où elle avait ses attaches. Le couple s’est installé définitivement à Gargilesse. « Je me suis vite rendu compte que l’été il y avait beaucoup d’enfants qui revenaient en vacances chez les grands-parents. » Alors un jour Hélène Texier les a réunis dans son jardin pour préparer un spectacle. « L’année suivante, on a recommencé, mais dans le jardin du voisin. » Ainsi naquit le Gargilesse Band « où chacun apporte ce qu’il sait faire, où chacun trouve sa voie. »

De générations en générations

Les générations s’y suivent avec un même enthousiasme. Ils sont aujourd’hui une soixantaine à répéter pendant dix jours un spectacle qu’ils présentent à la Chaumerette. « Ce n’est pas un stage ; c’est l’armée ! plaisante Hélène. On fait du chant, de la danse, du théâtre ou de la musique. C’est les vacances, mais on se lève quand même le matin pour travailler et apprendre la discipline et le goût de l’effort pour présenter un spectacle qui fait du bien. » Une partie des bénéfices du show permet d’acheter quelques costumes pour l’année d’après. Le reste est consacré à l’association Pour Kungur, du nom d’un orphelinat russe dans lequel Hélène et son mari ont adopté deux enfants en 2007. Les projets de l’association se sont d’ailleurs ouverts à d’autres horizons dans une quinzaine de pays du monde entier et sont en lien avec des orphelinats, des écoles ou des centres pour enfants en situation de handicap. L’hiver, le Gargilesse Band trouve même un écho dans des expositions de dessins qu’Hélène organise dans des Ehpad, hôpitaux ou mairies. « Il n’y a pas de perspectives de développement. On prend les choses comme elles viennent » dit-elle, heureuse de voir que le temps d’un spectacle, une bonne partie du village de Gargilesse se mobilise.

 

 

« Plus de 1871 motards, c’est tout à fait réalisable… » Jean-Louis Lejot

Motocoeur au château

À quelques kilomètres de là, Jean-Louis Lejot a lui aussi décidé de mobiliser son village de Lourouer-Saint-Laurent pour la bonne cause. Au hasard de ses visites comme artisan plombier/chauffagiste, il s’est rendu compte « qu’il y avait un nombre considérable de gens en galère. » Comme il est motard, que les motards ont du coeur et que jean-Louis oeuvrait dans le comité des fêtes du village, il a initié le Motocoeur 36, rendez-vous des grosses cylindrées solidaires. Depuis plusieurs éditions, c’est au château d’Ars qu’il fixe rendez-vous. « Cette année sera une grande édition, pressent-il. On a fait ce qu’il fallait pour que le public, même les non motards, viennent profiter des concerts, animations et spectacles que l’on organise. Le Motocoeur 36 c’est un moyen de rassembler, c’est multigénérationnel. » Le samedi est dédié au show et au banquet grand public. Les bénévoles sont nombreux, mais ce n’est rien au vu de ceux qui arrivent au soutien le dimanche matin pour la balade des motards. « Sans le côté caritatif, le rendez-vous s’essoufflerait » admet Jean-Louis.

Alors l’organisateur ne baisse pas la garde et laisse le Motocoeur fédérer au-delà des espérances. Cette année encore, l’association a choisi parmi les dossiers de candidatures les trois bénéficiaires qu’elle accompagnera. « La sélection est toujours compliquée à faire et comme on ne connaît la recette du Motocoeur 36 qu’à la fin du week-end, on part sur un engagement de base avec les bénéficiaires. Puis en fonction des sommes récoltées, on réévalue notre accompagnement. »

Voilà pourquoi, à partir de juin, Jean-Louis Lejot s’active pour faire parler du Motocoeur 36 et inciter les motards (et les autres) à le rejoindre à Lourouer-Saint-Laurent. Depuis quelques années, d’ailleurs, il court après un vieux record : 1871 motards ont un jour d’août 2018 visité les routes de l’Indre. « Cette année, c’est jouable. Que les gens me prouvent que le record est accessible en venant ! » Et qu’à Gargilesse ou au château d’Ars battent tous les coeurs solidaires.

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