L’étrange Asphodèle de M. Jack
par Nicolas TavaresLa petite salle poinçonnoise a 20 ans. Jack Moreau n’y a que de bons souvenirs

Chez lui, Jack Moreau conserve l’intégralité des brochures des saisons culturelles du Poinçonnet. Vingt plaquettes : la collection n’est pas trop envahissante. Le président de l’association Asphodèle, également programmateur depuis les premières heures, garde aussi précieusement les clichés où il pose avec les artistes de passage. Il y a celle avec le duo d’humoristes Giroud & Stotz (ci-dessus). Il en existe de plus précieuses à ses yeux comme ce cliché où on le voit bras dessus, bras dessous avec Allain Leprest. «Je me rends régulièrement sur sa tombe», reconnaît l’homme qu’une solide amitié unissait au chanteur disparu en 2011.
Le lien était fort et Jack Moreau aime à rappeler en une ellipse que Leprest est le seul artiste à être monté sur la scène poinçonnoise et en être redescendu en laissant son nom à une rue de la commune.L’Asphodèle du Poinçonnet (il en existe une autre à Questembert dans le Morbihan) fête ses 20 ans le 3 février et il faudra bien trois jours pour que Le Poinçonnet salue l’événement. Grégoire (le 6), un moment de convivialité mis en musique par Annaëlle Desbrais, Alain Davignon et Fabrice Guillot (le 7) avant un grand bal pour les enfants (le 8) permettront au président de se souvenir des temps forts d’une scène qui fut d’abord une simple salle des fêtes.
«Puis en 2005, Jean Petitprêtre, alors maire, a décidé de lancer une saison culturelle et de créer en même temps l’association qui aurait la gestion de la programmation et de l’organisation des spectacles, la partie financière étant assurée par la municipalité.» La municipalité attribuait une enveloppe à la programmation, charge à Jack Moreau de composer avec.
Dans un léger sourire, il fait comprendre que l’ancien maire pouvait aussi parfois mettre son poids dans le choix des artistes. «Avec Danielle Dupré-Ségot, la maire, et Mathilde Fouchet, son adjointe à la culture, la philosophie a changé : on va maintenant vers un rajeunissement de la programmation.» Lisa Dann, Mentissa, Sarah Schwab, Baptiste Ventadour ou Lilian Renaud cette saison en attestent. Leurs noms apparaissent dans la longue liste des vedettes venues à l’Asphodèle, les Murray Head, Manu Dibango, Pascal Danel, Nicolas Peyrac, Natasha St-Pier ou Julie Zenatti.
Un rajeunissement de la programmation
«Des anecdotes, et des cocasses, j’en ai beaucoup, mais la plupart ne sont pas racontables, plaisante Jack. Vous savez, au début, ça a été compliqué. Nous avons eu des spectacles où il n’y avait que quinze, vingt personnes. Dans une salle de 250 places, c’est peu. Et puis un jour (en janvier 2007, ndlr) Élodie Frégé est venue. J’avais fait poser 400 affiches partout dans l’agglomération. À partir de là, ça n’a plus jamais été pareil. » Le jour du concert, les organisateurs fermeront momentanément les yeux sur leur jauge. Aujourd’hui, l’association compte 200 abonnés qui permettent de remplir l’endroit sereinement tandis que Jack Moreau aligne régulièrement les concerts complets.
À l’Asphodèle, on est friand de chanson française, tendance variété, et amateur d’humour, «avec toujours deux spectacles jeunesse dans la programmation, insiste Jack Moreau. Désormais la salle est reconnue à l’échelon régional et selon l’affiche, on a régulièrement des réservations qui viennent d’un peu partout en France. Nous n’étions que sept membres au départ avec la présidente Monique Blanchard. Il a fallu beaucoup de patience pour être pris au sérieux.» Le 3 février 2006, le micro de l’Asphodèle s’ouvrait pour Philippe Brami. Vingt ans plus tard, la petite salle poinçonnoise est solidement enracinée dans le paysage. Bon anniversaire.
20 ans de l’Asphodèle6 au 8 février au Poinçonnet (voir agenda)
Intemporel-les : De thèmes en noms

Le festival argentonnais se dévoile peu à peu
Quatre éditions ont suffi pour que les Intemporel-les à Argenton s’imposent comme le festival des musiques curieuses. Les organisateurs doivent leur réussite à la manière qu’ils ont de décliner le rendez-vous en soirées thématiques où artistes émergents et d’autres à la notoriété plus affirmée convient le spectateur à découvrir leur univers. Anne Paceo (2022), Zaho de Sagazan (2023), Jeanne Added (2024), Acib Arab (2025) ont déjà laissé leur empreinte sur la scène des jardins de la Grenouille illustrant les choix assumés des programmateurs pour un plateau innovant et ambitieux.
Depuis 2022, les Intemporel-les drainent un public de convertis (4000 festivaliers l’an dernier), restent à taille humaine et voient leur cœur battre au gré des saisons. À l’automne, le festival prend date au calendrier ; l’hiver, les premiers noms sont dévoilés: cette année Sam Sauvage, le cabaret de Madame Arthur, Ballaké Sissoko & Piers Faccini et Flavia Coelho (photo); au printemps éclot l’affiche finale annonciatrice de l’été et donc cette cinquième édition (18 au 26 juillet 2026) synonyme de neuf jours d’itinérance hors les murs sur le territoire et d’Intemporel-les plus sédentaires à la Grenouille.
Les premiers décors sont déjà plantés : « l’air du temps », « cabaret » et « Amérique du sud ». Embarquement presque immédiat sur https://les-intemporel-les.com/billetterie.