Le Luma ce si festif gastéropode
A Cluis, le 1er mai se fête en grandes pompes et surtout à la rigolade

Le temps de 4 jours de fête, Cluis se lâche pour son carnaval du 1er mai. Pour sa Majesté le Luma, tout est permis ou presque. Et ça fait 63 ans que ça dure.
« Bien rire et laisser braire ». C’est la devise de la Coterie du Luma. Depuis 1954, elle préside aux destinées de la fête du gastéropode née de l’initiative du regretté Maurice Douard. à l’époque, il s’agissait d’animer les rues du village pour le 1er mai. 63 ans plus tard, la philosophie n’a pas changé et la relève tient toujours le haut du pavé. Claude Fauguet et Stéphane Paquet se partageant aujourd’hui la présidence pour le meilleur et souvent le rire, même si parfois certains ont du mal à supporter l’humour potache qui se dévoile sur les chars du défilé.
Dahu ou Oola oola en goguette

L’équipe organisatrice et les bénévoles ne s’en formalisent guère. La fête du luma c’est carnaval. Pour carnaval, tout est permis ou presque. « Dans le passé, des chars ont été interdits de défilés parce que jugés trop provocateurs. Une année où le thème était «les dictons», une des équipes de char avait choisi l’expression l’habit ne fait pas le moine, se remémore Claude Fauguet. Le mécanisme était un peu trop explicite. Une visite avait quand même était rendue au curé pour savoir s’il ne serait pas choqué. Ça l’a fait rire. Mais pas tout le monde ! » Par le passé, il y eut aussi un dahu qui divagua dans les rues du village. Cette année, les limites pourraient encore être tutoyées dans la bonne humeur. « Le thème, c’est la faune. Et pas qu’animale. » Sur un char, on annonce le Oola Oola, un oiseau qui fera son effet au milieu d’autres tout aussi surprenants. Un défi est également lancé entre deux équipes pour le char qui atteindra les sommets. à Cluis, on passe donc les fêtes la gaudriole en bandoulière. Un début d’explication au succès de la manifestation, mais pas que.
Un défi lancé aux « quartiers »
Attention, à Cluis, on ne rigole pas avec la tradition et les deux parades des chars qui jalonnent les festivités sont prises très au sérieux. Elles rassemblent en effet six chars où les bénévoles sont réunis en équipes, véritables ambassadrices des «quartiers» de la commune. Il y a la Flambette venue de Cluis-Dessous, ceux de RDO (la Route d’Orsennes), les jeunes et les Anciens de Beauregard, le char de la commune et celui des enfants. Quant au Luma, le plus grand secret est gardé sur l’identité de ceux qui le dirigent, le poussent, bref ceux qui ont l’honneur de promener sa Majesté dans les rues du village.

« On a accueilli jusqu’à 15000 spectateurs. Il y a encore une dizaine d’années, les gens venaient pour la foire qui attirait beaucoup de camelots. Aujourd’hui, on tourne à 10000 spectateurs. Les gens viennent pour les parades parce que ça se lâche pas mal. Il suffit de se déguiser. » Et de se laisser entraîner par les bandas et artistes de rue qui apportent du cachet à la fête.
Claude Fauguet n’hésite toutefois pas à lancer un appel aux bonnes volontés. Plus on est de fous, plus on rit. « J’aimerais effectivement qu’il y ait encore plus de monde qui viennent s’amuser. Il n’y a pas besoin d’être un bénévole pour ça ! » Ils sont quelque 300 – sur 1000 âmes dans le village – à mettre la main à la pâte pour la réussite de la fête du Luma. Quand la météo est de la partie, Cluis deviendrait presque une métropole.
Plaisirs gustatifs
La fête du Luma puise ses origines dans la prolifération de gastéropodes aux alentours. Tout était réuni pour que le plaisir des papilles soit l’autre temps fort du carnaval. Durant quatre jours, traiteurs et restaurateurs de la commune rivalisent d’ingéniosité pour décliner les escargots à toutes les sauces. « C’est difficile de dire combien de douzaines passent dans les assiettes, mais c’est impressionnant », reconnaît Claude Fauguet. A demi-mot, il avoue également que l’origine des bêtes à coquille n’est plus vraiment cluisienne. « On n’y peut rien, se dédouane le co-président du comité d’organisation, en avril, le ramassage des escargots est interdit en France. La saison, c’est en août… » Comme un peu partout dans le monde de la gastronomie c’est donc un gastéropode à l’accent des pays de l’est qui est dégusté. Cela participe à l’internationalisation de la fête du Luma puisque le propriétaire du pub local qui brasse une bière pour l’occasion est pour sa part… Gallois.
64e fête du Luma à Cluis
les 28, 29, 30 avril et 1er mai
Tarif : 3€ à 4€
Facebook : Coterie du Luma de Cluis
Vidéo, le char des enfants :
https://www.facebook.com/pg/coterie.du.luma/videos/?ref=page_internal