Lyricaly le côté rasta de la force

Sortie du premier album reggae de l’auteur-interprète castelroussin

Il présentera « Force », son premier album, le 25 novembre prochain sur la scène du 9 Cube. Pour Kévin Lyricaly le reggae a été une révélation, un compagnon du quotidien.

Avec des racines espagnoles, maltaises, tunisiennes ou siciliennes comment imaginer échapper aux musiques ensoleillées ? Si Kévin Lyricaly a résolument versé reggae, c’est pourtant dans ce métissage méditerranéen, dans son parcours personnel aussi, qu’il a trempé sa plume et puisé son inspiration pour dévoiler « Force », son premier album.

Le public le découvrira le 25 novembre sur la scène du 9 Cube à Châteauroux et l’auteur-interprète ne cache pas son impatience. Depuis des semaines, il se démène pour annoncer l’événement sur les réseaux sociaux, convenant qu’une certaine pression l’accompagne au quotidien. Organiser le concert, entouré de Rosa Shanti, Missié Bamboo, Max Livio ou Little Francky, l’animateur de « Party Time », autant de featuring sur l’album, n’est pas de tout repos car Kévin veut que tout se déroule sans anicroche. Et que le lancement de « Force » (également sur les plateformes en streaming) lui serve de tremplin. « Le but, avec ce premier album, c’est de péter les portes. Me faire connaître du milieu… À Châteauroux, c’est dur de faire de la musique, d’être pris au sérieux. Les salles de répétition sont quasi inexistantes. J’ai joué pendant cinq ans avec des musiciens d’ici, ça m’a permis de rencontrer un backing band à Limoges – la Marakujah Family – qui m’accompagne. Et c’est à Orléans, chez Max Livio que « Force » a été enregistré. C’est quand même surprenant de voir qu’on n’aide pas vraiment à l’émergence des artistes par ici. Heureusement, Joffrey (Tonnerre Productions) et Caiman ont été là depuis le début ! »

Les débuts, justement, c’est une sorte d’errance initiatique. « Je voulais devenir ingénieur du son. Je suis parti à Marseille et j’ai fréquenté la friche de la Belle de Mai. À l’époque je faisais du rap, j’avais un groupe, Mercen’R. Je n’avais pas envie de faire carrière, mais les gens accrochaient. J’ai rencontré des rappeurs marseillais, des membres d’IAM, j’ai fait beaucoup d’open « mic » en soirées. »

Un an se passe et c’est le choc musical : « Mon cousin, chez qui je vivais, avait plein de disques de reggae. J’avais 20 ans, j’ai découvert une nouvelle musicalité, une musique plus rebelle et positive… » Après Marseille, Kévin se posera un temps à Lyon puis Dijon, mais le reggae s’insinue dans ses veines. « Avec le rap, j’étais dans un état d’esprit revendicatif. Mais sans savoir pourquoi je revendiquais. Écouter le reggae m’a ouvert les yeux sur plein de choses et je suis passé de la plainte à l’optimisme. »

De retour à Châteauroux, « plein de bonnes vibes », Lyricaly s’attire le soutien du dispositif Propul’Son (Rock’Ade 2014). Sort un premier EP, en 2015, « avec lequel Caiman m’a mis le pied à l’étrier. Je ne pensais pas intéresser les gens, mais j’ai commencé à découvrir le métier. »

Se sentir libre et vivant

Une scène de plus pour Lyricaly

Les dates de concert s’enchaînent jusqu’à monter sur la scène de l’Issoudun Reggae Temple en même temps que prend forme le projet « Force ». À 34 ans, Kévin est à la croisée des chemins artistiques. « Si je pouvais avoir la chance de m’épanouir en faisant de la musique et de la scène ce serait top. Ce sont les choses qui me font me sentir libre et vivant. » Concerné par le monde qui l’entoure, aussi. Membre du collectif Rastas du Coeur (voir par ailleurs), Lyricaly mobilise les bonnes volontés. « Ceux qui veulent se rendre utiles sont toujours les bienvenus… »

Mais l’artiste doit aussi s’aventurer vers de nouveaux horizons : « La prochaine étape, ce sera de composer avec mes musiciens. Écrire, c’est ce que je sais faire. Je ne fais pas de reggae pour faire bien, mais parce que je m’y suis trouvé… Dans « Force », il y a du dub, du ska, du roots. Le prochain album actuellement en projet sera beaucoup plus reggae et roots. Et si avec ça, ça peut donner des envies aux gens et faire naître une scène reggae à Châteauroux… »

Juste histoire de partager les bonnes vibrations avec le public.

« Force » de Lyricaly
en concert le 25 novembre
au 9 Cube à Châteauroux
Contact : lyricaly@live.fr
Facebook : Lyricaly
Chaîne Youtube

Solidaires Rastas du Coeur


Collectif lancé en Mayenne par Taleb Adbourhaman il y a six ans, les Rastas du Coeur ont trouvé depuis un large écho en France et même en Berry depuis deux ans où Kevin en est l’ambassadeur. Il a ainsi organisé deux festivals solidaires sur la scène de l’Asphodèle au Poinçonnet. En 2018, le Castelroussin aimerait cette fois investir une scène castelroussine : « Monsieur le Maire, si vous m’entendez ! lance-t-il en guise d’appel. Dans l’idéal, il faudrait même organiser un Rastas du Coeur l’hiver et un l’été. » Le principe de ce
rendez-vous solidaire ? « Le billet d’entrée, c’est 5kg de denrées alimentaires non périssables. Sur scène, il y a toujours une tête d’affiche et des groupes locaux. Au Mans ou à Toulouse, les Rastas du Coeur ont réuni plus de 1000 spectateurs et… 5 tonnes de vivres à chaque fois. »

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