On aime comme on joue

par Nicolas Tavarès

Châteauroux attend la 17e édition des 24h du Jeu. Pour les passionnés et les autres…

Amélie Pourcelot a rendu la planète Mars habitable. Ça ne lui a pris qu’un peu plus de trois heures. Et comme elle a aimé ça, elle réitère la performance plusieurs fois par an. Corentin Gille, lui, appartient à l’Ordre de Veiel (Paria Édition) et son quotidien se résume à provoquer des monstres dans des combats homériques. Il maîtrise si bien la chose qu’il «conclue l’affaire en 1 heure!» Les 7 et 8 juin, il n’est pas garanti qu’Amélie et Corentin poursuivent, l’une son chantier de construction interplanétaire, l’autre son entreprise de destruction massive de méchants croque-mitaine.

Non, ils seront pris par plus important : l’organisation des 24h du jeu de Châteauroux. Ils font partie de l’équipe coordinatrice de l’événement. Et vous l’aurez compris, les deux ont une passion pour le ludique. Sa mission sur Mars, Amélie l’a fait par le biais de Terraforming Mars, un jeu de stratégie datant de 2016 et que l’événement castelroussin ouvrira au plus grand nombre le temps d’un tournoi. «On n’arrête jamais de jouer, confesse-t-elle. Enfant, je jouais avec mes soeurs. Aujourd’hui, j’ai deux garçons et je joue avec eux. J’ai même créé une association.»

Plus de 400 références en stock

Corentin n’est jamais tant heureux que lorsqu’il parvient à communiquer sa passion : «Avec les 24h du jeu, notre mission c’est d’ouvrir les yeux des participants sur le fait qu’il n’y a pas que le Monopoly. C’est même loin d’être la panacée. Dans notre ludothèque, nous avons plus de 400 références. Il y a forcément un jeu qui vous correspond qu’il soit poétique, de duel, de combat.» Ce qui fait dire à Amélie «qu’on en trouve toujours un pour passer un bon moment. Nous sommes force de proposition pour que les gens trouvent leur bonheur pendant les 24h.» Ça peut paraître long une journée, nuit comprise, à jouer, pointer le bout de son nez en Protozone pour découvrir les créations d’aujourd’hui qui feront peut-être le classique de demain, lancer un défi à une table, pousser son pion à une autre.

L’an dernier, sur les plus de 1400 participants, seuls 138 ont bouclé le tour d’horloge sans dormir. «Le principe c’est de pointer toutes les heures. La nuit c’est une autre ambiance ; le dimanche tu le passes en mode zombie.» Pour autant, les organisateurs castelroussins prennent soin de tous ces courageux. Corentin encore : «Comme ils sont un peu retenus en otage, la nuit on offre le thé et le café. Et puis au niveau restauration ils peuvent trouver des pizzas, des hot-dog, des wraps veggies ou au thon.» Et pour maintenir en éveil l’assistance aux heures les plus dures de la nuit, les 24h du jeu donnent la perspective de repartir avec des lots offerts par les éditeurs.

Kluster j’adore

«Nous proposons des tombolas intermédiaires le samedi et le dimanche. Et deux à 16h, toujours le dimanche, au moment où se termine la manifestation. L’une de ces tombolas finales est pour ceux qui ont tenu les 24 heures et qui sont allés voir le plus de partenaires.» L’abnégation est récompensée. Cette année, par exemple, Harmonies (Libellud), figurera dans la liste des lots. La règle? «Elle est simple. C’est la stratégie à mettre en oeuvre qui est plus complexe, explique Amélie. Il y a des pions environnement qui représentent un bâtiment, un champ, une rivière, la forêt ou la montagne. Le but du jeu est de créer un habitat sur son plateau de jeu, d’organiser le paysage pour accueillir des animaux. C’est un jeu tactique pour lequel un gros travail d’illustration a été réalisé.»

Le jeu est beau, c’est indéniable, mais malgré tous les efforts de Corentin et Amélie, l’auteur de ces lignes a vite compris qu’il ne comprenait rien. En revanche, il a adoré Kluster (Border Line Éditions). Une ficelle qui sert d’aire de jeu (qu’on peut déplacer en cours de partie), six gros aimants plus puissants que l’attraction terrestre et un objectif : éviter que son aimant, une fois déposé à l’intérieur de la ficelle n’en attire d’autres. C’est diabolique, ça se joue à 4 ou 5 ou seulement à 2 en agglomérant la version Duo. Kluster, ça rend tellement accro qu’on est à deux doigts de dire qu’on y jouerait bien pendant au moins 24 heures…

24h du jeu de Châteauroux
7 & 8 juin, salle Barbillat-Touraine

L’union fait la force

Pour avoir plus de poids auprès des éditeurs qu’ils sollicitent et afin de palier au manque de bénévoles en les « mutualisant », les festivals de la région se sont rassemblés au sein du Collectif ludique Centre. Le réseau s’appuie sur les 24h de Châteauroux, Envie de Jeux à Romorantin, Festyjeux d’Issoudun et Saint- Doul’Games à Saint-Doulchard.

En chiffres

  • 1417. Le nombre record de participants aux 24h du jeu en 2024
  • 17. Le millésime de l’édition 2025
  • 7. Comme les éditeurs présents sur le rendez-vous
  • 10. Les pensionnaires de la Protozone qui voient le jeu qu’ils ont créé passer à la moulinette
  • 138. Les courageux qui ont disputé l’intégralité des 24h du jeu l’an dernier
  • 8. Les associations de joueurs qui seront représentées lors de l’événement castelroussin.

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