Quand Velles tient la note

par Nicolas Tavarès

La troisième édition des Musicales Velloises se déroule les 7 et 8 novembre

Alexandre le bienheureux n’est pas seulement le héros d’un film ; il existe vraiment et se prénomme Jean-Philippe. Il est le président du Foyer Rural de Velles (FRV) depuis maintenant dix ans. Et il faut bien avouer que le retraité mène une association qui ne connait pas la crise, s’imposant comme un acteur majeur de la vie locale. Il est vrai qu’avec son équipe de bénévoles, Jean-Philippe Alexandre se démène sans compter pour animer Velles.

Le FRV, un peu plus de 150 adhérents pour une offre de huit activités (yoga, badminton, randonnée, marche, danse enfantine, VTT cyclo, cross training fitness, handball loisir, atelier vannerie) allie dynamisme, convivialité (« une association sportive…un club pour tous » s’affiche en bonne place sur la couverture du guide de la saison) et surtout savoir-faire en matière d’organisation d’événements populaires.

C’est bien simple, Jean-Philippe Alexandre et son équipe occupent le terrain de novembre à juin. Il n’y a qu’au moment des vacances estivales que le Foyer Rural se met en retrait. Le reste du temps, loto, marche (l’une des plus importantes de l’Indre avec ses 500 participants), rando VTT, marché de Noël, soirée entrecôte frites (depuis 25 ans) ou brocante s’enchaînent. Il ne manquait rien ou presque à la palette du Foyer Rural.

500 à la randonnée

Enfin si, pendant longtemps, le FRV ne s’est pas intéressé à la musique. Les Musicales Velloises sont heureusement venues mettre un terme à ce regrettable oubli en 2023. «La première édition des Musicales est venue grâce à un groupe de jazz de Châtellerault qui cherchait des dates de concert dans l’Indre. Carré Jazz Society a donc joué et pour nous, ça a très bien fonctionné» se souvient Jean-Philippe Alexandre.

Pour sa manifestation, le FRV avait concentré son cahier des charges autour d’un seul axe : le jazz. «Il est dans l’ADN du week-end, mais ce doit être un jazz tout public.» L’objectif d’une programmation accessible à toutes les oreilles a été immédiatement atteint.

L’an passé, Jean-Philippe Alexandre et le FRV ont donc tenté les Musicales sur trois jours, du vendredi au dimanche, «mais le dimanche n’avait pas bien marché.» Pour l’édition 2025, le FRV revient aux bases et se concentre sur deux soirées, les 7 et 8 novembre prochains. En ouverture, Elle & les Jean apporteront une touche d’humour posée sur des textes incisifs.

Le répertoire navigue loin des rives du jazz, mais celui-ci reprendra bien vite ses droits le samedi soir avec Christophe Gendron (photo) et l’Art Scène. Le trompettiste, vu également au sein du Carré Jazz Society, revient cette fois en trio avec un clavier et un batteur qui vont embarquer le public sur des airs de swing des années 30 à 50.

Le rêve d’un chapiteau

Pour Jean-Philippe Alexandre, les Musicales Velloises viennent grossir le catalogue festif du Foyer Rural de Velles. Et comme pour tous les événements organisés dans la saison, les bénéfices des deux soirées basculeront dans la caisse commune permettant, en autre, de proposer à ses membres des activités à un coût très attractif (80€ l’adhésion pour l’année). «Si les Musicales prennent vraiment, on partira sur quelque chose d’un peu plus important, prévient Jean-Philippe Alexandre. J’aimerais vraiment que cela grandisse et pourquoi pas monter un chapiteau quand la salle des fêtes deviendra trop petite.»

Le président du Foyer Rural ne s’enflamme pas lorsqu’il évoque l’avenir ; simplement, il reçoit tellement de demandes de groupes que les Musicales Velloises 2026 sont déjà quasiment bouclées. Et au rythme où vont les choses, les 200 places de la salle des fêtes de Velles ne suffiront plus.

Musicales Velloises
Vendredi 7 et samedi 8 novembre

Indressables et obstinés

Des amateurs réalisent un court-métrage

On appelle ça un « intensif ». Un court-métrage pensé, tourné, monté en un laps de temps très court. C’était en septembre dernier, une résidence d’habitants créateurs encadrée par des professionnels. Un groupe pluriel composé de 15 personnes de tous âges (18 à 86 ans), toutes nationalités, toutes classes sociales s’est rassemblé, mené, entre autres, par le réalisateur Thibaut Taillant, la scénariste Azilys Tanneau et Ahmed Abourahim, médiateur culturel à Châteauroux Métropole. Il en a résulté « La dernière scène », court-métrage de 16 minutes présenté le 22 octobre dernier à la salle Edith-Piaf, là où il a été tourné. La salle était pleine. Les Indressables étaient fiers. C’est le nom qu’ils se sont donné.

«Le film a été écrit en deux jours, tournés en cinq, post-produit en trois» détaille Thibaut Taillant qui a laissé chacun des stagiaires toucher à tous les postes de la conception du court-métrage. Mohamed est l’un des Indressables, il venait avec de bonnes bases en vidéo : «J’ai touché au cadrage, participé à l’écriture. C’était dix jours intenses mais très enrichissants. Thibaut (Taillant) nous a montré qu’on pouvait faire quelque chose de grand dans un petit lieu. Ça donne envie de faire plus long!» « La dernière scène » va maintenant connaître une vie dans les festivals. En attendant le retour des Indressables.

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