Chauffoir : un cœur y bat déjà
Le lieu culturel alternatif a trouvé un nouveau toit. Le sien…
par Nicolas Tavarès

Le Chauffoir s’apprête à vivre sa meilleure vie, la deuxième. Cécilia S., Guigui et Niko l’ont en tout cas (re)construit pour ça.
Ceux qui vivent là n’ont pas encore jeté la clé, mais comme dans une certaine maison bleue, le 2 rue Bernardin à Châteauroux laissera bientôt ses portes grandes ouvertes à la culture. Le Chauffoir a vécu une première vie au 9 Cube. Niko, Guigui et Cécilia S. y oeuvraient avec leur Compagnie des 3 Cris. Mais à l’heure du COVID, le loyer sur l’ancien site Berrylait devenait trop lourd à supporter pour des intermittents du spectacle au repos forcé. Avec la Compagnie Bolita de Francis Labbaye, ils se sont donc mis en quête d’un nouveau lieu de vie. Une visite coup de cœur plus tard, Niko, Cécilia et Guigui s’offraient le 2 rue Bernardin et ses 400 m2 de surface totale, dont une partie habitable.
Le Chauffoir version centre-ville ouvrira ses portes au début de l’année prochaine. «Il n’existe pas encore, mais il se (re)construit» explique une Cécilia enthousiaste. D’autant plus qu’au milieu des travaux, l’activité est déjà là. «Nous avons tous les trois trouvé nos espaces, raconte Niko. J’ai toujours voulu un atelier de construction de décors. Guigui a son studio de répétition et Cécilia aura bientôt son studio de danse.» Selon Cécilia, le Chauffoir a vocation à «aider des compagnies émergentes non subventionnées». «C’est toujours le parcours du combattant pour se lancer et faire ses preuves, poursuit Niko. Le seul critère de sélection des trois compagnies que nous aiderons chaque année en fonction de nos moyens, c’est d’être les premiers à nous contacter pour une période de résidence.»
Un lieu de passerelles
Le discours de Guigui est plus tranché : «Le Chauffoir sera ouvert à toutes les pratiques ; on ne sera pas là pour organiser des goûters !» Il permettra également de «reprendre des pratiques artistiques collectives, d’inviter des intervenants. On va créer des passerelles. Nous avons déjà eu un bon feeling avec le Centre académique de danse.» «Notre métier, c’est la création, on ne veut surtout pas devenir des directeurs de lieu, clame Niko. Nous voulons que le Chauffoir soit vivant. Je n’ai plus envie qu’on peine à entrer dans un lieu culturel.» Une costumière et un chargé de communication et de conseil en création artistique y ont déjà posé leurs valises. Une exposition s’est accrochée aux murs en juin dernier. «Nous allons prendre notre temps pour les travaux, mais le calendrier du Chauffoir est déjà consultable sur notre site» prévient Cécilia. Il se conjuguait jusque-là au futur. Rue Bernardin, le futur c’est déjà demain.
Le Chauffoir
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