Rando : capitale, Éguzon
par Nicolas TavaresÀ la Toussaint, la Fête et les randonnées de la châtaigne entrent dans les 40es rugissants

Avant d’être l’historien officieux de la fête et des randonnées de la châtaigne, Jean-Claude Blin a été maire d’Éguzon de 1983 à 2020. C’est durant ce long bail que la manifestation a été portée sur les fonts baptismaux. Alors évidemment, à l’heure de saluer le 40e anniversaire du rendez-vous, qui mieux que Jean-Claude Blin (photo ci-dessous) pouvait en parler? Si au week-end de la Toussaint les visiteurs se pressent par milliers dans le bourg, si les randonneurs ont été jusqu’à 3500 au plus fort de la participation, si chaque année les organisateurs se dépensent sans compter pour battre tous types de records avec la châtaigne comme fil rouge, c’est en effet pour partie qu’ils le doivent à Jean-Claude.
Et dire que tout est parti d’un déjeuner avec le principal du collège. C’était au milieu des années 80 et pour jeter les bases d’un événement plébiscité, il aura suffi d’une promenade digestive puis de premières châtaignes grillées sur la place de l’église au retour d’une rando entre copains. À partir de là, la fête de la châtaigne a pris son envol et s’est installée dans le paysage indrien.
Un produit touristique

Mieux, le succès des randonnées autour du lac d’Éguzon et de la Roche aux Moines, indissociables de la fête, a incité les organisateurs à pousser le curseur un peu plus loin. «Le couple châtaigne-randonnée a tout de suite fonctionné, se souvient l’ancien maire. Nous en avons fait un produit touristique pour lequel les gens viennent passer trois jours à Éguzon. Par ailleurs, j’avais vu un salon de la randonnée à Rouen. Nous avons voulu en organiser un nous aussi. L’idée, c’était de se dire que des communautés de communes voisines ou des offices de tourisme viendraient y faire leur promotion.» Le salon de la randonnée venait de naître.
Cette année, il vivra sa 27e édition. Et chaque fois, les organisateurs constatent combien il est facile d’attribuer aux exposants la quarantaine de stands installés dans les douves de la mairie. Il faut dire que les emplacements ne sont pas onéreux (90€ pour deux jours de salon) et par son ambiance, l’événement éguzonnais reste unique. «Une agence de voyage m’a dit un jour: « Notre meilleur produit, c’est celui que nous vendons chez vous! »» Quant aux randonnées de la châtaigne, elles se déclinent sur trois jours et onze circuits distincts, ce afin de répondre à tous les publics. Il y a la rando des chemins creux pour les débutants (de 8 à 15km, dimanche 1er novembre à 7h30) ; les marcheurs un peu plus confirmés iront vers le lac de La Roche aux moines (15 à 30km, vendredi 30 octobre à partir de 6h30) ; enfin, les solides opteront pour la découverte des rives du lac d’Éguzon où le barrage centenaire servira de phare (15 à 35km, samedi 31 octobre à partir de 6h30).

L’année dernière, ils étaient 2700 inscrits sur les différentes boucles ce qui pousse Jean-Claude Blin a parler «d’intérêt économique. Et nous avons surtout notre public. Il y a sept ou huit ans, nous avions préparé un questionnaire pour savoir d’où venaient les randonneurs. Il y avait des gens de 63 départements français et 7 nationalités différentes. Chaque année la demande est de plus en plus grande pour y participer.» En 1986, les pionniers avaient créé les sentiers autour du lac. Aujourd’hui retraité, Jean-Claude Blin se félicite de voir œuvrer 260 bénévoles dont 70 sur les seules randonnées. «Sur les circuits, il n’y a pas de châtaigniers partout, mais nous en avons replanté quelques 3 hectares.» Et ce n’est qu’un début.
Fête et randonnées de la Châtaigne
du 30 octobre au 1er novembre
à Éguzon
www.fete-chataigne-eguzon.com