Histoires d’amour et de cœur

L’école de danse D.A.R.C. et La Tarbasse s’activent à Noël

par Nicolas Tavarès

Bruno Agati maître de cérémonie d’un stage à Châteauroux. Mélodie Joinville invitée au festival « Connexion » au Bénin. En cette fin d’année les deux chorégraphes aux univers différents font l’actualité de la danse dans l’Indre.

Il le sait déjà, au soir du 19 décembre, Bruno Agati rejoindra Paris épuisé. Heureux, certes, de ces deux jours de stage passés à l’école D.A.R.C. où il aura distillé de précieux conseils à une soixantaine de danseurs férus de modern’jazz. Mais il sera épuisé. Pourtant il lui faudra encore jouer « Mixity, je suis toutes les femmes » sur la scène du Théâtre Lepic. «Je ferai cette représentation nourri de tout ce stage D.A.R.C.» s’enthousiasme le chorégraphe et metteur en scène. La parenthèse COVID a en effet privé Bruno Agati de son incontournable séjour hivernal en terre indrienne. Alors revenir sur le parquet du studio castelroussin vaut toutes les fatigues. «Pour moi, ce rendez-vous est aussi important que la première d’un spectacle. Le rendez-vous de Noël avec D.A.R.C., c’est un rendez-vous d’amour, un rituel vieux de plus de 10 ans…»

Organisé au cœur de l’école de danse dirigée par Nadia Coulon, le stage Agati fait partie des temps forts de l’année comme l’explique Éric Bellet : «La vie de D.A.R.C. c’est l’école, des stages le week-end et l’apothéose, évidemment, le stage-festival du mois d’août. Mais la venue de Bruno Agati, c’est effectivement un rituel parce que Bruno, c’est d’abord la famille D.A.R.C. Malgré son actualité et « Mixity » qui cartonne à Paris, il a trouvé du temps pour nous.» Le chorégraphe dont l’éclectisme lui a permis de travailler avec des artistes aussi différents que Sylvie Joly, Johnny Hallyday, Robert Hossein ou Gilbert Gruss suscite évidemment l’intérêt. Éric Bellet encore : «Même pour deux jours de stage, on vient de partout parce que c’est Bruno. Les gens sont heureux de participer autant pour l’ambiance de travail que pour la convivialité du rendez-vous.»

Travail et convivialité

Bruno Agati ne dit d’ailleurs rien d’autre : «Les cours sont techniques. Des gens qui ne me connaissent pas forcément profitent de cette occasion pour découvrir mon travail et ça leur ouvre des perspectives pour que je les retrouve en août au stage-festival. Il y a également de très jeunes danseurs à qui cela fait moins peur de venir dans un studio, dans un premier temps, plutôt que dans les grandes structures de D.A.R.C. l’été.»

Au moment même où Agati donnera ses cours à Châteauroux, 6400km plus au sud, à Cotonou (Bénin), Mélodie Joinville entamera un projet collectif qui devrait tenir sur trois saisons, suite logique de « Neuves », projet féminin qu’elle avait créé avec sa compagnie La Tarbasse. C’est entre Neuvy-Saint-Sépulchre, terre natale de la compagnie, et la MJCS de La Châtre qu’un pont s’est construit vers le Bénin. Le fruit, surtout, d’une rencontre avec Marcel Gbeffa, chorégraphe de la compagnie Multicorps à Cotonou. «Au Bénin, la danse contemporaine est moins accessible aux femmes. Marcel travaille pour que cela change et il m’a convié à participer au festival « Connexion » pendant une semaine. Le 18 décembre, nous présenterons une restitution de ce travail.» Et c’est justement la participation de Mélodie au festival qui va marquer les trois coups de cette nouvelle aventure.

De « #BE » à « Kiendé » via Cotonou

«Si tout se passe bien, que les dossiers de subvention sont validés, les deux premières années, j’interviendrai auprès d’un groupe de béninoises. Marcel Gbeffa, lui, viendra à la MJCS de La Châtre. La troisième année, nous proposerons une restitution double. Ce projet me tient à coeur en tant que chorégraphe, mais aussi en tant que femme.» La chorégraphe, épanouie, en profite pour revisiter les étapes qui ont jalonné l’histoire récente de sa compagnie La Tarbasse «qui a tellement grandi» : son plaisir à travailler avec des publics sensibles, ses ateliers à la Maisonnette Équinoxe, les résidences à la MJCS La Châtre, sa prochaine création « Kiendé », coproduite par Équinoxe ou l’évolution qu’elle souhaite donner à « #BE », autre création, «concert chorégraphique que je voudrais emmener à l’international, notamment en Allemagne et en Belgique.»

Et c’est ainsi que du modern’jazz à la danse contemporaine, deux chorégraphes vont s’inviter conjointement dans l’actualité par le plus pur hasard du calendrier.

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