Le dispositif qui change tout
par Nicolas TavarèsLa MJCS La Châtre est désormais reconnue comme Scène Culturelle de Proximité

Au milieu des MJC, relais de l’éducation populaire dans tout l’Hexagone, la Maison des Jeunes, de la Culture et du Savoir de La Châtre (MJCS) s’était autorisée une petite fantaisie pour se distinguer, apposant à son nom ce S final comme d’autres s’offrent une particule de noblesse. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin quand on aime se singulariser ? Le dynamise de la structure présidée par Bertrand Butte et dirigée par Violine Tisseron vient de lui valoir d’être intégrée au dispositif Scènes Culturelles de Proximité porté par le Ministère de la Culture et les MJC de France.
Plusieurs projets
Un statut qui permet de répondre aux enjeux d’accessibilité de la vie culturelle à toutes et tous dans les territoires ruraux. «Pour nous, c’est une reconnaissance, se félicite d’emblée Violine Tisseron. Six structures* seulement ont été sélectionnées en France cette année ; à termes, elles devraient être 50 par an.» Mais l’essentiel est ailleurs : grâce à sa qualité de Scène Culturelle de Proximité, la MJCS va maintenir son activité et confirmer un renouveau visible depuis maintenant cinq ou six ans. «Nous lançons plein de projets afin d’être encore plus connu et que les habitants du territoire voient qu’il se passe des choses à La Châtre» glissait Lilou Duranteau, chargée de communication, au moment de la rentrée de septembre, un temps fort pour la Maison des Jeunes, de la Culture et du Savoir.
Concrètement, c’est sur la scène de l’Écoutille que les bienfaits du dispositif vont très vite se faire sentir. «Nous allons pouvoir proposer des concerts, des spectacles et des résidences plus qualitatifs» prévient la communicante. Devant elle, la plaquette de ce quatrième trimestre 2025. On y découvre des expos à foison, plusieurs résidences d’artistes (Collectif la Carcasse, La Lucarne & Damien Duris, Collectif Mondo, Emilia Tau, Roberta Green) ou des concerts pour tous les goûts et tous les âges, le tout mis en lumière par la nouvelle charte graphique qui projette la MJCS dans une autre dimension.
Un médiateur culturel
L’Écoutille va-t-elle devenir the place to be, la scène où il faut être vu? En tout cas, tout une équipe lui accorde son attention. L’équipement a ainsi bénéficié du soutien de LEADER (Liaison Entre Actions de Développement de l’Économie Rurale), dispositif européen qui en fait une salle particulièrement bien pourvue. Et L’Écoutille reste couvée par un médiateur culturel, Fabien Petitpré, arrivé à La Châtre en début d’année. C’est lui qui se charge de la gestion des résidences artistiques, de la programmation des concerts.
Avec Fabien, la structure castraise ne se fixe aucune limite. Jusqu’à s’imaginer monter dans le train de Bourges 2028! La cité de Jacques-Coeur a été désignée Capitale Européenne de la Culturelle et Violine Tisseron veut saisir cette opportunité pour monter un festival jeune public dans le court laps de temps qui nous sépare de 2028. Sous quelle forme? Il est encore un peu tôt pour le dire, mais une évidence s’impose à la MJCS La Châtre : le soutien d’un dispositif qui se targue d’aider les petits territoires ruraux n’empêche en rien de voir grand.
*Le club des 6 : Outre la MJCS La Châtre, cinq autres structures ont donc poussé les portes des Scènes Culturelles de proximité : La MJC Charlieu (Loire), Le Kiosque à Mayenne, La MJC La Boulit’ à Lussac-les-Châteaux (Vienne), la MJC Colonnes à Sedan (Ardennes) et la MJC André-Malraux à Montbard (Côte-d’Or).
MJCS La Châtre
16, rue Henri de Latouche
Tél. : 02 54 48 08 23
Zoom – Les extras du CGR

Des thématiques qui fidélisent les publics.
Depuis quelques années, en marge des films commerciaux projetés chaque semaine sur ses écrans, le CGR Châteauroux a développé une offre de séances thématiques qui a trouvé son public. Les mélomanes profitent du catalogue « Ciné-Opéra » ou « Ciné-Ballet » avec le Royal Opera et Ballet de Londres. Le jeune public, lui, a son rendez-vous les mercredis et samedis et «en fonction de l’âge, nous proposons des jeux, un goûter et parfois un échange sur la manière dont on fabrique un film d’animation par exemple.»
Les aînés ont leur « Ciné Seniors » «en partenariat avec l’association 55 et Plus et l’Albert Coffee Shop. Chaque mois, ils sont une cinquantaine à assister à la projection et à échanger autour du film. Nous essayons ensuite de les emmener vers le cinéma d’art et essai.» Le CGR dispose d’ailleurs des labels « Cinéma art et essai » et « Films du Patrimoine », ce dernier décliné en séances « Clash of cult » animées par David Verdier.
«Nous avons lancé une nouvelle formule cette année qui rend la séance plus interactive. Les spectateurs votent entre deux films.» Ce mois-ci, au cycle Gene Hackman succèdera un rendez-vous consacré à Kurosawa. Le catalogue se complète enfin par les ciné-débats. Le premier de la saison, ce samedi 4 octobre, marquera d’ailleurs le coup d’envoi d’Octobre Rose dans l’Indre.
CGR Châteauroux / Tél. : 0 892 68 85 88