Manquab joue avec la tradition
par Nicolas TavarèsL’Hirondelle, deuxième album du groupe, sera présenté le 25 avril à Cuzion
D‘abord, les présentations. Écouter Manquab, c’est avoir Arnaud Rossin (flûtes, clarinette), Sébastien Daubord (mandole, guitare), Séverin Valière (cistre, guitare, voix), Pauline Floury (accordéon chromatique, voix) et Fabien Bernard (dununba, jembé) dans les oreilles. Une explication, ensuite : Manquab, traduit en langue française, vous amènera vers le mot immanquablement, «ou dame, bien sûr! En tout cas, c’est un mot employé par les anciens dans ce coin du Boischaut Sud. C’est typiquement une expression de la Marche» détaille Sébastien. Avec Séverin, il est à l’origine du groupe.
C’était juste avant le Covid qui ne leur a guère laissé le temps de s’installer, mais une fois la pandémie passée, les cinq de Manquab se sont mis en ordre de marche et ont pu mener leur projet là où ils le souhaitaient. C’est ainsi qu’un jour de mars ensoleillé, vous vous retrouvez à Badecon-le-Pin, chez Séverin, pour évoquer la sortie du nouvel album juste avant que ne débute l’une de leurs répétitions mensuelles. Car l’actualité qui accompagne la sortie de L’Hirondelle, c’est ce bal que la troupe organisera le 25 avril à Cuzion. Tout ça se travaille d’autant que Manquab partagera l’affiche avec le duo Campin/Bonnin et Zaam, des Poitevins qui s’aventurent entre électro et trad.
Pauline ne cache pas son impatience : «Que les danseurs viennent de loin, qu’il y ait plein de vieux et de jeunes!» La date du bal s’accorde quoi qu’il en soit avec la sortie d’un album mixé par Aurélien Claranbaux, masterisé par Philippe Férec avec une pochette mise en images par Morgane Barbotin ce qui fait beaucoup de monde autour d’une hirondelle. Mais c’est la possibilité d’un nouvel horizon pour Manquab qui revendique des sonorités hors des sentiers battus par la musique trad berrichonne.
Sortir des frontières de l’Indre
Se passer d’une vielle, c’est au mieux blasphémer, au pire passer pour un hérétique. «On est des provocateurs» sourit Sébastien alors que Séverin justifie l’utilisation d’instruments «moins classiques comme un cistre ou un dununba qui vont donner un son méditerranéen, parfois sud-américain.» La discussion se porte alors sur des considérations beaucoup plus techniques. «On est pas en diatonique, on est sur du chromatique modal.» Avant de résumer la tonalité du propos : «On se distingue avec notre propre identité, mais les danses sont bien là.» C’est bien l’essentiel.
Cinq cents copies du nouvel album ont été produites alors que les membres du groupe s’interrogent encore sur la pertinence d’en passer par les plateformes de streaming : «On enregistre pour diffuser » abonde Séverin. Enregistrée par ses soins à Badecon-le-Pin, L’Hirondelle et ses douze titres «doit nous permettre de sortir des frontières du Boischaut Sud en faisant plus de concerts» envisagent d’une même voix Sébastien, Séverin et Pauline. Ce n’est pas tant pour se lancer dans une carrière que pour donner plus de poids au projet.
La plupart des membres du groupe ont mené ou mènent encore des projets en parallèle : La Pépée pour Pauline, les Renards Chauves pour Séverin ou Les Genoux pour Sébastien, mais l’instant est à Manquab, à Cuzion et dans quelques semaines au Son Continu au château d’Ars.«C’est La Mecque européenne. On essaye d’y jouer tous les ans dans le off.» Sébastien ou Pauline y travaillent : lui en qualité de régisseur général de la grande scène, elle comme luthière. Tous s’y retrouvent et s’ils ne jouent pas, ils y dansent. Vous les reconnaitrez, il y aura forcément une hirondelle pas très loin.

Manquab, L’Hirondelle
en concert le 25 avril à Éguzon
Album (10€) disponible
chez musique@castanea-spectacles.fr
Zoom : Le bridge s’offre à vous

Châteauroux attend de nouveaux joueurs
En avril, le Bridge Club de Châteauroux se découvre d’un fil. À l’initiative de la Fédération Française, les clubs de l’Hexagone sont invités à communiquer pour attirer de nouveaux licenciés. À Châteauroux, on a décidé d’anticiper, la présidente Catherine Calza et son secrétaire Jean-Pierre Gourin actionnant tous les leviers dès mars dernier. Pour se faire connaître évidemment, mais aussi dissiper l’image élitiste d’un sport cérébral qu’ils décrivent à la fois tactique, logique et mathématique. «C’est très compliqué de recruter de nouveaux membres» convient Catherine Calza.
Mais essayer le bridge, c’est l’adopter. Une fois passée les séances d’initiation assurées par un moniteur officiel, l’enchère, le contrat, le jeu de la carte n’auront plus de secret pour vous. N’allez pas croire que la discipline est l’apanage des retraités. «Un jeune peut jouer au bridge dès qu’il sait compter jusqu’à 13!» rappelle Jean-Pierre Gourin, en référence au nombre de cartes qu’un joueur tient en main. Pour apprendre toutes les subtilités du jeu, passez la porte du 19, rue Saint-Marguerite, un accueil convivial vous sera réservé. Le Bridge Club de Châteauroux propose des séances libres le mardi à partir de 14h30. Des infos par tél.: 02 54 34 05 08 ou courriel : bridgeclub.chateauroux@wanadoo.fr.