Tous unis pour George Sand
par Nicolas TavarèsLa Panthéonisation de la Dame de Nohant passera par un vaste soutien populaire

Simone Veil, Joséphine Backer, Germaine Tillon, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Marie Curie, Sophie Berthelot et Mélinée Manouchian y sont déjà réunies. La huitième femme au Panthéon pourrait (doit ?) s’appeler George Sand. Dans le Berry, on s’active en tout cas pour voir la Dame de Nohant rejoindre la « Place des Grands Hommes », en l’occurrence celle des Grandes Femmes. Fait suffisamment rare pour être signalé, la possible Panthéonisation de George Sand fait l’unanimité : élus, acteurs du milieu de la culture, médias sont tous embarqués dans le même bateau pour porter défendre le dossier.
Mais les portes du Panthéon ne s’ouvrent qu’en de rares occasions. Une fois l’an, pour tout dire, et du seul fait du Président de la République. Le 8 février dernier, une dépêche de l’AFP annonçait d’ailleurs la Panthéonisation du résistant Marc Bloch le 23 juin prochain. Fermez le ban pour 2026. Et d’autres attendent leur tour tels Gustave Eiffel, Léon Blum ou une poignée de résistants. Impossible n’étant pas berrichon, une délégation avait obtenu audience auprès des conseillers d’Emmanuel Macron en novembre dernier (photo ci-contre). Marc Fleuret, président du Département de l’Indre et Georges Buisson, ancien administrateur du Domaine de Nohant, en étaient. «Nous en sommes sortis optimistes avec un cadre donné, rejoue Marc Fleuret. Le conseiller nous a orienté sur les erreurs à ne pas commettre et surtout il nous a incité à faire monter la notoriété de George Sand pour que sa Panthéonisation devienne une évidence.»
Devenir une évidence

«Si George Sand est déjà populaire dans certaines strates sociétales, à Paris, elle n’a pas forcément la même résonance que celle dont elle dispose en région Centre- Val de Loire. Et elle ne parle peut-être pas aux jeunes générations. Ce qui est assez fou, c’est que George Sand a également une résonance à l’international !» s’étonne Marc Fleuret. Georges Buisson, dans un premier temps, loue «la magnifique unanimité des politiques. Ce rendez-vous à L’Élysée était exaltant, tout le monde apporte sa pierre à l’édifice.» Mais ce laudateur de George Sand «ne comprendrait pas qu’elle ne rentre pas au Panthéon. C’est une personnalité hors norme, un véritable kaléidoscope par la littérature, son œuvre épistolaire avec plus de 2 000 lettres… George Sand était une lanceuse d’alerte, avant l’heure, une immense combattante de la République. Qu’elle soit Panthéonisée serait une reconnaissance de sa singularité.»
En cette année du 150e anniversaire de la mort de l’écrivaine, les tenants de cette reconnaissance nationale veulent croire que la parole présidentielle leur sera toutefois favorable et que la bonne nouvelle interviendra même le 8 juin, jour anniversaire de la mort de George Sand. D’ici-là, il faut faire parler de la Dame de Nohant et susciter un élan populaire. À la pétition lancée en janvier dernier (encadré ci-dessous) va s’ajouter une campagne d’affichage dans le métro parisien commandée par le Département qui avait déjà proposé le mapping de Noël au Château Raoul (11000 spectateurs).

«Nous allons jouer la carte du Berry, annonce Marc Fleuret. La perspective de Bourges, capitale de la culture européenne 2028 peut inciter le Président Macron à entériner la Panthéonisation de George Sand. Il faudrait que nous réussissions à faire venir la Première dame à Nohant pour un moment privilégié. Elle fait partie du cercle d’influence du Président. Cela pourrait faire basculer sa décision.» Porté par un enthousiasme non feint, Georges Buisson va beaucoup plus loin: «François Mitterrand est le dernier président à être venu en visite au Domaine de Nohant. Lorsqu’on y est, on ressent ce qu’a été George Sand. C’est Emmanuel Macron qu’il faut faire venir à Nohant!»
La Panthéonisation devrait donc en passer par une visite présidentielle ? Alors que parte au plus vite le carton d’invitation à L’Élysée. Georges Buisson saura ensuite rappeler que la Dame de Nohant, en son temps, « avait un pied en Berry, l’autre à Paris. Elle avait conscience de l’universalité de la capitale. » Et s’il faut redoubler d’efforts pour la rendre encore plus populaire, alors le Berry relèvera le défi.
La pétition vous attend…

«Les conseillers de l’Élysée ont laissé entendre qu’il fallait un élan populaire pour que la Panthéonisation de George Sand aboutisse. Ça ne peut passer que par une pétition!» En janvier dernier, Ludovic Mesnard, rédacteur en chef de l’Écho du Berry à La Châtre a donc approché Georges Buisson et l’historienne de Nohant Carole Rivière. Ensemble ils ont présenté un texte et lancé la pétition (accessible par le QR code ci-contre ou par le lien suivant ici) puis Ludovic Mesnard a mobilisé l’ensemble des médias du Berry pour qu’ils relaient à leur tour la pétition. À l’heure de boucler ce numéro, plus de 6 000 personnes l’ont déjà signée.