Le violoncelle fait sa place

par Nicolas Tavares

Sébastien Rateau et Claire Piffault ont créé l’association les Basses Mélodiques

On ne devient pas violoncelliste sur un coup de tête. Claire Piffault se souvient qu’à l’origine, elle voulait jouer du piano: «Mais nous vivions en appartement. Alors j’aurais pu choisir le violon, mais on m’a proposé le violoncelle.» Elle qui est aujourd’hui professeure des écoles n’a jamais regretté ce choix. Pour Sébastien Rateau, les circonstances sont tout autres. «Mes parents m’avaient amené à un concert en Creuse. Je devais avoir 4 ans. Pendant tout le temps qu’il a duré, j’ai cherché qui chantait, mais en fait, j’avais associé le son du violoncelle à une voix.»

Ce son l’a tellement subjugué qu’il est devenu violoncelliste professionnel. La bête à cordes l’a mené loin de Châteauroux : au conservatoire royal de Bruxelles, dans les studios de Babelsberg à Berlin où il a intégré l’orchestre qui a posé les notes sur une multitude de bandes originales de films. Il a beaucoup tourné, aussi, de Londres à Saint-Petersbourg, de Cracovie à Shanghaï ou en Ouzbékistan… Bref, vous l’aurez compris, Claire Piffault et Sébastien Rateau ne badinent pas avec le violoncelle. Revenu dans la région depuis quatre ans, Sébastien intervient dans les conservatoires d’Argenton, Vierzon ou à Buzançais. «J’ai enseigné dix ans à l’étranger. À mon retour à Châteauroux, il fallait être force de proposition. Ma vie c’était les concerts et la pédagogie.»

Dans les studios de Babelsberg

L’année dernière, poussés par «l’envie de restituer notre expérience de jeunesse», Sébastien et Claire ont décidé de mettre sur pied un stage à Argenton : «C’est dans ce cadre qu’on partageait, apprenait à travailler, qu’on observait et écoutait les utres et qu’on avait d’autres relations avec la musique et nos professeurs dans une atmosphère familiale.» Avec une vingtaine de participants venus de toute la France, l’essai s’avère concluant et va donner naissance à l’association Les Basses Mélodiques. Sa vocation? «Promouvoir la musique et le patrimoine dans notre région en la rendant vivante, accessible et ancrée localement. » Son credo? «Je mets mon expérience en avant en proposant différentes formules, explique Sébastien. Je peux mettre en application une pédagogie et surtout consacrer plus de temps aux stagiaires. L’association a une approche différente d’un conservatoire et la fin de stage se termine par un concert donné dans des lieux patrimoniaux.» Désormais structurées, les Basses Mélodiques se déclinent de manières printanière, avec deux stages à Pâques au cours desquels les participants abordent la technique, la respiration ou la gestion du trac. Puis il y a leurs pendants estivaux (8 au 15 août) où Sébastien Rateau met un point d’honneur à faire travailler les stagiaires sur un répertoire éclectique toujours avec la perspective du concert final.

Les Aphélies, l’autre projet

«Nous pouvons passer du baroque aux Beatles. J’ai grandi dans un univers de jazz, mais il y avait aussi du rock. Pendant les stages, on peut tout aussi bien aborder le classique que le tango. L’éclectisme est indispensable ; le violoncelle permet d’aller vers un vaste répertoire.» De surcroît sur un terrain de jeu illimité comme le rappelle Claire Piffault : «Le but, c’est de rendre la musique accessible en ville comme en ruralité.» Avec les Basses Mélodiques, le violoncelle se fait une place au soleil. L’association porte d’ailleurs un nouvel ensemble de musique de chambre, les Aphélies, capables d’évoluer en duo, trio ou quatuor. Parallèlement à ce projet, parce que le concert reste le sel de son existence, Sébastien Rateau s’est associé à l’accordéoniste Thomas Chedal-Bornu.Les deux multiplient les apparitions. Vous pourrez les écouter les 22 et 23 août prochains à Buzançais et Argenton. Mais vous pouvez aussi vous laisser tenter par une participation aux stages de l’été. Sébastien et Claire ne sont pas sectaires : ils accueillent même les contrebassistes!

Les Basses Mélodiques
Tél. : 06 51 47 81 45
lesbassesmelodiques@gmail.com

La rue Kétanou à La Châtre

Le rêve éveillé de Verneuil-sur-Igneraie.

Présidente du Club d’animation rurale de Verneuil-sur-Igneraie, Laure Malet est une fan de la première heure de La Rue Kétanou. Hormis Tout en Commun, sa tournée avec les Ogres de Barback, le combo alternatif fondé il y a 20 ans se fait rare sous le seul étendard de la « Rue Ket’ ». Qu’à cela ne tienne: «J’avais pris contact avec eux depuis un moment, mais je gardais ça pour moi. Tous les ans, nous cherchons des groupes pour le concert que nous organisons dans le village à la fin août. Et puis ils m’ont rappelée ; ils avaient apprécié notre démarche et étaient partant pour venir.»

Le bureau de Laure a validé même si le concert aurait finalement lieu le 20 septembre ; Nicole d’Hooghe, maire de la commune, a évidemment fait part de son soutien : «Laure a monté un truc extraordinaire!» Mais l’évidence s’imposait : le village aux 330 habitants n’avait pas la capacité d’accueillir les nombreux spectateurs que draine habituellement La Rue Kétanou. Alors Laure Malet s’est tournée vers La Châtre et sa halle des Rouettes qui va pouvoir accueillir 800 personnes. À l’annonce du concert sur sa page Facebook, en mai, le Club d’animation rurale a vu la vente des billets s’envoler. Il en reste quelques-uns, mais ne tardez pas car comme le dit Laure : «La Rue Kétanou est un groupe qui rassemble.»

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