Au cœur de l’effort

par Nicolas Tavares

En août le Motocœur et M.I.C.I On Bellebouche mettent l’effort au service des grandes causes

Oubliez tout esprit de compétition. Rangez l’idée de performance et de résultat au fond de votre poche, votre amour propre par-dessus. Les manifestations dont nous allons parler ici ne s’appréhendent pas à travers le prisme de la victoire. Vous avez certainement déjà entendu parler du Motocœur au Château d’Ars, commune de Lourouer- Saint-Laurent (8 & 9 août) et de la course à pied M.I.C.I On Bellebouche à Mézières-en-Brenne (le 30) ? Non ? Pas grave, Jean-Louis Lejot, organisateur du premier, Karine Sallé et Aurélie Rabier investies dans la deuxième ne vous en tiendront pas rigueur. Spectateurs ou participants, si vous êtes avec eux le jour J, ils auront déjà gagné.

Sur le papier, le Motocœur de Jean-Louis Lejot n’est pas destiné à remplir un stade mais plutôt le parc d’un château le temps d’un week-end. Parade des motards dans le département, concerts festifs avec les Tarbais de Sangria Gratuite ou les allumés de Franchment Ta Gueule, restauration et démo show freestyle du motard Sébastien Bouyssou, voilà pour le programme de l’édition 2026. Payant le samedi (5€), entrée libre le dimanche, l’intégralité des dons est reversée à trois personnes porteuses d’une pathologie qui ont, en amont du rendez-vous, fait parvenir à l’organisation un dossier de candidature. C’est simple, basique. Mais le sport dans tout ça ?

Au château d’Ars, l’esprit rugby

«Il est dans l’esprit et dans le show que nous programmons systématiquement. Les compétiteurs viennent dynamiser le Motocœur. Quand je contacte des sportifs, je leur présente l’association et je leur demande qu’ils s’impliquent vraiment dans le Motocœur pour que les gens aient la banane. Je n’ai jamais été déçu, insiste Jean-Louis Lejot. Le côté sportif il est aussi dans les valeurs que je porte. De 2005 à 2011, j’ai été le président de l’US La Châtre rugby. À l’époque, on a développé des journées d’abord avec les partenaires puis pour le grand public et on s’est retrouvé avec des matchs de rugby à 700 spectateurs.»

Les joueurs castrais faisaient leur job sur le pré, Jean-Louis Lejot se chargeait des festivités. Il n’a fait que transposer la chose au Motocœur et va donc remettre le couvert pour une 26e édition qu’il aborde soutenu par Aurélie Chauvin, sa nouvelle co-présidente «qui amène sa jeunesse et son dynamisme pour franchir un nouveau palier.» Avec, toujours, la chasse aux records : en l’occurrence celui du nombre de motos ayant participé à la parade (1871 en 2018) ou le plafond des dons (en 25 éditions, les organisateurs ont récolté 241000€). Et si c’était cela la véritable performance .

À Bellebouche, un duo pour mobiliser

Pour M.I.C.I On Bellebouche, on coupe le contact et on chausse ses running ou ses pompes de rando en attendant le signal du départ. Le site brennou offre ses chemins sur deux distances (7 et 14 km) que l’on parcourt à son rythme.Si quelques-uns ont forcément prévu de se tirer la bourre, on participe avant tout à M.I.C.I par solidarité et on sait ce que les quatre lettres M.I.C.I signifient : Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin. Ceux qui en souffrent se sont surnommés les « Micki ». Il y a cinq ans, Karine Sallé, dont la fille souffre de la maladie de Crohn, a sollicité Aurélie Rabier, elle-même diagnostiquée depuis quelques années et coureuse à pied de bon niveau. Les deux femmes (photo ci-dessus) ont choisi de mobiliser les énergies autour d’elles et M.I.C.I On Bellebouche en est aujourd’hui à sa quatrième édition.

Pour la première, ils étaient 183 coureurs à prendre le départ ; 4000€ avaient été remis à l’association AFA Crohn RCH France. En 2025, malgré une pluie battante, le nombre de participants montaient à 243 pour 7900€ de dons. «La course fait prendre conscience aux gens qu’il y a forcément quelqu’un qui a cette pathologie dans leur entourage.» Aurélie Rabier n’a jamais caché sa maladie et l’adaptation constante qu’elle impose. «La maladie de Crohn évolue par crises déclenchées par des aliments, le stress. Ça implique des périodes de grosse fatigue et malheureusement il n’existe aucun traitement.»

M.I.C.I On Bellebouche tombe donc à point nommé pour que le grand public soit sensibilisé et qu’à moyens termes, Aurélie Rabier n’ait plus à entendre ce genre de sentence définitive: «Elle ne doit pas être si malade que ça puisqu’elle court!» Elle serre les dents et préfère se souvenir que «lorsque je prends le départ d’une course, j’ai une routine qui se met en place. Ça me fait du bien, ça libère la tête ; c’est le seul moment où le stress de vivre avec la maladie disparait.» Si vous êtes convaincu par la portée sportive du Motocœur et de M.I.C.I On Bellebouche, bloquez les 8, 9 et 30 août et rejoignez-les. Votre présence sera un précieux soutien.

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