Pour les grands enfants

par Nicolas Tavarès

La Bourse 36000 Jouets, le 22 novembre à Châteauroux : le paradis des collectionneurs

Si vous appartenez à un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître, alors vous avez forcément dans un coin de votre tête le souvenir de ce magasin de jouets où vous alliez enfant. Une petite boutique de centre-ville, pas tape-à-l’oeil, dans laquelle vous vous perdiez, mais sans jamais vous égarer.

À Châteauroux, il y avait Le Jouet scientifique, Chez Crueize, Au Moulin Belge et à Noël, on allait voir les décorations des Nouvelles Galeries. Le public s’y pressait. Éric et Jacques étaient de ceux-là. Aujourd’hui dirigeants du Maquette Club 36, ils organisent la prochaine édition de la Bourse 36000 Jouets (22 novembre) qu’ils ont lancée en 1998.

À respectivement 66 et 64 ans, le duo est ainsi fier d’annoncer que le gymnase de Belle-Isle à Châteauroux abritera «le plus grand magasin de jouets de l’Indre!» Et Jacques d’insister : «Nous n’avons rien de comparable avec La Bourse d’Orléans qui est l’une des plus grandes d’Europe. Mais on nous a dit que Châteauroux est clairement dans le Top 10 des manifestations du genre en France. La première édition avait eu lieu dans la salle polyvalente de Belle-Isle ; il y avait très exactement 52 mètres linéaires d’exposants. Au moment du COVID, nous sommes enfin passés dans le gymnase et aujourd’hui nous proposons 540m de tables pour 110 exposants venus de 17 départements!»

Dans le Top 10 national

Éric et Jacques, président et trésorier du Maquette Club 36, se souviennent aussi que la Bourse a été initiée pour mettre un peu de beurre dans les épinards d’une association parmi les plus anciennes de la ville (elle a été créée en 1981, ndlr) qui avait d’abord vocation à réunir les passionnés de maquettes en tous genres, monteurs de boîtes comme on les appelle, mais aussi créateurs. «On est un peu dans notre bulle» convient Jacques.

Mais pour la Bourse 36000 Jouets, ils en sont sortis pour en faire un rendez-vous majeur. «Jouets en tôle, en bois, de société, modèles réduits, figurines… On est un magasin XXL avec des pièces de toutes les époques, se félicite Éric. Vous ne trouverez pas forcément ce que vous cherchez, mais vous tomberez, à coup sûr, sur quelque chose qui vous rappellera un bon souvenir.»

Vendre des pièces rares, libérer de la place dans ses collections, les exposants ont mille raisons d’être présents le 22 novembre. Et le public, lui, découvrira à cette occasion que de maquettiste à collectionneur, il n’y a qu’un pas qui se franchit allègrement. Éric et Jacques en sont le plus bel exemple, qui revendiquent en premier lieu d’être «resté un enfant dans sa tête et il faut avoir beaucoup de patience.» De l’espace aussi car très vite, entre l’atelier et les vitrines d’exposition, la passion devient (TRÈS) envahissante.

Rester un grand enfant

«J’ai dû agrandir ma maison pour tout ranger en suivant les directives de madame qui ne voulait rien voir au rez-de-chaussée chez nous» sourit Jacques avant d’évoquer ses voitures, plus particulièrement les maquettes de voiture de rallye, qui le ramènent aux grandes heures de Lancia, quand l’écurie italienne promenait sa livrée blanche rayée de liserés bleu et rouge. «Depuis, je collectionne tout ce qui se rapporte à Martini Racing. Et je fais la même chose avec la marque Berger.» Éric s’en amuse avant de dévoiler que «lorsque vous entrez chez moi, on ne voit aucune maquette, aucune collection. Je ne veux pas imposer ça à ma femme. J’ai mis 35 ans à avoir ma pièce. On peut s’y enfermer et là, dans le silence, se mettre à rêver devant des jouets.»

Lui se décrit comme un collectionneur polyvalent. «Ça m’a pris à l’âge de 14 ans quand j’ai trouvé une maquette dans un paquet de lessive Bonux. Ça ne m’a plus jamais quitté. À l’armée on faisait des wargames. J’ai des vitrines de trains électriques, des figurines, des bateaux, des collections Berger, Ricard ou Suze… Oui, je suis un polyvalent de la collection.» Qui sait toutefois garder un certain recul sur les dangers qui vous guettent à trop courir après la pièce rare. «La passion n’a pas de raison, dit Éric. Parfois, on se dit qu’on est un peu fou au dernier copain qui décède lorsqu’il faut liquider sa collection.» En guise de mot de la fin, Éric adresse une supplique à tous ceux qui ne collectionnent rien : «Laissez-nous encore rêver!»

La dure vie de petit soldat

Dans les années 60, 70 ou 80, Heller, Atlantic ou Airfix sont des marques de maquettes et de figurines en plastique à l’échelle 1/32 et 1/72 que tous les petits garçons ont chez eux. Le passage dans le IIIe millénaire et Internet ont alors fait leur office. En Angleterre, Airfix, après deux faillites (1981 et 2006) a maintenant arrêté la création de nouveaux moules au profit de rééditions ponctuelles et vintage. L’Italienne Atlantic a cessé son activité en 1985 ; une partie de ces moules revendus en Irak ont été détruits pendant la première guerre du Golfe (1991). Reprise par l’Allemand Glow2B (2019), la tricolore Heller poursuit son activité et sa production en Allemagne.

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