Bad Buddha, bon feeling

Le duo soul/pop passe à la vitesse supérieure, mais à son rythme

par Nicolas Tavarès

Ils n’auraient jamais dû se rencontrer. Et pourtant, Lionel et Asla forment Bad Buddha, duo qui veut sortir de sa condition.

2018. Tout juste arrivé d’Italie pour retrouver sa famille installée à Châteauroux, Asla, jeune albanais, se met en quête de musiciens. Son truc, c’est la chanson. Vainqueur de The Voice Albanie en 2015 (ici), il a été aux portes du concours de l’Eurovision, terminant deuxième des sélections de son pays. Mais après avoir poussé les portes de la télévision et du show-biz qui s’ouvraient peu à peu, Asla a choisi un autre chemin.

«Un soir où l’on faisait un boeuf avec d’autres musiciens au centre socioculturel de Déols, on l’a vu arriver, il voulait chanter. Oui, on peut dire qu’il s’est incrusté (éclat de rire) mais dès que j’ai entendu sa voix, je me suis dis : « Faut qu’on travaille ensemble! »» se souvient Lionel, guitariste au talent reconnu.

L’un a alors 25 ans, l’autre en a vingt de plus, mais ça matche immédiatement entre les deux. Le temps de s’accorder sur un répertoire et Bad Buddha joue son premier concert dans un bar castelroussin le 1er septembre 2019. En dépit d’une concurrence acharnée dans le genre, Asla et Lionel vont se faire dans la reprise soul/pop avec la volonté de se démarquer et tant pis si leur culture musicale s’est plutôt construite sur les rives du métal. «On a trouvé un terrain d’entente sur les reprises. Ce n’était pas forcément gagné» rigole Lionel. Et puis il y a un an, Bad Buddha commence à composer. La gestation est lente mais le 19 novembre dernier à midi, « Coraline » débarquait sur les réseaux sociaux par le biais d’un clip réalisé par ProG Production.

Le soir même, le morceau était présenté sur la scène de l’Espace des Halles en première partie de The Delaney. Un timing de pro annonciateur d’un futur EP ? Rien de tout cela : «On va sortir nos compositions comme ça, régulièrement. Pour faire écouter notre musique, il n’y a pas mieux. Non seulement un CD coûte cher, mais aujourd’hui, il n’y a que le numérique qui compte. L’EP, c’est un support qui ne sert plus à rien aujourd’hui» tranche Asla.

Préparer ses compos

« Coraline » est un indéniable tournant dans la jeune histoire de Bad Buddha. Lionel et Asla se disent prêts à saisir les opportunités. Lionel, qui en a vu d’autres dans sa carrière avoue «qu’il y a toujours un espoir de percer. Mais il est de plus en plus enfoui.» Son alter ego à la voix de feu, lui, y croit dur comme fer. Alors Bad Buddha va sortir peu à peu des covers.

«On veut arrêter la boîte à rythmes et trouver un vrai batteur, lâche Lionel. Pour le moment, on reste dans le caf/conc’ parce que pour franchir un cap, il nous faudrait un set d’au moins quarante cinq minutes de compositions.» «On a besoin d’un vrai groupe», reconnaît pour sa part un Asla qui a définitivement tourné la page The Voice. Il ne la renie pas, mais, boosté par Lionel et sa longue expérience de gratteux réputé, il croit en son étoile.

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