Conduite intérieur cuir
par Rédaction Carré BarréEn octobre, Levroux renoue avec son passé. Ça mérite d’en parler dès maintenant

Nul ne peut échapper à son destin. Celui de Cyril Bailly était écrit : il le ramènerait un jour ou l’autre au cuir. Il faut dire que le président de l’association du musée du cuir et du parchemin de Levroux cochait toutes les cases. De son enfance, il garde en mémoire le souvenir d’un grand-père qui travaillait la matière pour la sellerie de voitures. Arrivé dans l’Indre en 2000, il est nommé professeur de lettres-histoire au lycée d’Alembert d’Issoudun (2003), établissement abritant un BTS maroquinerie, faut-il le rappeler? Cyril Bailly « aggravera » son cas en s’installant à Levroux, vieux bassin de la mégisserie en France, l’année même de la création de la fête du cuir, du parchemin et de la mode (2004). Son goût pour la chose associative l’a même poussé à devenir guide bénévole du musée avant de finir dans le fauteuil présidentiel (2023).
Par voie de conséquence, notre homme revêt désormais la casquette d’organisateur en chef de la fête du cuir, du parchemin et de la mode, mais c’est avec Audrey Siffredi, «nouvelle secrétaire de l’association et pilier de notre travail», et Alain Hubert, directeur de Bodin- Joyeux, la tannerie-mégisserie levrousaine, que Cyril Bailly entend se retrouver dans la lumière lui qui vivra la 4e édition de la nouvelle ère du salon les 9 et 10 octobre prochains. La migration de la manifestation de la Maison du Peuple vers le gymnase municipal en 2023 lui a en effet donné un énorme coup de boost et permis de doubler le nombre d’artisans d’art qui attendent les visiteurs.

De l’aveu même de Cyril Bailly, «l’élection comme maire d’Alexis Rousseau-Jouhennet à la mairie de Levroux a été le dernier alignement des planètes pour la fête qui a pris une tout autre envergure.» Mieux, le rendez-vous levrousain s’est offert le luxe de n’inviter que des créateurs, «principalement des artisans d’art: mégissiers, de Levroux, de la Drôme ou de l’Ardèche, bijoutiers, selliers, bourreliers, maroquiniers ou enlumineurs.»
Autant de métiers qui paraissent d’un autre temps, mais dont Cyril Bailly est convaincu qu’ils ont un horizon dégagé face à la raréfaction des ressources pétrolifères et donc du plastique. Alors le noyau dur de l’association et les bénévoles qui l’accompagnent le temps d’un week-end, travaillent d’arrache-pied pour que la fête du cuir, du parchemin et de la mode mette en lumière «le savoir-faire local, les artisans d’art qui travaillent sur des produits durables, tous ces métiers qui ont un avenir dans une société plus sobre.»
Une MOF présente

Cette quête du qualitatif passe évidemment par un programme d’animations ludiques et variées. «Avec le soutien de la Chambre des métiers et de l’artisanat, nous organisons un mini job dating pour les jeunes; un artisan chausseur réalisera en direct ses créations et le lycée d’Alembert animera un atelier pour les enfants» souligne le président Cyril Bailly. Outre le travail de cordonniers locaux, les visiteurs pourront découvrir une exposition de matériel ancien et de chaussures du XVIIe siècle à nos jours. Ils assisteront également à un défilé de mode multigénérationnel. «L’idée, c’est d’être le plus ouvert possible au public, commente encore l’organisateur. Nous avons donc fait le choix de laisser les mannequins défiler non pas sur un podium mais au milieu des visiteurs. Ils seront 24, femmes, hommes, enfants, seniors, de toutes les morphologies! Vêtements en cuir, tissu et parchemin seront présentés et je pense que les gens vont être étonné de ce que l’on peut faire…»
D’ici-là, le président de l’association du musée ne boude pas son plaisir à voir sur la liste des participants (une quarantaine) que la moitié d’entre eux sont originaires de l’Indre. Il a d’ailleurs tenu à mettre en lumière le Panache Blanc d’Issoudun, dernier fabricant français de costumes pour enfants (fournisseur du Puy du Fou notamment). «Nous aurions aimé inviter encore plus de monde, mais les manifestations du genre se multiplient en France et les artisans se retrouvent confrontés à une problématique: ils doivent trouver un juste équilibre entre leur travail de création en atelier et participer à des expositions.» Hélène Luyckx, enlumineuse, Meilleure Ouvrière de France a trouvé ce parfait équilibre : elle sera présente à Levroux en octobre prochain.
Fête du cuir, du parchemin et de la mode
Samedi 9 (14h à 18h30) et dimanche 10 octobre (9h12h & 13h30 à 18h30)
Gymnase de Levroux
Entrée gratuite
Défilé de mode samedi et dimanche à 16h