Et se découvrir à Condom

par Nicolas Tavarès

Les Bandastics du Blanc participent au concours général des ferias gersoises.

Vous aurez beau dire, vous aurez beau faire : une banda qui nourrit quelques ambitions musicales se doit un jour ou l’autre d’aller poser ses cuivres, hélicon et autre grosse caisse dans la bonne ville de Condom. Une fois l’an, la cité gersoise se transforme en Mecque des bandas le temps de la première feria de la saison dans le sud-ouest. Pendant un week-end de mai (8 au 10), donc, Condom s’ouvre à tous les festayres et décerne ses Palmes d’or, d’argent ou de bronze, ses Gascons, Trompettes et Tambourins des mêmes métaux, autant de prix qui récompensent les meilleurs ensembles engagés dans le concours européen des bandas y penas, ainsi qu’il se nomme.

Issoudun Banda déjà

Et cette année, quelques décennies après qu’Issoudun banda a un jour décroché là-bas le titre de championne de France juniors, ce sont les Bandastics du Blanc qui vont se retrouver dans le grand monde. Pour Grégory Bernard, président de l’association depuis 4 ans, l’enjeu est de taille bien qu’il relativise le côté compétitif du rendez-vous: «S’il y a un prix, c’est bien. S’il n’y en a pas, ça ne changera rien. Lorsque nous avons demandé à y participer, ce n’était pas forcément pour faire le concours. Les organisateurs nous ont dit de concourir. Condom, c’est simplement le passage obligé.»

Alors les musiciens blancois vont tenter de se distinguer au milieu d’une foultitude de bandas sommées d’ambiancer le public en soignant qualité musicale, animation ou interprétation du registre traditionnel défendu par tous. Créés en 1999, les Bandastics se sont construits comme une famille où l’on a plaisir à se retrouver pour les répétitions, les sorties de la saison ou les enregistrements de CD, ces galettes gravées pour la postérité autant que pour se fixer des objectifs. Alice Chaboisson, secrétaire des Bandastics, flûtiste et picolo depuis l’âge de 12 ans, vit la semaine à Orléans, mais le lien du groupe, entre autre, la rattache toujours au Blanc et comme son président, elle a noté que la perspective d’aller à Condom «a changé beaucoup de choses dans les répétitions. C’était un truc qui manquait à notre histoire.»

Après le Gers, le « BEF »

Capables d’évoluer en formation à douze musiciens, les Bandastics vont rejoindre le Gers en rangs serrés comme l’explique Grégory: «Lorsque l’on joue notre répertoire dans ce format à 12, nous sommes plus proches d’une charanga. Mais là, tout le monde sera présent et nous serons donc 36. Du coup, ce sera un peu comme une grande fête de famille.» Une grande famille qui a d’ailleurs besoin d’un second rendez-vous pour entretenir la flamme.Car une fois estampillés « Passé à Condom », les Bandastics se tourneront vers ce qui est devenu au gré de douze éditions l’une des plus grosses fêtes du Blanc, j’ai nommé le « BEF » pour Bandastics En Fête.

Fanfare béninoise

«Pour fêter ses 10 ans, l’association avait voulu faire une fête. Finalement, depuis, on l’a répété tous les ans, raconte Alice. Mais le « BEF » ce n’est pas qu’un festival de bandas. Chez les Bandastics, nous aimons la charanga et les autres styles de fanfares.» L’édition du 4 juillet prochain fera d’ailleurs la part belle au Béninois du brass band Eyo’Nlé. «Ils ont joué avec les Têtes Raides ou participé à un album de Pierre Perret, rappelle Grégory Bernard. Ça sort du registre habituel des bandas dont on a les codes, mais que l’on aime adapter avec tout ce qu’on veut.»

Avec Eyo’Nlé, il y aura aussi les Astiaous, «on les adore, ils ont entre 60 et 70 ans et ça envoie la patate! Nous aurons aussi les Gueules Sèches de Limoges, l’une des plus belles fanfares de France et le quintet jazz Swing Berry. Avec ces différents styles, ça commence à tourner.» Mais juillet, pour un Bandastic, c’est un peu le bout du monde pour le moment. Il y a un petit séjour à Condom à effectuer avant cela ; la banda du Blanc n’a pas patienté aussi longtemps sur liste d’attente pour y faire le voyage à vide. Son histoire s’écrit toujours…

Sur YouTube : Bandastics

Saint-Genou se jette à l’eau

Un nouveau festival en préparation.

La programmation culturelle de la Communauté de communes Val de l’Indre Brenne, c’est comme la boîte de chocolats de Forrest Gump : chaque année, on l’ouvre sans jamais savoir sur quoi on va tomber; mais on sait qu’on aimera le contenant ! En tout cas, l’objectif est chaque fois atteint: mettre la culture à portée de main des habitants de l’une des onze communes du territoire. Les concerts au plan d’eau de Saint-Genou (juillet) sont ainsi le dernier événement en date dans la programmation 2026.

Nouveau, certes, mais déjà à postuler pour un prochain label « festival ». Sabrina Pelletier, responsable culture et vie associative de la ComCom: «L’année dernière, nous avions organisé un concert au bord du plan d’eau avec les stagiaires de Musique au fil de l’Indre. C’était une première pour voir ; finalement, le site s’y prête bien.» Trois rendez-vous sont prévus les 10, 17 et 28 juillet. Si un bal trad est annoncé pour le 17 avec Poolidor (photo) et le Duo Bonnin-Campin, pour les deux autres dates il sera question d’apéro-concerts, «nous sommes dans cet esprit-là» admet Sabrina Pelletier. Le plan d’eau génulphien a pour lui, il est vrai, un atout : une buvette. Un détail anodin pour vous, mais pour la ComCom et les associations locales, ça veut dire beaucoup pour le bon déroulement des soirées.

Voir plus d'articles