Ici, ils incarnent Paris 2024
Le Castelroussin Loïc Dody et le Francilien Mewen Debieu dirigent les opérations au CNTS
par Nicolas Tavarès

Il y a encore un an et demi, Mewen Debieu le banlieusard de Montreuil, n’avait jamais entendu parler de Loïc Dody le Berrichon de Châteauroux. Jusque-là Mewen oeuvrait dans l’ombre des plus grands événements sportifs planétaires : Jeux du Commonwealth en Écosse (2014) ou en Australie (2018), Coupe du monde de rugby en Angleterre (2015), Jeux d’Asie en Indonésie (2018) ou Coupe du monde de football à Sotchi toujours en 2018. «Je suis une sorte de troubadour de l’événementiel» lâche Mewen, 34 ans, un sourire barrant son visage. Loïc, 46 ans, occupait quant à lui le poste de directeur des services techniques de Villedieu dont il s’est mis en retrait le temps des Jeux. «J’ai réussi le concours d’ingénieur et j’étais sur une liste d’aptitude nationale. On est venu me chercher. Dans un premier temps, c’était pour le site d’escalade du Bourget…»
Troubadour de l’événementiel

Depuis avril 2023, Mewen et Loïc ne se quittent plus. Le Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques (COJOP) les a réunis pour en faire son duo le plus influent à Châteauroux : le premier est Event General Manager ; Loïc est Référent infrastructure compétition et village. En un mot, vous tenez là les deux boss de Paris 2024 dans l’Indre.
«C’est ma première direction de site, pose Mewen. J’ai rejoint le COJOP en 2021 pour travailler sur le cluster Paris Nord et Grand Couronne puis j’ai basculé sur Châteauroux où je gère la planification de l’ensemble des opérations pour les Jeux. Avec Loïc, nous coordonnons tout ce qui peut exister durant les épreuves. En fait, on planifie l’implanifiable. Nous devons également créer une véritable équipe. En mai, nous étions une quarantaine ici. Lorsque nous avons ouvert officiellement le site, le 20 juillet, nous étions passés à 138 !»
Il est souvent question de cohésion dans le propos de Mewen Debieu, «parce que nous sommes dans l’humain, c’est essentiel dans l’événementiel.» Les deux hommes ne cachent pas leur impatience à voir les épreuves débuter. «J’ai hâte qu’on y soit, effectivement, pour voir les résultats de notre travail avec Loïc. Je veux que les équipes de Paris 2024 ressortent de ces Jeux avec de la satisfaction et que ça crée potentiellement des vocations» dit Mewen quand Loïc, lui, se place dans un autre registre: «Pour moi, l’euphorie est déjà là depuis longtemps. On attend le ressenti des athlètes, maintenant. J’ai goûté à un milieu que je n’approchais pas jusque-là et ça va bien au-delà de ce que j’avais imaginé. On sait que nous allons être confrontés à des imprévus et nous serons jugés sur notre capacité à gérer ça.»
Le pouls de la quinzaine

Les deux hommes ne font pas mystère de la pression qui pèse sur leurs épaules : «On va nous regarder parce que le 27 juillet, la première médaille est remise à Châteauroux. Ça va donner le pouls pour la quinzaine. Une médaille française lancerait d’ailleurs parfaitement les Jeux. En plus cette première médaille arrive le premier jour où l’on ouvre le site au public.» Loïc Dody se projette sur la suite de sa mission : «Le 16 juillet, elle changera pour basculer dans une nouvelle phase de chantier puisqu’il faudra passer en mode paralympique.» Pour toute épreuve des Jeux, il se contentera d’observer les tireurs du monde entier en quête d’une médaille.
Mewen, lui, profitera de quelques jours off à la fin des épreuves de tir au CNTS pour aller voir du tennis de table, du volley et de l’escalade. Puis il rentrera chez lui à Châteauroux. Parce que oui, pour des raisons pratiques, le banlieusard est devenu résident castelroussin : «Il nous fallait un pied à terre avec ma compagne. Je ne sais pas où nous serons demain et lorsque j’ai rejoint le COJOP, je n’avais pas Châteauroux sur la carte, mais j’adore appeler mes amis parisiens pour leur dire que j’ai une maison avec un jardin. J’apprécie vraiment de pouvoir être à dix minutes de mon lieu de travail et je suis vraiment content de faire découvrir Châteauroux aux gens de Paris 2024. Ici on peut résoudre les problèmes plus facilement.» Ça ressemblerait presque à une déclaration d’amour au Berry.