Ici la musique est reine

par Nicolas Tavarès

Le Lion de Brenne, maison d’hôtes à Vendoeuvres, s’ouvre aux résidences artistiques

Le Lion de Brenne est une bâtisse au cachet certain. Nathalie et Pascal Ache ont fait ce qu’il fallait pour qu’elle devienne une maison d’hôtes accueillante, reposante et surtout inspirante. C’est à l’entrée de Vendoeuvres, dans cet ancien relais de poste du XVIe siècle devenu plus tard la maison de famille de Pascal, que le couple s’est installé et qu’il s’apprête à recevoir une invitée un peu particulière, déterminante dans le développement de son projet : la tournée En campagne d’Équinoxe Scène nationale de Châteauroux.

Le 27 septembre, les frères Lapompe, trois guitares, une contrebasse et un accordéon qui reprennent les standards du swing manouche, poseront leurs accords dans un site privé (une première) devant des spectateurs brennous curieux d’en savoir plus sur la programmation d’Équinoxe et sur cette maison pas comme les autres. «Nous l’avons ouverte en octobre 2024 ; notre premier client est arrivé en février» raconte le couple qui a refermé la parenthèse d’une vie en région parisienne. Nathalie occupait alors un poste de Credit Manager dans de grands groupes internationaux ; Pascal est toujours rattaché à la fonction publique. Les deux en ont eu assez de la vie francilienne et avaient soif de changement. Ils ont donc posé leurs bagages à Vendoeuvres avec l’envie de transformer le cocon familial en havre de paix pour les musiciens en quête de résidence artistique.

Faire vivre la région

«Pendant dix ans, j’ai organisé des concerts de jazz en région parisienne. J’ai toujours adoré les coulisses. Nous sommes musiciens tous les deux : Nathalie est chanteuse dans un groupe qui fait des reprises pop rock des années 70 (The Fraisettes Experience, ndlr), moi je suis batteur. Nous avions envie de voir se créer quelque chose chez nous.» Nathalie poursuit : «On s’est aperçu que les groupes étaient particulièrement bien accueillis lorsqu’ils venaient jouer dans l’Indre. Nous voulons surfer là-dessus.» Le Lion de Brenne recevra donc tout au long de l’année. «Février, mars, avril, c’est la période idéale pour répéter avant la saison des festivals» argumentent Nathalie et Pascal.

Au Lion de Brenne, l’accueil est primordial ; la qualité de la table l’est tout autant. Pascal a le souci du détail pour mettre en lumière les plats préparés en cuisine. «L’objectif, c’est que la région vive alors nous mettons la Brenne en avant et nous ne proposons que des produits locaux.» Il faut passer à l’étage, dans le prolongement des chambres, pour découvrir l’atout de la maison d’hôtes : son studio de répétition. L’acoustique est excellente et l’espace suffisamment vaste pour que les musiciens travaillent sereinement. «La venue des frères Lapompe avec En campagne est une superbe opportunité pour se faire connaître. Avec la communication d’Équinoxe en plus, on prend ça comme un bonus.»

Pascal et Nathalie ne cachent ni leur enthousiasme, ni leur impatience à voir la tournée s’arrêter chez eux. «On a l’habitude d’accueillir des fêtes. Nous allons assurer le catering des artistes et plus si nécessaire» prévient Pascal. Pour l’heure, le couple est dans la dernière ligne droite des travaux qui amèneront une quatrième chambre. Le Lion de Brenne pourra alors accueillir jusqu’à 12 personnes. Nathalie et Pascal n’auront plus qu’à activer leur réseau parisien et se signaler sur les sites artistiques spécialisés pour remplir le planning des réservations. «En sortie de résidence, nous pourrons faire jouer les groupes à la salle des fêtes de Vendoeuvres» envisage Pascal. Nathalie se dit prête à jouer «les bookeuses pour leur trouver des salles dans la région.» Le 27 septembre, le livre d’or de la maison d’hôtes s’ouvrira sur les quelques mots des frères Lapompe, les premiers à avoir jouer au Lion de Brenne.

En Campagne au Lion de Brenne

8, route de Buzançais à Vendoeuvres

samedi 27 septembre à 17h

Zoom : Un creuset pour l’art et essai

Les Élysées, toile idéale pour les cinéphiles

Aux Élysées d’Issoudun, on a pris la mesure du label art et essai depuis longtemps. Il participe même aux bons chiffres de fréquentation (36000 spectateurs en 2024). « 1, 2, 3…Ciné ! » pour le jeune public, « Ciné Culte » pour les amateurs de répertoire sont des actions menées en coordination avec l’association des cinémas du Centre. Mais parce qu’il s’agit de «défendre un cinéma qui a des choses à dire», Johann Demoustier, directeur de la salle issoldunoise, ne ménage pas sa peine pour continuer à creuser le sillon. Repéré comme un cinéma art et essai dynamique, Les Élysées proposent deux nouveautés en cette rentrée : « Focus » pour les 15-25 ans «qui abordera des thématiques jeunes avec des animations, des quiz et la présentation du film.» « Ciné Comète », «l’équivalent d’un ciné club, proposera du cinéma d’art et essai récent avec la présentation du film et un échange avec le public après la séance.» Le « Coup de Coeur surprise », enfin, continuera d’entraîner le public vers des séances à l’aveugle. «La prise de risque est relative, concède Johann Demoustier. Pour un public curieux cela fonctionne. C’est un gros pari, mais nous sommes à plus de 30 spectateurs de moyenne chaque mois.» Le dynamisme, c’est l’affaire de tous.

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