Le BCC va se challenger
Début avril, le BMX Club Castelroussin reçoit le gratin de tout le Nord Ouest de la France
par Nicolas Tavarès
Où étiez-vous le 2 août 2024 à 21h35 ? Peut-être devant votre télévision comme 10,4 millions de téléspectateurs français en train d’assister au triplé historique de Joris Daudet, Sylvain André et Romain Mahieu dans la finale du BMX Racing des Jeux Olympiques. Un exploit qui n’avait connu qu’un précédent dans l’histoire des Jeux d’été : celui des gymnastes Albert Séguin, Jean Gounot et François Gangloff au saut de cheval (en largeur) en 1924. Et bien, ce soir du 2 août, étrangement, Kévin Guennet, président du BMX Club Castelroussin depuis 2021, n’a rien vu du succès tricolore. En tout cas pas en direct. «J’avais suivi les phases qualificatives, mais la finale, c’est en replay que je l’ai vue. Depuis 2008 et l’introduction du BMX au Jeux Olympiques, nous n’avions jamais eu la moindre médaille chez les garçons» s’enthousiasme-t-il encore. Mais forcément, trois médailles d’un coup et à une heure de grande écoute, cela devait se traduire quelques semaines plus tard par une arrivée massive de nouveaux licenciés au sein du BCC.
En quête d’un salarié

«Cela n’a absolument rien changé pour nous, constate avec un peu de recul Kévin Guennet. Comme chaque année, nous avons eu une cinquantaine d’essais de jeunes en début de saison, mais rien de plus. Aujourd’hui, nous sommes une centaine de licenciés.» Le jeune (34 ans) président ne s’en formalise guère, préférant proposer du «qualitatif plutôt qu’aller chercher du volume.» Il faut dire qu’en début d’année 2024, le BCC a vu Thomas Auger, son entraîneur, repartir dans sa Touraine natale après deux ans de bons et loyaux services. Conséquence, Kévin Guennet et son équipe ont dû se retrousser les manches et se répartir l’encadrement des différents groupes. «Aujourd’hui, nous sommes repartis uniquement avec des bénévoles. Il nous manque évidemment un salarié.»
Le reste, le BCC l’a. À commencer par les installations de la Margotière qui se démarquent très largement du circuit des Tourneix où le club a évolué pendant 20 ans. En 2021, le BCC est venu s’installer en bord de rocade ce qui fait ironiser Kévin Guennet: «Il n’y a quasiment pas une seule personne à Châteauroux qui ne nous connaisse pas. Tout le monde passe le long du site.» Pas faux. Pour autant, en vingt années de confidentialité aux Tourneix, le BCC n’a pas développé la fibre communicative. Heureusement pour lui, en l’espace de deux week-ends il va bénéficier d’un puissant éclairage. La Coupe du Centre, le 2 mars dernier, a valu répétition générale avant l’événement de la saison : le Challenge de France zone Nord-Ouest (5-6 avril).
4000 spectateurs

Plus de 1200 pilotes de Bretagne, Normandie, Pays de la Loire et Centre-Val de Loire des moins de 9 ans aux 45 ans et plus, sont attendus à Châteauroux. En termes de spectateurs, plus de 4000 vont passer par la piste de la Margotière. «On attend l’événement avec impatience, mais il y a énormément de travail. Pour tout le club, c’est un objectif pour lequel nous n’avons rien à prouver : le Challenge de France, nous l’avions déjà eu en 2006 aux Tourneix. Mais c’était un autre temps. Alors oui, j’ai vraiment hâte que ça se commence» avoue Kévin Guennet. Le président du BCC suivra de près ses pilotes parmi lesquels Livia Masson, Lilian Thoonsen, Bryan Merillou, Timéo Masson, Evan Brard ou Noa Dagois.
Sans leur mettre la moindre pression: «Le BMX est un sport fun. Qu’ils gardent déjà le plaisir…» Dernière précision : si vous étiez parmi les millions de téléspectateurs le 2 août dernier et que vous rêvez de voir Daudet, André ou Mahieu en découdre dans le Challenge de France à Châteauroux, c’est pas de chance : «Ils sont en catégorie élites et ne peuvent donc pas participer au Challenge, commente Kévin Guennet. Vu leur planning de pilotes pros, c’était compliqué de les inviter, même si cela nous aurait fait une belle promo».
BMX Club Castelroussin
bmxclub36@outlook.com
Des rêves de Coupes

Quand on dispose d’une piste comme celle de La Margotière, on peut se permettre des rêves de grandeur. Les membres du BCC, Kévin Guennet en tête, n’écartent pas la possibilité de candidater pour accueillir à moyen terme une manche de la Coupe de France, voire de la Coupe d’Europe. Mais c’est d’abord la réussite du Challenge de France zone Nord-Ouest qui conditionnera la suite des aventures du BCC dans l’événementiel.