Le patrimoine en voyage
par Nicolas TavarèsLes cinémathèques s’invitent pour jouer la partition du 20e festival Retours vers le Futur

Si c’est bien dans les vieux pots que se font les meilleures soupes, alors c’est dans les vieilles bobines que se cache le succès de Retours vers le Futur (25 au 28 mars). Le festival castelroussin qui se vit à travers le prisme des films patrimoniaux en est déjà à sa vingtième édition : assez pour être considéré comme bien installé dans le paysage culturel local ; un compte rond, surtout, qui va servir d’alibi à Équinoxe scène nationale de Châteauroux et Ciclic pour en faire un moment particulier. Camille Girard, directeur adjoint d’Équinoxe, le promet en tout cas lorsqu’il évoque la programmation et ce format condensé en seulement quatre journées de festival.

Un choix justifié par la tenue des Oubliés du Cinéma, une rencontre portée par les cinémathèques et les centres d’archives cinématographiques en France, visant à mettre en lumière des éléments rares de leurs collections. Avec Ciclic, elles seront dix-sept structures venues de toute la France pour participer à RVF. «Ce rassemblement a pour but de projeter des films oubliés, prévient Rémi Pailhou, responsable patrimoine pour Ciclic. Et si possible, de le faire sur pellicule 16 ou 35mm. En janvier 2025, nous nous étions positionné pour recevoir le rendez-vous. La 20e édition du festival répondait parfaitement au cahier des charges des Oubliés du Cinéma et l’Apollo disposait du projecteur. C’était aussi l’occasion de remettre la Région Centre-Val de Loire sur la carte des acteurs du patrimoine cinématographique.»
L’OVNI toulousain

Camille Girard n’y a vu que du positif et a même associé le Centre Jean Vigo de Perpignan, la Cinémathèque de Toulouse et Normandie Images à sa programmation : «Nous allons travailler au plus près des cinémathèques en leur offrant une carte blanche le jeudi 26 mars, se félicite le cinéphile averti. Dans l’après-midi, il y aura des tables rondes et des projections gratuites de certaines de leurs pépites. Dans la soirée, Normandie Images nous proposera un ciné-concert avec Le Havre New-York, une mémoire transatlantique ; la Cinémathèque de Toulouse, elle, nous présentera un OVNI, Kin Dza Dza (photo page précédente), une sorte de Star Wars réalisé au début des années 80 dans ce qui était alors l’Union Soviétique.»
Des ciné-concerts
Mais Retours vers le Futur ne serait pas ce qu’il est s’il n’était jalonné de performances ou de projections sortant véritablement de l’ordinaire. La thématique du moment, Voyage et Autres chemins, ouvrait le champs de tous les possibles. Camille Girard s’est engouffré dans la brèche et a choisi la voie musicale pour mettre en exergue L’Autre croisière, documentaire d’André Sauvage retraçant la Croisière Jaune financée par André Citroën dans les années 30. C’est l’Ensemble Beatus qui donnera le tempo de ce ciné-concert inaugural le mercredi 25 mars.La journée du jeudi a déjà été évoquée plus haut ; le vendredi, lui, sera consacré au désormais incontournable Kino Rétro qui débordera jusqu’au samedi selon la volonté de ses organisateurs.
«On ne sait jamais combien de films seront envoyés, mais nous tenons à tous les montrer. Il n’y a pas de jury ni de prix à gagner, rappelle Camille Girard. C’est un pas de côté par rapport aux habitudes du monde du cinéma. Mais cela permet de retrouver une fraîcheur et une liberté de création. Et des professionnels seront présents pour échanger avec les créateurs.» Restait à poser le mot fin au générique de Retours vers le Futur, édition 2026. «Après le Kino Rétro qui représente une charge émotionnelle pour des gens qui n’ont pas forcément déjà tourné un film, je cherchais une proposition un peu folle, quelqu’un qui vienne avec un spectacle très singulier, atypique.»

Atypique, Fantazio l’est pour le moins. Il parle cinq langues, dont le Mandarin, et incarne l’artiste sans frontières ce qui, dans un festival tourné vers le voyage est un gage de qualité. Mais Fantazio c’est aussi un showman qui ne manquera pas, dans son concert au Café Équinoxe, de balayer les convenances en musique. «La musique est indissociable du cinéma, un lien naturel avec lui, se justifie Camille Girard. Nous sommes une scène nationale, nous voulons toujours inscrire le spectacle vivant dans nos rendez-vous.» Dernier appel pour les passagers du vol Retours vers le Futur 20-2026, porte Apollo, décollage imminent.
Retours vers le futur
du 25 au 28 mars
Cinéma Apollo & Café Équinoxe
(voir agenda)