Les vélivoles ont la parole

par Nicolas Tavares

Spot reconnu, l’aérodrome d’Issoudun-Le Fay accueille son 49e Grand Prix International.


Il y a des années qui vous marquent plus que d’autres ; jusqu’à laisser une trace indélébile et des souvenirs impérissables. Prenez 1998. Pour beaucoup, elle est synonyme de victoire des Bleus dans la Coupe du monde de football. Pour Thomas Chaunut, 98 c’est l’année où il a commencé à s’envoyer en l’air. Ne vous méprenez pas, il découvrait simplement le planeur et depuis, il n’a plus jamais lâché le manche: «Le vol à voile est une école formidable pour avoir le sens de l’air, pour comprendre la météo, maîtriser les espaces aériens et même apprendre à déceler les cultures, ça peut servir lorsqu’il faut se poser dans un champ. Le vol à voile, quand on a mis le doigt dedans, ça devient une réelle passion.» Et en passionné qui se respecte, Thomas Chaunut est évidemment intarissable sur le sujet. Il sait également captiver son auditoire pour traduire tout le bonheur qu’il y a à être vélivole.

De la Corrèze à Issoudun

Thomas Chaunut président de l’Aéro Club d’Issoudun

Voilà donc bientôt 30 ans qu’il plane entre les nuages avec pour compagnon le souffle de l’air qui caresse la carlingue. Mais il a fallu quelques années avant que ce Corrézien pur sucre, toujours installé entre Aurillac et Salers, découvre Issoudun. «Grâce aux concours, j’ai connu l’aérodrome de Fay, une plateforme reconnue au niveau national et même européen du fait de son aérologie particulière.» Une histoire de terrain calcaire favorable aux ascendances avec lesquelles jouent les vélivoles…

En Champagne Berrichonne, Thomas n’a pas seulement trouvé LE spot rêvé: «Je suis venu à Issoudun pour améliorer mon pilotage. C’était en 2020. Je suis rentré au club, puis en 2024 j’en suis devenu secrétaire. Et depuis l’an dernier, je suis le président de l’aéroclub.» Un parcours somme toute normal pour lui qui a enchaîné les étapes habituelles du vélivole investi: «On fait des circuits, on fait de la compétition puis on devient instructeur.» Il n’oublie pas la casquette d’organisateur qu’il va reprendre pour le 49e Grand Prix International (4 au 14 juillet). «Cela va mettre en lumière le savoir-faire du club et les bénévoles qui font la force et la réputation d’Issoudun.»

Record local à 750km

Évidemment, Thomas Chaunut restera au sol: «J’aimerais bien refaire de la compétition, dit-il, mais une journée type est trop intense pour le permettre.» Préparation des planeurs, de la navigation, briefing, décollages – «toutes les 30 secondes au point qu’on peut avoir à un moment donné plus de trafic qu’à Orly!» -, vols, retour des planeurs, sans parler des concurrents «qui se « vachent » (quand un planeur se pose de force à quelques kilomètres de l’aérodrome, ndlr) parce qu’il y a eu une erreur du pilote ou que la météo a changé et qu’il faut aller le récupérer…» Tenir les rênes du Grand Prix International exige que l’on s’y consacre à plein temps.

Les concurrents, eux, partiront chaque jour à l’assaut d’un nouveau circuit. Qu’ils soient Belges, Allemands, Italiens, Anglais et même un Australien, impossible de savoir combien de temps ils passeront en l’air; tous connaissent en revanche le record local de distance qui tient ici depuis 2023 quand «le pilote avait parcouru 750 km en 8 heures (le record mondial est de 3009km en une journée, ndlr). Il avait fait une boucle jusque dans l’est de la France. Ici, on fait de la grande distance avec des pointes de vitesse jusqu’à 200-250 km/h.» Selon toute logique, la bataille du ciel devrait se régler entre Français, Anglais et Allemands. Trois membres de l’Aéroclub d’Issoudun seront en lice, mais pas Philippe Lata, vélivole de pointe du club, retenu pour sa part aux championnats d’Europe en Pologne à partir du 12 juillet…

Aéroclub d’Issoudun
aérodrome de Fay à Ségry
www.aeroclub-issoudun.fr
Tél. : 02 54 21 05 38

Un mondial en 2028 ?

«En 2028, le club fêtera ses 90 ans. Ce serait une super occasion!» Thomas Chaunut n‘en dira pas plus sur la possibilité de revoir un championnat international sur le spot issoldunois. Rappelons que le mondial juniors (2001), les Europe (2007), le mondial féminin (2013) et le mondial de voltige (2022) ont déjà eu lieu en Champagne berrichonne. En attendant, Issoudun retrouve sa routine de juillet avec la 49e édition du Grand Prix international et la présence d’une quarantaine de concurrents venus en découdre. Le public est le bienvenu sur l’aérodrome de Fay, notamment à l’heure du départ des manches, vers 13h chaque jour, quand démarre la noria des remorqueurs. Profitez-en pour tenter les vols découverte proposés en guise d’animation.

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