Madrias, un air de Berry
par Nicolas TavarèsL’ex chanteuse de Trois Cafés Gourmands mène désormais un projet solo qui l’amène dans l’Indre
Se remet-on d’un hit dont l’énorme succès vous a porté à la 7e place du Top 50 et vous a maintenu dans le Top 10 durant 33 semaines ? Est-il possible de garder la tête froide quand votre chanson passe sur toutes les radios, est reprise à tue-tête par le public à chaque concert et devient même l’hymne d’un club de rugby du Top14 (Brive à l’époque) et d’un département, la Corrèze pour ne pas la citer ? Ce tourbillon, Trois Cafés Gourmands l’a vécu en 2018 et 2019 avec « À nos souvenirs ».
Mylène Madrias était alors la voix féminine du trio qu’elle a quitté en 2024. À l’écouter, pour elle, les trompettes de la renommée sont restées sans effet : «C’est lourd à porter un succès, mais on s’en remet très bien ! Cela fait partie de mon histoire et je sais que « À nos souvenirs » m’a apporté beaucoup de choses. J’ai aussi connu le côté mainstream de l’industrie musicale, mais aujourd’hui, ma démarche artistique, c’est d’en revenir et d’essayer de faire la musique que j’aime.» C’est sous son patronyme, Madrias, qu’elle a décidé de poursuivre seule sa route. «Pourquoi Madrias ? Ça a été une longue réflexion. Mais une Mylène, et rousse en plus, il y avait déjà dans la chanson française» sourit-elle. L’autrice compositrice a donc lancé sa carrière solo au printemps dernier en sortant un EP six titres, puis en tenant résidence à l’Avant-Scène à Argenton, un séjour ponctué par un premier concert sur la scène du 9 Cube.
Un album en préparation

Pendant l’été, Mylène s’est faite fourmi pour ajouter d’autres compositions à son univers musical : «J’ai un style qui était en moi depuis longtemps, aux influences pop rock plus affirmées.» Elle cite Niagara, Blondie, Bashung ou Elie & Jacno comme autant de jalons qui bordent sa route depuis un bout de temps. «Ma musique est influencée par les années 80. J’ai été marquée par l’audace et la richesse de cette époque. D’autres artistes m’intéressent, M ou Philippe Katerine et son univers drôle, brillant, plein d’auto-dérision ; derrière, ça joue sévère.»
Si vous lisez cet article à temps, vous aurez celui de découvrir Madrias à l’Avant-Scène où elle se produit ce 3 octobre. «J’adore ce genre de petites salles. J’avais déjà adoré l’ambiance du concert du 9 Cube. De toute manière, la base de mon métier, c’est de faire de la scène pour aller à la rencontre d’un public.» Cette rencontre débutée dans l’Indre ne doit rien au hasard. L’artiste a en effet trouvé des soutiens musicaux qui collaient à son projet, deux castelroussins «avec qui j’étais sur la même longueur d’ondes, qui m’amènent ce que je ne sais techniquement pas faire.» Le premier, arrangeur hors pair, c’est Romain Théret ; l’autre c’est le multi instrumentiste Alexandre Wajzer.
Soutiens castelroussins

«Romain co-réalise avec Régis Cecarelli l’album que je prépare dans le Berry mais qui sera enregistré à Paris ou j’habite (ndlr, Boulogne-Billancourt). On travaille dessus pour 2026 sans qu’il y ait d’urgence. Mais pour en revenir à Romain et Alex, c’est toujours bien d’être entouré ; chez moi, ça créé des chansons un peu fofolles.» L’allégorique « Flamingo Toto » ou « Rien ne vient » sont à ranger dans cette catégorie. Depuis la fin des vacances, Madrias avance à son rythme : «Je vis de la musique depuis plus de dix ans. En quittant Trois Cafés Gourmands, j’ai pris un risque, j’étais dans une zone de confort et j’ai fait le choix de repartir de zéro.»
«Aujourd’hui, je ne suis personne, je suis en indépendance totale. Je veux être plus maîtresse de l’organisation de ma carrière. Ma liberté artistique s’arrête au moment où le porte-monnaie est vide. Si je ne trouve pas un public, je ferai autre chose. Je n’ai absolument aucun problème d’ego, c’est la vie, c’est tout. Je n’ai pas envie d’être une vedette, mais une artiste. Et je voudrais que la scène occupe mon temps.» Son esprit, lui, est pris par cet album en gestation au coeur du Berry. Il y a quelques années, Mylène Madrias avait la Corrèze en cathéter. Aujourd’hui, en solo, elle est à deux doigts de recevoir l’Indre en perfusion…