Mini bateaux, maxi plaisir
Le Mini Nautic 36 organise un GP de vitesse les 26 et 27 avril à Belle-Isle. Découverte.

Le modélisme nautique n’est pas une activité de tout repos. Vous en doutez ? Allez donc faire un tour le samedi après-midi sur les bords du plan d’eau d’Arthon. Vous y trouverez forcément des membres du Mini Nautic 36. Passés la présentation des activités du club et les détails sur les spécificités techniques du matériel, il ne leur faudra pas longtemps pour vous raconter quelques anecdotes, de celles qui peuvent gâcher leur journée de marins d’eau douce. L’un vous parlera d’un championnat du monde off shore marqué par une collision avec une carpe. Un autre se souviendra d’un accident à pleine vitesse entre deux bateaux ; les plus performants pouvant filer à plus de 110km/h. Un troisième évoquera la perte d’une hélice en pleine navigation.
Le jour de notre visite à Arthon, un autre drame se joue sur l’eau : l’une des bêtes de course de Florent Guillemain, le champion maison, tourne en rond au beau milieu de l’étang, ventre en l’air et moteur à plein régime. «En cas de problème, il doit se couper automatiquement» s’étonnera plus tard le pilote qui a recours à un second modèle réduit, transformé en remorqueur, pour ramener l’engin blessé jusqu’à la berge. Mais on parle là d’aléas exceptionnels. La majeure partie du temps, le modélisme nautique, c’est du pur plaisir. Un peu plus loin d’ailleurs, à la vitesse, d’autres membres du Mini Nautic 36 préfèrent le charme pas si désuet des voiliers, répliques à l’échelle de ceux engagés dans l’ancienne Coupe de l’America. Radiocommande posée sur les genoux, eux-même paisiblement installés sur un banc à discuter, ils veillent aux évolutions de leur monocoque qui tire des bords sur l’étang. C’est peut-être là une certaine idée du bonheur.
Un spectacle naval

C’est en tout cas la passion qui les anime au sein de l’association arthonnaise. Et forcément, comme tout passionné, on devient vite intarissable. Ainsi Michel Crescent, «président du club pendant 10 ans parce qu’on ne trouvait personne d’autre.» Depuis la fin de son mandat, la gestion de l’association est devenue collégiale. Michel, donc, a mis les pieds dans la discipline il y a plus de 70 ans.
«Chez moi, j’ai 12 bateaux. Du racer, du remorqueur, du bateau de pêche.» Il dispose surtout de deux pièces avec lesquelles il présente ponctuellement un spectacle naval. Feu, naufrage, remorquage, collision. L’oeil pétille à l’évocation du scénario imaginé, fruit de deux ans de travail dans son atelier. C’est que le modélisme ne se résume pas à acheter des boîtes de maquettes qu’il faudra ensuite monter.

C’est une école de la patience où l’on consacre du temps à affiner les réglages, à modifier sa coque à coups de «mastic, en travaillant sur les virures pour s’adapter au pilotage» raconte Florent sur le pont pour le GP International de vitesse de Châteauroux (26 et 27 avril). Aurélien, pour sa part, double le plaisir passant du nautisme à l’automobile. «La voile est reposante, mais beaucoup plus technique» avoue-t-il déjà tourné vers le 28 juin prochain et les 8h de Châteauroux à Belle-Isle. Florent Guillemain, lui, insiste sur la difficulté qu’il y a à maîtriser les racers : «Ne pas manquer la bouée ; choisir la bonne trajectoire…»
La pratique a un coût sur lequel on ne s’étend pas. «C’est une passion, on ne compte pas. C’est la partie électronique qui coûte le plus cher» admet juste Michel Crescent. Dernière chose à savoir : s’il est possible de naviguer en mer, le sel aurait plutôt tendance à rafraîchir les ardeurs des passionnés, d’où leur préférence pour les plans d’eau intérieurs. Et pas besoin d’avoir des notions de nautisme particulières. Michel Crescent, exception au Mini Nautic 36 a toutefois poussé le souci du détail jusqu’à passer son permis bateau côtier !
Grand Prix offshore
6 minutes pour faire la différence

Les 26 et 27 avril, les offshore vont investir le lac de Belle-Isle à Châteauroux pour le GP International où sont attendus deux champions du monde au départ. Trois membres du Mini Nautic 36 seront en lice : Tristan, 12 ans, qui incarne la relève et que guideront Florent Guillemain et Aurélien Devillières (de g. à d. sur la photo). Également membre de l’organisation, le duo devra batailler pour réaliser une perf à domicile.L’expérience de Florent – à 45 ans il a déjà été classé n°4 et n°10 mondial, a décroché 2 titres nationaux et 3 de vice-champion de France – lui fait ambitionner un podium. Il a déjà fait les comptes : «Je pourrais disputer jusqu’à 24 courses au total puisque je suis engagé dans 4 catégories.» Les manches se disputent à 6 bateaux lancés sur un ovale de 180 m pendant 6 minutes. «C’est fatiguant du fait du stress que cela génère et de la concentration nécessaire» reconnaît encore Florent Guillemain.