L’Envolée du succès

La recette du salon littéraire de Châteauroux reste inchangée. Et ça marche !

Blandine Rinkel, l’une des autrices présentes à L’Envolée des Livres.

Sauf «à construire une nouvelle église», comme l’imagine Sébastien Rahon, L’Envolée des Livres (26 & 27 avril) a désormais atteint sa vitesse de croisière. Et puisque le Directeur de la Culture de Châteauroux Métropole n’est pas bâtisseur de cathédrales, la jauge du salon littéraire ne dépassera pas (plus ?) les quelque 150 auteurs au Couvent des Cordeliers et dans l’église Saint-Martial. Ce qui, en soi, forme tout de même un joli parterre au sein duquel les places sont chères. C’est l’apanage des salons à succès comme L’Envolée des Livres où beaucoup viennent profiter d’une bulle d’oxygène quelques jours après l’effervescence du Festival du livre de Paris.

«L’ADN du salon, c’est sa convivialité qu’adorent les auteurs, commente Jean-François Mémin, adjoint en charge de la Culture. Nous essayons de faire de L’Envolée un événement harmonieux et ça se sait.» Une manifestation à taille humaine, en somme, avec une spécificité : «Le salon est en ville ; ici, les auteurs font quasiment tout à pied». À la lecture du programme, il n’y a pas que les écrivains qui useront leurs semelles dans les rues de Châteauroux. Le public en sera quitte lui aussi pour naviguer des Cordeliers à la Chapelle des Rédemptoristes ou de Saint-Martial jusqu’à la médiathèque Équinoxe s’il veut profiter pleinement d’une édition dense. Il faudra d’ailleurs monter sur le pont dès le vendredi 25 au soir pour être du warm-up, l’échauffement, où l’on saluera la mémoire d’un célèbre auteur provençal. Il parait qu’on a tous un roman de Marcel Pagnol chez soi ! Voire. En attendant, à la Chapelle des Rédemptoristes, un hommage appuyé lui sera rendu à l’occasion des 130 ans de sa naissance.

Vincent Fernandel, petit-fils de, accompagné du pianiste Franck Ciup, interprètera « Variations d’amour » «une création pleine d’émotion et d’humour» mise en scène par Nicolas Pagnol, autre petit-fils de. La mise en bouche est gratuite, mais sur réservation (ici). Ainsi mis en condition, il vous restera tout un week-end pour partir à la rencontre des auteurs.Cette année, c’est au plus français des écrivains américains, en l’occurrence Douglas Kennedy  que les organisateurs de L’Envolée des Livres ont confié le rôle de parrain.

Un parrain nommé Kennedy

Douglas Kennedy, parrain du salon du livre de Châteauroux.

Sébastien Rahon revendique toutefois une formule qui a fait ses preuves depuis longtemps : «Chaque année, nous invitons de jeunes auteurs qui seront célèbres dans 4 ou 5 ans.» Un pari sur l’avenir où des écrivains émergents à l’image de Ève Guerra, prix Goncourt 2024 du premier roman pour Rapatriement, vont en côtoyer d’autres déjà installés tels Franck Bouysse, invité d’honneur de L’Envolée, Hubert Haddad, Camille Pascal, Anne Depetrini ou Anny Duperey, une habituée du salon.

Une liste non exhaustive dévoilée au coeur de l’hiver et annonciatrice de bien d’autres noms. La bande dessinée ne sera pas oubliée avec, notamment, le Belge Jean-Claude Servais. Enfin, la musique sera elle aussi conviée au rendez-vous, Sébastien Rahon trouvant dans la tenue d’un mini-concert l’occasion de bousculer les habitudes comme ce fut le cas avec le chanteur Cali dans un passé récent : «Nous voulons de l’imprévu» clame le directeur de la Culture soutenu par le propos de Jean-François Mémin : «C’est ainsi que l’on propose un salon agréable…»

L’Envolée des Livres
26 & 27 avril à Châteauroux
Entrée gratuite

Coup de Folie B sur Issoudun

Léopold Rizzotto met du bonheur au menu

L’endroit fut un dancing à l’époque des Américains puis tour à tour fleuriste et brocante. Depuis décembre 2023, au 3 boulevard de Stalingrad à Issoudun, on trouve la Folie B, le bar de Léopold Rizzotto (à d. sur la photo). «Ouvrir un bar n’était pas ma destinée. J’étais étudiant en BTS gestion agricole, mais je ne me voyais pas reprendre une exploitation. En 2019, j’ai fait un road-trip en Amérique du sud à travers la Colombie, le Pérou et le Costa-Rica, ça m’a permis de réfléchir à un projet. Comme j’aime m’amuser, que le commerce est un peu une seconde nature dans la famille et que j’adore recevoir les gens, l’idée d’ouvrir un bar est venue.» Après une formation de barman à Paris, Léopold s’est jeté à l’eau avec un objectif : accueillir toutes les générations : «Je voulais que les gens soient heureux, que ça se mélange et se rencontre.» Ainsi des DJ’s s’installent-ils aux platines les jeudis ; le vendredi l’ambiance peut virer années 80 pour satisfaire une clientèle plus âgée et début mars, Charlotte Taboyer a proposé son jazz manouche. La Folie B a même essuyé les plâtres du Rural Comédie Show (ici) qu’il accueillera tous les deux mois. Demeure une question : pourquoi la Folie B ? «La folie ça me représente un peu et chacun mettra ce qu’il veut derrière le B. Moi j’y mets bonheur ou Berry.»

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